Franco-Ontarian figures

Antoine Laumet, sieur de Cadillac (1658-1730)

Illustration tirée du site www.car-nection.com/yann/Dbas_txt/Facta-c.htm
Document : © Postal Commemorative Society.

Qu'il soit affublé des épithètes de « héros » ou de « fieffé coquin » (c'est-à-dire malhonnête et sans scrupule), les titres de ce grand personnage de la Nouvelle-France sont nombreux : seigneur en Acadie, capitaine dans les troupes de la marine, enseigne de vaisseau, commandant de Michillimakinac, fondateur de Détroit, gouverneur de la Louisiane. Pour d'autres, historiens inclus, il s'agirait aussi d'un personnage « rusé parvenu », aventurier, contrebandier, insubordonné, arrogant et irresponsable. Reconnu comme le fondateur d'une des grandes villes américaines, soit la capitale du Michigan, son nom fut retenu par la compagnie General Motors qui nomma une grande marque de voitures en son nom.

Vers 1683, il s'installe à Port-Royal (auj. Annapolis Royal, N.-É.), où il reçoit en concession une seigneurie sur la rivière Douaguek (rivière Union, Maine). En 1684, il participe à l'expédition de M. de la Barre contre les Iroquois. En 1691, il s'établit à Québec avec sa famille et s'attire la faveur du gouverneur Frontenac qui le nomme lieutenant dans les troupes de la marine. En 1693, il est nommé capitaine puis, l'année suivante, on lui offre le commandement du fort Michillimakinac, alors le poste de traite le plus important de la colonie, situé à la jonction des lacs Huron et Michigan. Cadillac avait reçu comme mission de s'assurer que les tribus de l'Ouest restent les alliés de la France et que celles-ci fassent la guerre aux Cinq-Nations (Iroquois). Bien qu'il ne réussisse pas très bien dans ces tâches, Cadillac se révèle fort adroit dans le commerce des fourrures. Il amasse une petite fortune en l'espace de quelques années.

En 1697, après l'abandon du fort sur ordre du Roi, Cadillac est de retour à Québec, passe en France l'année suivante, et soumet un projet de colonisation dans l'Ouest, soit à Détroit. En 1701, malgré l'opposition de quelques administrateurs et marchands de la colonie, Cadillac rejoint Détroit avec une centaine d'hommes. C'est là qu'il fait construire le fort Pontchartrain.

En 1710, Cadillac est nommé gouverneur de la Louisiane, alors une des plus pauvres colonies de l'empire français. Attiré par le commerce Cadillac découvre une mine de cuivre en 1716, en Illinois, et établit des échanges commerciaux ceux-ci infructueux avec le Mexique.

En 1717, Cadillac retourne avec sa famille en France où il passe les dernières années de sa vie.

Né à Saint-Nicolas-de-la-Grave, en Gascogne (Tarn et Garonne), il est l'époux de Marie-Thérèse Guyon et le père de treize enfants, dont la plupart décéderont en bas âge. Il meurt à Castelsarrasin, près de Montauban (France), le 15 octobre 1730.

Citations :

   « un héros sublime qui ennoblit les premiers chapitres de l'histoire de l'Amérique du Nord »
              (Agnes C.Laut, Cadillac, knight errant of the wilderness, founder of Detroit, governor of Louisiana..., Indianapolis, Bobbs-Merrill, 1931).

   « l'un des plus fieffés coquins qui aient jamais foulé le sol de la Nouvelle-France »
              (W.J. Eccles, traduit par Françoise de Tilly, Frontenac, Montréal, HMH, 1962).
    

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Boutonnet, Jean, Lamothe-Cadillac le gascon qui fonda Détroit  : 1658-1730, [ville : ?], Guenegaud, 2001.

Burton, C.M., Cadillac’s village, Detroit, 1896; A sketch of the life of Antoine de la Mothe Cadillac, the founder of Detroit, Detroit, 1895.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 68.

Hivert-Carthew, Annick, Antoine de Lamothe Cadillac, le fondateur de Détroit, Collection Les grandes figures, Montréal, xyz éditeur, 1996.

Zoltvany, Yves F., « Antoine Laumet, sieur de Lamothe Cadillac », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. II, pp. 366-372.

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