Franco-Ontarian figures

Joseph-Balsora Turgeon (1816-1897)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Institut canadien-français d'Ottawa (C36), Ph38-62

Né à L’Assomption, au Bas-Canada, le 22 avril 1816, Joseph-B. Turgeon arrive à Bytown probablement en 1836. Il exerce le métier de forgeron, puis travaille dans l’industrie du bois et s’associe à un commerce de voitures.

En 1844, il fait partie de la fanfare appelée Les musiciens de Bytown que dirige le capitaine Paul Favreau. Succédant à Jean Bédard, Turgeon est élu conseiller municipal pour le quartier nord de la Basse-Ville de Bytown en 1848, puis réélu en 1849. Cette même année, il est nommé juge de paix. C’est en cette qualité qu’il tente d’apaiser la foule à une assemblée publique tenue au marché By le 17 septembre 1849. L’assemblée dégénère en une sanglante bagarre entre les deux factions politiques – les Tories (conservateurs) et les Reformers (libéraux) – et entre Canadiens-Français, Irlandais et Canadiens-Anglais. C’est cette triste jounée que l’on a surnommé « Stoney Monday ».

En 1851 et en 1852, Turgeon est de nouveau élu conseiller municipal pour le quartier centre. En 1852 il devient commissaire d’écoles puis fonde et devient le premier président de l’Institut canadien-français. Membre d’un cabinet de lecture – le Mechanics’ Institute -- fondé par un certain monsieur Powell, Joseph-B. Turgeon proteste avec véhémence quand on propose l’exclusion des Canadiens français. En quittant la salle avec quelques-uns de ses compatriotes, il annonce qu’il fondera un cercle littéraire qui survivra longtemps après la disparition du cabinet de langue anglaise. C’est ce cercle littéraire qui deviendra plus tard l’Institut canadien-français d’Ottawa.

Élu maire de Bytown en 1853, c’est au cours de son mandat que Turgeon réussit à obtenir des fonds pour les écoles des sœurs grises dites Sœurs de la Charité d’Ottawa. Il propose aussi que Bytown obtienne le statut de ville et qu’elle prenne le nom de « Ottawa ».

Il siège de nouveau à la commission scolaire en 1855, est nommé capitaine de la milice no 2 d’Ottawa en 1856, puis élu de nouveau au conseil municipal en 1862. C’est à titre de conseiller scolaire et avec l’aide de son ami l’avocat Richard W. Scott, qu’il propose un système d’écoles séparées à Ottawa.

À partir de la fin des années 1860, Turgeon se retire progressivement de la vie publique et il se retrouve agent général de la compagnie Mosgrove, rue Rideau. En reconnaissance de ses efforts soutenus pour la cause catholique, il est fait Chevalier de l’Ordre de St-Grégoire le Grand pour sa contribution à l’établissement des écoles séparées catholiques à Ottawa.

Ami de l’Évêque de Bytown, Mgr Joseph-Eugène-Bruno Guigues, Joseph-B. Turgeon a été, de par ses fonctions officielles, l’hôte de plusieurs dignitaires venus à Bytown et Ottawa, dont Lord Elgin, Gouverneur général, Mgr Bedini, nonce apostlique et le capitaine Henry de Belvèze, représentant de Napoléon III.

Marié à Mary Ann Donohue en premières noces et à une demoiselle Mesnard en deuxièmes noces, il est le père de quatre enfants.

Il meurt à Hull, Québec, le 17 juillet 1897. Son service funèbre est célébré dans la chapelle de l’Université d’Ottawa avec la participation de la chorale de la paroisse Saint-Joseph. En plus des membres de sa famille, des amis du défunt étaient présents tels Sir Richard W. Scott, Secrétaire d’État, Honoré Robillard, ancien député fédéral, Frank McDougal, ancien maire, Joseph Boyden et J.B. Jackson, hommes d’affaires.

Citation :

« M. Turgeon était un homme de réelle valeur. Son nom reste attaché à la manifestation publique des idéals français et canadien au cours des dernières années de Bytown. L’Institut qu’il fonda était le centre de la pensée française laïque à l’ouest de Montréal, et l’empire que cette société littéraire exerçait sur les esprits était fermement établi, avec l’appui de Mgr l’Évêque et des Oblats, qui lui accordait une confiance significative. Les élans populaires de notre groupe [canadien-français] sont venus de cet organisme social puissant, et les projets d’ensemble qui ne relevaient pas directement de l’Ordinaire ou des paroisses trouvaient ici une serre chaude où la germination et le mûrissement se succédaient rapidement dans un terrain savamment travaillé. » (Jules Tremblay, Sainte-Anne d’Ottawa : un résumé d’histoire 1873-1923, Ottawa, s. éd., p. 31-32).

Orientation bibliographique sur J.-B. Turgeon :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française : francophonie nord-américaine hors Québec, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 371.

Pelletier, Jean Yves, Joseph-Balsora Turgeon (1816-1897), fondateur et premier président de l’Institut canadien-français d’Ottawa (1852) et premier maire canadien-français de Bytown (1853), Ottawa, chez l’auteur, 2002, 15 p. (Texte révisé : 2008)

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