History of New France

The Fur Trade: the saga of the fur trapper and traveller

The fur trade is without a doubt the activity which assured the founding and survival of New-France. Colonial milestone, this trade wasn't based upon an economical trade, but on a bartering system which involved the First Nations and the Europeans. Not one coin was ever exchanged, the Native Americans would provide the skins and furs to the French, who, in return, gave them European objects such as wool blankets and pots. 

Until the mid XVII century, the French made most of their trades with the Hurons and Algonquins that went to Quebec, Trois-Rivières or Montreal to empty their canoes full of furs. However, the wars between the Iroquois and the French allies destroyed Huronie in 1649 and the Algonquins suffered great population losses.These events disturbed the fur trade in such a way that Algonquins and Hurons wouldn't supply the French anymore. The colony was therefore close to bankruptcy in 1653. 

The following text gives more detail about the fur trade in French Canada. 

The following information is only available in French.


La naissance du coureur des bois

L’année 1653 ramena tout de même l’espoir. On vit alors apparaître un phénomène nouveau, à savoir la « course des bois », au moment où, pour la première fois, de jeunes gens allèrent cueillir les fourrures auprès des peuples autochtones. Cette aventure allait donner naissance au fameux coureur des bois dont la présence se généralisa au milieu de la décennie 1660. Dorénavant, les Français se rendront en canot dans les « Pays d’en Haut » y chercher les fourrures nécessaires à la traite.

De coureur des bois à voyageur

Même s’il contribua à l’expansion territoriale de l’empire, le coureur des bois tomba rapidement en disgrâce : on l’accusait notamment de mener une vie de débauche et de négliger le travail de la terre. Afin de contrôler le nombre de coureurs des bois, les autorités eurent recours à un système de congé accordant la permission de quitter la vallée du Saint-Laurent pour pratiquer la traite. Mais le nombre de congés étant limité, seuls certains coureurs des bois purent travailler en toute légalité. Vers 1680, ces derniers revendiquèrent le titre de voyageur pour se démarquer des coureurs des bois désormais illégaux.

L’apparition de l’engagé

À la fin du 17e siècle, le terme voyageur s’appliquait donc aux anciens coureurs des bois devenus de petits commerçants qui mettaient leur expertise au service des marchands afin de mener les expéditions financées par ces derniers. Avec le temps, l’expression vint cependant à désigner les engagés de la traite des fourrures, salariés qui firent leur apparition vers 1680. En retour d’un salaire spécifié dans un contrat d’embauche, ces jeunes hommes étaient embauchés pour manœuvrer de longs canots faits avec l’écorce du bouleau dans le but d’approvisionner les postes de traite et de rapporter les fourrures dans la colonie.

Scène de traite à Québec, 1628 (Détails)
Crédit : Francis Back, Collection de Musée canadien des civilisations


Ils entreprirent un long voyage...

Que ce soit à l’époque de la Nouvelle-France ou durant le Régime britannique, les voyageurs entreprenaient de longs voyages qui les portaient à des centaines de kilomètres de la vallée du Saint-Laurent. Quittant Lachine au printemps, certains voyageurs empruntaient le fleuve Saint-Laurent et se rendaient dans les environs de Windsor. D’autres remontaient plutôt la rivière des Outaouais en direction des régions nordiques où il est possible de retourner à l’époque du commerce des fourrures en visitant le poste de traite de Moosonee ainsi que les vestiges du fort Moose que la Compagnie de la baie d’Hudson y érigea en 1673.

Cependant, la plupart des engagés partaient pour l’Ouest ou la région des Grands Lacs en suivant la route commerciale formée par les rivières des Outaouais et Mattawa, le lac Nipissing, la rivière des Français et la baie Georgienne. Les adeptes du canot seront heureux d’apprendre qu’ils peuvent revivre l’aventure des voyageurs en parcourant à leur tour la grande route de la traite des fourrures. D’ailleurs, une carte publiée par les Amis du parc du Patrimoine de la rivière Mattawa les aidera à préparer leur périple. Les aventuriers intéressés pourront se la procurer au Parc provincial Samuel-de-Champlain à Mattawa.

Le dur travail de voyageur

Si l’occupation de voyageur permettait de partir à l’aventure, il n’en reste pas moins qu’il s’agissait d’un travail difficile. En effet, les engagés ramaient plus de 15 heures par jour et dormaient - beau temps, mauvais temps - le long des lacs et des rivières. Au surplus, ces travailleurs risquaient de sombrer dans les eaux tumultueuses des rapides et de se rompre les os lors des portages durant lesquels ils transportaient du matériel pesant jusqu’à 80 kilos sur des distances variant de quelques mètres à plus de 30 kilomètres !

Voyageurs à l’aube, Illustration de Frances Anne Hopkins (Détails)
Crédit : ANC C-002773

Le travail des engagés exigeait donc beaucoup de force, de courage et de détermination. Cependant, contrairement à la croyance populaire, les voyageurs n’étaient pas des individus costauds. Les marchands préféraient embaucher de petits hommes afin de réserver davantage d’espace au matériel, augmentant ainsi la rentabilité des expéditions. De plus, en étant petits, les engagés pouvaient ramer confortablement - à un point tel qu’ils organisaient aisément des courses entre les canots.

