Franco-Ontarian figures

Jacques (dit « James ») Baby (1763-1833)

Député, fonctionnaire, juge, lieutenant-colonel, officier de milice et propriétaire foncier, James (baptisé Jacques) Baby est un des négociants et homme politique les plus influents de son époque. Entre 1792 et 1830, on accorda à cet homme politique plus de 115 postes ou commissions d’importance diverse.

Loyal à la couronne britannique depuis la Conquête, Baby devient l’un des plus importants fonctionnaires de l’ouest du Haut-Canada. Il est nommé au Conseil législatif et au Conseil exécutif, ainsi qu’au poste de lieutenant du comté de Kent par le gouverneur Simcoe.

Après ses études au Séminaire de Québec, il s’initie au monde des affaires en Angleterre. Dès son retour au Canada, il se lance dans le commerce des pelleteries.

C’est en 1792 qu’il amorce une carrière politique lorsqu’il est nommé au Conseil législatif et exécutif du Haut-Canada. En 1793, il accepte le poste de juge de la Cour de surrogate du district de Western. Rassembleur de la milice locale de sa région, on lui confie le commandement du 1st Kent Militia en 1794. Cette même année sa famille, en vertu du traité de Jay, il doit quitter Détroit et s’établir à Sandwich (Windsor). Grand propriétaire foncier, il acquiert, entre 1793 et 1800, un grand nombre de terrains : à Sandwich, à Newark (Niagara-on-the-Lake), à York ainsi que dans les cantons de Yarmouth, de Dorchester, de Harwich, de Malden, d’Aldborough et de Dunwich. En 1799, il est désigné pour occuper temporairement la fonction de surintendant général adjoint des Affaires indiennes.

Lorsque la guerre avec les Américains éclate en 1812, il conduit la milice depuis Sandwich jusqu’à Amherstburg. Baby a vu sa maison pillée et il a subi de nombreuses pertes matérielles. Aussi, le décès de sa femme lui fut très pénible. Baby va s’établir à York en 1815 où il est nommé inspecteur général des comptes publics, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Il jouit de l’amitié des hommes les plus influents du Haut-Canada et il fait partie d’un groupe qui forme l’élite socio-politique du Haut-Canada. connu sous le nom de family compact. Étant l’un des commissaires responsables des propriétés confisquées et chargé de disposer des biens de ceux qui avaient trahi leur pays pendant la guerre de 1812, Baby est nommé arbitre du Haut-Canada au début de 1823 dans la querelle qui opposait cette province au Bas-Canada et qui avait pour objet le partage des revenus douaniers. L’arbitrage est couronné de succès et met fin à une période particulièrement difficile de l’histoire financière de la province.

James Baby (baptisé Jacques) est né le 25 août 1763, le fils de Jacques Duperron Baby et de Susanne Réaume dit La Croix. Il a épousé en secondes noces Elizabeth Abbott. Il a cinq fils et une fille. James Baby meurt le 19 février 1833 à York (Toronto).


[Facultatif:
À York, Baby continuait de se livrer à la spéculation foncière et il continuait de recevoir des lots en récompense des services qu’il rendait au gouvernement.]

Citations :

« Les influences qui ont fait entrer aux conseils le jeune gentleman français ont aussi joué dans sa nomination au poste de lord-lieutenant du comté de Kent, et ces influences qui se faisaient sentir non seulement avant l’avènement du gouvernement, semblent avoir pris solidement racine au Québec où son importance, ses intérêts, ses biens et sa loyauté ont fait apparemment l’objet de tropes éloquents. »
        (Selon l’arpenteur général David William Smith).

« La pensée que je puis être utile, particulièrement à nos pauvres Canadiens qui n’ont ici d’autre appui que moi, me porte à tout accepter, quelque soient  mes répugnances. »
        (Baby à Simcoe lorsqu’il accepte le poste de juge).

« Je suis devenu un homme important, rien de moins que l’arbitre du Haut-Canada. Que penses tu de ça? Un Canadien du Haut-Canada choisi pour régler des différends avec le Bas-Canada! »
        (Lettre de Baby à un ami).

« Un chrétien sans artifice, affable et de belles manières, courtois dans ses paroles, digne dans son comportement, chaleureux envers ceux qu’il aimait, fidèle à ses amis, inébranlable dans ses principes et (qui) puisait dans la religion le mobile de tous ces actes ».
        (Éloge de John Strachan, ami de Baby et un de ses exécuteurs testamentaires).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Clarke, John, « James (Jacques) Baby », dans Dictionnaire biographique du Canada,
vol. VI, pp. 23-25.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 36.

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