Franco-Ontarian figures

Jean Éthier-Blais (1925-1995)

Jean Éthier-Blais / Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Gabrielle-Poulin-et-René-Dionne (P177), Ph119-3

Éthier-Blais est un homme de culture; par ses nombreuses lectures, ses voyages, ses fréquentations intellectuelles, ses réflexions sur l’histoire et sur la condition humaine, il atteint un impressionnant niveau de connaissances. La fierté que le souverainiste québécois tirait de ses origines franco-ontariennes (naissance à Sturgeon Falls et études chez les jésuites du Collège du Sacré-Cœur de Sudbury) était bien connue.

Né Jean-Guy Blais, à Sturgeon Falls le 15 novembre 1925, il a fait son cours classique au Collège du Sacré-Cœur de Sudbury et des études en lettres à l’Université de Montréal; il a suivi des cours à l’École normale supérieure de Paris et à et à l’Université de Munich et a préparé un doctorat ès lettres à l’Université Laval. Il opte pour la carrière diplomatique. Entré au service du Ministère des affaires extérieures pendant quelques années, il a été en poste à Paris, Varsovie et Hanoï, avant de devenir professeur de lettres aux universités Carleton et McGill. Il a fait sa marque comme écrivain et critique littéraire. Le respecté et redouté critique littéraire signe une chronique dans Le Devoir, pendant plus de vingt ans, entre 1960 et 1989. Il a réuni une partie de ses articles dans Signets (3 vol., 1967, 1967 et 1973). Il a publié deux essais (Dictionnaire de moi-même, 1976); Autour de Borduas, 1979), un récit de voyage culturel (Voyage d’hiver, 1986), trois recueils de nouvelles (le Manteau de Rubén Darío, 1974; le Désert blanc, 1986; le Christ de Brioude, 1990), trois romans (Mater Europa, 1968; les Pays étrangers, 1982; Entre toutes les femmes, 1988) et des mémoires (Fragments d’une enfance, 1989 et Le Seuil des vingt ans, 1992).

Doué d’une intelligence exceptionnelle, il jouit d’une culture littéraire et historique, d’une érudition phénoménale et maîtrise plusieurs langues, dont l’allemand et l’italien. Montréalais, il partage son temps entre la métropole et l’Europe. Entre les années 1970 et 1997, il passe ses mois d’été dans sa deuxième maison, en Tunisie.


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Il meurt subitement à Montréal, à l'âge de 70 ans, le 12 décembre 1995, devant le Consulat de Pologne, où on s'apprêtait à souligner les liens qui l'unissaient au peuple polonais.

Œuvres principales de J. É.-Blais :

Signets I, II et III, Montréal, Cercle du livre de France, 1967, 1967 et 1973.
Mater Europa, Paris, Éditions Bernard Grasset, 1968.
Ozias Leduc et Paul-Émile Borduas, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1973.
La Manteau de Rubén Dario. Nouvelles, Montréal, HMH, 1974.
Dictionnaire de moi-même, Montréal, Éditions La Presse, 1976.
Les Pays étrangers, Montréal, Leméac, 1982.
Le Désert blanc, Montréal, Leméac, 1987.
Entre toute les femmes, Montréal, Leméac, 1988.
Fragments d’une enfance, Montréal, Leméac, 1989.
Le Christ de Brioude, Montréal, Leméac, 1990.
Le Seuil des vingt ans, Montréal, Leméac, 1992.
Le Siècle de l’abbé; Groulx (Signets IV), Montréal, Leméac, 1993.
Minuit Chrétiens, Montréal, Leméac, 1994.

Citations :

Voir les extraits dans René Dionne, Littératures outaouaises et franco-ontarienne, et Martin Doré (dir.), Jean Éthier-Blais : une vie en écriture, Montréal, Hurtubise HMH, 1997.

Il faut lire la poésie de Jean Éthier-Blais comme un long voyage de soi à soi, par les chemins du songe, au-dessus de la cohue humaine. Asies (1969) est une quête d’amour sous le ciel d’une mère « Orient » de rêve que la réalité évide peu à peu, et c’est le retour à la maison du père « Occident ». Quand ce voyageur, devenu Narcisse dans Petits Poèmes presque en prose (1978), poursuit son exploration en se mirant dans les eaux de sa jeunesse et de son enfance familiale, c’est la mort qu’il aperçoit. Suit un mouvement intime de retour vers l’Unique de son enfance dans le Prince Dieu (1984). Retiré en lui-même, visionnant le monde qu’il a traversé loin de son Prince qui habita un jour parmi les humains et près de lui, le fils constate et confesse que, en s’exilant de songe en songe malgré les appels incessants du Réel, il a causé l’éloignement de ce Prince; son récit de vie terminé, il attend, abandonné à ses regrets en l’absence de tout printemps à venir, que se referment sur lui les eaux des origines.

    (Tiré du Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, 1989).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 138.

Dionne, René, Anthologie de la poésie franco-ontarienne, des origines à nos jours, Sudbury, Prise de parole, 1991, pp. 92-95.

Doré, Martin (dir.), Jean Éthier-Blais : Une vie en écriture, Montréal, Les Éditions Hurtubise HMH, 1997.

Éthier-Blais, Jean, Le choix de Jean Éthier-Blais dans son œuvre, Montréal, Guérin littérature, 1989.

Éthier-Blais, Jean, Dictionnaire de moi-même, Montréal, La Presse éditeur, 1976.
(Réédition : Montréal, Leméac, Poche Québec, 1987).

Éthier-Blais, Jean, Fragments d’une enfance, Montréal, Leméac, 1989.

Éthier-Blais, Jean, Le Seuil des vingt ans, Montréal, Leméac, 1992.

Gay, Paul, dans René Dionne, Propos sur la littérature outaouaise et franco-ontarienne, II, Ottawa, CRCCF/ÉUO, 1978, pp. 188-194.

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 41-42; pp. 153-154.

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 487-489.

« Jean Éthier-Blais déjoué par la mort », dans Le Devoir, Montréal, 13 décembre 1995, p. 1.

« L’écrivain Jean Éthier-Blais meurt à 70 ans », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 14 décembre 1995, p. 27.

Rochon, Claude, « Jean Éthier-Blais : Jalons pour une biographie », dans Zone, [Outaouais], février 1998, p. 19.

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