Que ce soit durant une épreuve ou lors d’une journée régulière, les voyageurs avaient l’habitude de pagayer en chantant. Leurs périples se déroulaient donc au rythme d’airs connus comme À la claire fontaine, C’est l’aviron ou En roulant ma boule. Non seulement cette pratique rendait-elle le voyage beaucoup plus joyeux, mais elle permettait également de fixer la cadence des coups de pagaie. Ainsi, les engagés ramaient en interprétant des chansons qui parlaient notamment de leur style de vie, le commerce des fourrures ayant entraîné l’essor d’une culture propre aux voyageurs.

Sur les traces des voyageurs

Vous voulez marcher dans les pas des engagés de la traite des fourrures ? Notez que le parc provincial Samuel-de-Champlain à Mattawa offre la possibilité d’emprunter un sentier jadis parcouru par les voyageurs. Profitez de votre visite au parc pour vous rendre au Voyageur Heritage Centre afin de contempler un énorme canot d’écorce et de vous familiariser avec le périlleux mode de vie des engagés. Vous poursuivez votre route vers l’ouest ? N’oubliez pas de vous arrêter à l’authentique poste de traite du Musée Sturgeon River House pour vous imprégnez de l’atmosphère du commerce des fourrures. Votre trajet vous amène plutôt dans l’est de la province ? Alors faites escale à Chute-à-Blondeau où les voyageurs, en remontant la rivière des Outaouais, effectuaient un portage pour contourner les rapides du Long-Sault, submergés en 1961 à cause de la crue provoquée par la construction d’un barrage à Carillon. Afin de préserver le coin de nature faisant face aux rapides disparus, le gouvernement ontarien a inauguré le parc provincial Voyageur, commémorant ainsi le passage de milliers d’engagés de la traite des fourrures.

Voyageurs canadiens poussant un canot dans un rapide, Illustration : William Henry Bartlett (Détails)
Crédit : ANC C-008373


La ceinture fléchée

La ceinture fléchée est une longue bande tissée, formant des motifs en pointe de flèche. Sa fabrication à la main nécessite jusqu’à 40 heures de travail. Elle peut atteindre 3,5 mètres de longueur sur 25 à 30 centimètres de largeur. C’est dans la région de Lanaudière que naît la ceinture traditionnelle, dite de l’Assomption, qui a la forme de fléché la plus aboutie, avec son motif en V, une méthode de tissage unique au monde.

Les origines de la ceinture fléchée restent cependant obscures. Selon certains spécialistes, elle serait d’origine amérindienne, la ceinture fléchée traditionnelle étant une imitation des ceintures tressées que faisaient les Amérindiens des Grands Lacs.

La ceinture fléchée est depuis longtemps associée à la traite des fourrures. On sait qu’au XIXe siècle, la compagnie de la Baie d’Hudson l’utilisait comme monnaie d’échange dans son commerce des fourrures avec les autochtones. On sait aussi que l’accessoire en laine coloré devint peu à peu le symbole identitaire des coureurs des bois, des peuples amérindiens et des Métis. Les coureurs des bois du Régime français portaient-ils des ceintures fléchées au XVIIe et au XVIIIe siècle ? Aucun document ne le confirme. La première mention d’une ceinture fléchée apparaissant en 1798 dans les livres de compte de la compagnie de la Baie d’Hudson.

Quoiqu’il en soit, on sait que ces voyageurs aimaient porter de longues ceintures. Ils y accrochaient leur couteau et le sac-à-feu qui contenait la pipe, le tabac, la pierre et le briquet.

L’alimentation des voyageurs

Les membres des voyages d’expédition étaient consciencieux de la quantité d’équipement qu’ils apportaient avec eux dans le canot. Les voyages étaient longs et difficiles. Les voyageurs étaient en excellente forme physique et transportaient jusqu’à 90 kilogrammes d’équipement, de vivres et de marchandises de traite sur leur dos lors des portages. Après tous ces efforts, comment se nourrissaient ces hommes, épuisés par de longues journées ? En fait, lors des voyages, la nourriture transportée devait se conserver facilement et devait être très calorifique. Le lard salé, la viande séchée, la graisse d’ours et les galettes (ou biscuit) semblaient avoir une place de choix dans les repas des voyageurs. On note aussi la présence de fruits séchés et de pois. Parfois, les voyageurs se procuraient des sacs de maïs séché des communautés autochtones et utilisaient la farine pour se faire des galettes. À l’occasion, on chassait les petits gibiers comme le lièvre et le castor ou on mangeait du poisson fraîchement pêché. On imagine bien comment la viande fraîche devait être grandement appréciée des voyageurs puisqu’elle contrait au manque de variété de l’alimentation traditionnelle. N’oublions pas l’eau-de-vie, qui servait à la fois aux voyageurs mais aussi comme produit de traite.

Bibliographie

Ouvrages

DECHÊNE, Louise. Habitants et marchands de Montréal au XVIIe siècle. Montréal et Paris, Plon, 1974. 588 p.

NEWMAN, Peter C. Caesars of the Wilderness : Vol. 2. Company of Adventurers. Markham, Viking, 1987. 450 p.

TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France : Vol. III. La seigneurie des Cent-Associés. Tome 1 : Les événements. Montréal, Fides, 1979. 489 p.

Sources électroniques

FOSTER, John E. Voyageur [en ligne], www.thecanadianencyclopedia.com (20 février 2004).

MARSH, James. Canot d’écorce [en ligne], http://www.thecanadianencyclopedia.com (20 février 2004)

Musée virtuel de la Nouvelle-France


Parcs Ontario :

http://www.ontarioparks.com

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