Franco-Ontarian figures

Armand-François-Marie de Charbonnel (1802-1891)

Université d'Ottawa, CRCCF, Collection générale du Centre de recherche en civilisation canadienne-française (C38), Ph123ph1-I-195

D’abord et avant tout un prédicateur, on reconnaît toutefois Armand de Charbonnel comme « père et fondateur de la province ecclésiastique de Toronto ». Pendant son épiscopat, d’une durée de dix ans, il fit construire 23 églises, organisa la Société Saint-Vincent-de-Paul, créa des établissements importants : hôpitaux, orphelinats, foyer pour les personnes âgées et des auberges pour jeunes. C’est lui qui a fait venir plusieurs communautés religieuses dans le diocèse pour s’occuper de l’enseignement et de l’assistance sociale, entre autres, les frères des écoles chrétiennes, les pères basiliens, les Sœurs de Saint-Joseph. On lui reconnaît la création d’écoles séparées (il était membre du conseil de l’Instruction publique).

Ordonné prêtre en 1825, puis entré chez les pères sulpiciens en 1826, le jeune prêtre enseigne aux séminaires de Lyon, Paris, Bordeaux et Versailles. En 1838 il décline l’invitation du cardinal Donnet qui lui offre le poste de grand vicaire. Un an plus tard, il refuse la même charge auprès des évêques d’Autun et du Puy. Sa fuite en Amérique n’arrange rien puisqu’on lui offre un évêché dans une colonie anglaise, puis la coadjutorerie en Nouvelle-Orléans; de Charbonnel préfère enseigner à Baltimore. En 1840, il arrive à Montréal et y demeure pendant sept ans. Atteint du typhus, il rentre en France pour se faire soigner.

Le pape Pie XI le mande à Rome en 1850, le nomme deuxième évêque de Toronto et le sacre lui-même dans la chapelle Sixtine, le 26 mai 1850. En 1856, il obtient la division de son territoire pour l’érection des diocèses de London et de Hamilton. Français de naissance et de cœur, Mgr de Charbonnel ne s’était jamais senti à la hauteur de sa tâche, en raison de l’écart linguistique et culturel qu’il y avait entre lui et ses ouailles.

Mgr de Charbonnel démissionne le 26 avril 1860, retourne en France et entre dans l’ordre des Capucins. Il refuse divers honneurs, mais il accepte de servir d’auxiliaire au cardinal de Bonald pendant vingt-deux ans. Né au château de Flachats, en Haute-Loire (France), fils du seigneur Jean-Baptiste de Charbonnel, il est né le 1er décembre 1802. Il meurt en France le 29 mars 1891.

Une école secondaire de langue française de Toronto porte aujourd’hui son nom.

Citation :

«Tant que nous n’aurons pas à la chambre un catholique aimant plus l’Église que lui-même et capable de défendre ses droits [aux écoles séparées] et que nous n’aurons pas montré que nous, Évêques, pour ces mêmes droits, nous sommes capables sinon d’empêcher du moins d’opposer l’élection de quelque ministre ou membre influent, nous n’inspirerons aucune crainte et nous n’obtiendrons rien. »
        (Lettre à Mgr Guigues, le 11 avril 1855; tiré de Paul-François Sylvestre,
        Les évêques franco-ontariens (1833-1986), Éditions Asticou, 1986).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 81.

Nicolson, Murray W., John S. Moir, « Armand-François-Marie de Charbonnel », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. XII, pp. 198-202.

Sylvestre, Paul-François, Les évêques franco-ontariens (1833-1986), Hull, Éditions Asticou, 1986, pp. 68-69.

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