Franco-Ontarian figures

Gustave Lacasse (1890-1953)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Maurice-Lacasse (P57), Ph137-31

À la fois médecin, journaliste de combat et homme politique, Gustave Lacasse épouse la cause des Franco-Ontariens dès son arrivée à Windsor, en 1913. Surnommé le « Lion de la Péninsule », il devient le plus éloquent porte-parole des francophones du Sud-Ouest.

Président régional de l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario, il est aussi membre actif de plusieurs organismes patriotiques, telle la Société Saint-Jean-Baptiste. Sa contribution active dans son milieu se fait remarquer et, en 1928, il est nommé au Sénat. Il n’a que de 38 ans.

Gustave Lacasse fait ses études au Petit Séminaire de Montréal et à l’Université Laval de Montréal où il est reçu médecin à l’âge de 23 ans. Après son internat à l’Hôtel-Dieu de Windsor (1913), il s’établit et pratique la médecine à Tecumseh, près de Windsor. Orateur apprécié, il épouse la cause franco-ontarienne de lutte contre le Règlement XVII (1912-1927). Pendant une période de 6 ans, il est membre de la Commission des écoles séparées de Tecumseh dont 2 à titre de président (1925-1927). Il fut élu maire de Tecumseh en 1927-1928.

Il fonde, en 1931, La Feuille d’Érable, un hebdomadaire de langue française qu’il dirige et dont il est presque le seul rédacteur jusqu’à son décès. Durant les 21 ans qu’il fut à la barre de son journal, entre 1931 et 1952, il rédige 1,100 numéros de son journal. Poète à ses heures, Gustave Lacasse en achève 46, dont 33 d’entre eux portent une date. Vice-président de l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (ACFÉO), l’honorable Gustave Lacasse se fait l’ardent défenseur des droits linguistiques de la minorité franco-ontarienne. Il a été reçu Chevalier du Bon Parler Français par la Société du même nom.

On dit de ce père de 11 enfants qu’il est « un croisé de la langue française en Amérique du Nord »; tel fut le titre que lui décerna La Presse de Montréal en annonçant sa mort. En son honneur, une rue de Tecumseh, le boulevard Lacasse, porte son nom.

Fils de François-Xavier-Onésime, notaire, et d'Annie Gernon, il est l'avant-dernier d'une famille de cinq enfants. De son premier mariage à Marie-Anne Saint-Pierre, en 1915, il a 11 enfants dont 7 garçons : Maurice, Fernand, Hubert, Hector, Jean-Louis, Lucien et 4 filles : Aline, Hélène, Georgette, Annette. Il meurt à Windsor (Ontario) le 18 janvier 1953.

Citations :

« Médecin, il pouvait, peu à peu, aborder la lutte sociale. Ce qu’il fit. Épris d’aventures et de mouvement, imprégné de culture et d’esprit français, il arbore résolument ses couleurs et affiche son dogme. Il prend la résolution d’aller planter sa tente ailleurs que dans la province de Québec. Il choisit l'Ontario, très réfractaire, en ce temps-là, à l’enseignement du français dans les écoles, et il s’installe à Técumseh, comme aurait fait un missionnaire se préparant à évangéliser des infidèles!... une hérédité historique qui s’affirme!... »
        (Tiré de Maurice Lacasse, Le lion de la Péninsule, Hull, 1975, p. 159).

« [...] Il n’est pas arrivé au Sénat par la voie ordinaire des services, du dévouement et de la fidélité servile au parti. Depuis plusieurs années les Franco-Ontariens demandaient un second sénateur de langue française. Des ministres clairvoyants et capables de mettre les intérêts du groupe minoritaire au-dessus des considérations de parti ont alors songé à M. le Dr Lacasse. Il avait fait de la politique, mais il ne s’était jamais porté candidat. Ce qu’il avait en sa faveur - et ce que bien peu d’anciens candidats n’ont pas - c’était un passé net contre lequel on ne pouvait absolument rien dire. Dans sa région il s’était occupé des affaires sociales et municipales et il avait été président de diverses associations patriotiques. Il était surtout connu comme praticien. Père de onze enfants, Canadien français de coeur et d’esprit, dévoué aux œuvres nationales, il était tout désigné pour représenter ses compatriotes à la Chambre haute. Il a été nommé sénateur en 1928. n’avait que 38 ans. »
        (Tiré de Maurice Lacasse, Le lion de la Péninsule, Hull, 1975, p. 155;
        repris de Léopold Richer, dans Silhouettes du monde politique, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1940).

« Vous vous souviendrez de son nom, vous prendrez plaisir à connaître sa vie féconde, à apprendre, qu’il a parfois sacrifié ses nuits pour vous défendre par la plume comme par la parole, qu’il a travaillé durement par amour de sa race, de sa petite patrie, de la jeunesse des écoles, de sa magnifique famille à qui il laisse moins d’argent qu’un incomparable héritage de labeur, de fierté, de foi et de patriotisme. Quand vous entendrez son nom, vous ajouterez : C’était un grand cœur. Merci à Dieu de nous l’avoir donné.
Et un HOMME de convictions et d’action. Un batailleur infatigable. Un vigilant inspiré. Un patriote dans toute l’acception du mot. Un ennemi déclaré de toutes les reculades. Un soldat, un chef de tous les instants. Il a peiné pour les siens, jusqu’à l’heure où la mort l’a terrassé. Le sénateur Gustave Lacasse est tombé debout. Les admirateurs et même ses adversaires, lui rendent ce témoignage qu’il méritait de partir ainsi, frappé glorieusement en plein combat. »
        (Inscription au dos du volume de Maurice Lacasse, Le lion de la Péninsule [Hull, s.éd., 1975] tiré d’un éloge au regretté G. Lacasse).


Oeuvres sur G. Lacasse :

Maurice Lacasse, Le lion de la Péninsule (1975) et Mistenflûte (1977), Hull, s.é.


Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Choquette, Robert, La foi gardienne de la langue en Ontario : 1900-1950, Montréal, Bellarmin, 1987, pp. 222-223.

Fonds Gustave-Lacasse, P37, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, pp. 141-143).

Lacasse, Maurice, Le lion de la Péninsule, Hull, chez l’auteur, 1975.

Lacasse, Maurice, Mistenflûte : souvenirs, Hull, chez l’auteur, 1979.

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