Franco-Ontarian figures

Laure Rièse (1911-1996)

Laure Rièse / Nick Yunge - Bateman, Peterborough (Ont.), [ca 1962]. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Livres et auteurs québécois (C14), Ph30-R4

Suissesse romande originaire de Neuchâtel, arrivée au Canada en 1928, Laure Rièse a passé plus de soixante ans au service de la francophonie de Toronto. Elle est l’auteur de trois ouvrages, d’une centaine d’articles et de traductions. Elle a poursuivi ses études jusqu’au doctorat en littérature à l’Université de Toronto. Laure Rièse a toujours voulu aller au bout d’une pulsion intérieure qui l’a menée dans un monde de professionnels, détenu en grande partie par les hommes.

Pendant 25 ans la seule Canadienne au jury international de la Rose nouvelle de Bagatelle à Paris et première femme présidente de l’Alliance française de Toronto, elle a été la seule femme à prononcer une allocution au Service inter-confessionnel d’Action de grâces au Roy Thomson Hall. Docteur(e) en Lettres Sacrées du Collège Victoria de l’Université de Toronto, cette grande dame s’est dévouée pendant 45 ans à l’enseignement. Ses expériences professionnelles sont considérables : elle a enregistré des disques pour les écoles ainsi que de nombreuses émissions à la radio et à la télévision.

Pour ses étudiants anglophones, elle fait publier L’Âme de la poésie canadienne-française (1955) et, Un peu de nouveau (1962); ses amitiés nombreuses et ses connaissances intimes du milieu littéraire français (en France) l’amènent à faire paraître Les Salons littéraires parisiens, du Second Empire à nos jours (1962). Au cours de sa carrière, Laure Rièse a contribué à de nombreux organismes, tels l’Alliance française de Toronto, la Société canadienne de recherche littéraire, le Salon français, l’Académie de l’art de vivre de Paris et la Société culturelle Canada-Suisse.

Par ses cours et par sa plume, elle a aidé le Canada anglais à mieux connaître la culture française. Les dernières années de la vie de Laure Rièse seront pleines de surprises et les événements se suivent à un rythme effarant : elle participe à de nombreuses émissions de radio, et elle incarne même une vieille dame dans des annonces publicitaires. Enfin, présidente d’honneur du Salon du livre de Toronto au début des années 1990, une école du Conseil des écoles françaises de la Communauté urbaine de Toronto (CEFCUT), l’École Laure-Rièse, de Scarborough, est nommée en son honneur en 1993, et, en 1994, un documentaire sur sa vie est produit par le bureau ontarois de l’Office national du film (ONF).

Faire le portrait de Laure Rièse, c’est suivre le parcours d’une femme remarquable à travers un demi-siècle de l’histoire de Toronto et de son époque. C’est aussi souligner l’influence qu’une femme a exercée sur un certain milieu : universitaire et intellectuel. Professeur de français pendant 45 ans au Collège Victoria de l’Université de Toronto, Laure Rièse s’est liée d’amitié au fil des ans avec les plus grands noms littéraires de notre époque en Europe et au Canada.

Retraitée, elle s’attache à « son » école où elle prononce des causeries et lit une quarantaine de contes qu’elle a rédigés pour les jeunes élèves : c’est une toute autre Laure Rièse qui se démasque et les élèves la surnomment alors affectueusement « tante Laure ».

Dans les dernières années de sa vie, elle lègua sa collection unique de lettres, dessins et œuvres littéraires autographiées au Collège Victoria.

Au cours de sa vie, Laure Rièse a reçu plusieurs honneurs : Officier des Palmes académiques, Chevalier de la Légion d’honneur, Commandeur de l’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, Ordre de L’Ontario et Ordre du Canada.

Elle meurt à Toronto le 27 mars 1996 à l'âge de 86 ans.

Œuvres principales de L. Rièse:

    L’Âme de la poésie canadienne-française, Toronto, Macmillan, 1955.

    Les Salons littéraires parisiens, du Second Empire à nos jours, Toulouse, Privat, 1962.

Citation :

« Venant de Suisse, je connais les luttes que doivent mener les francophones en milieu minoritaire. Mais j’ai toujours cru à l’importance de promouvoir et développer la connaissance des langues. C’est une grande richesse de parler plus d’une langue. Je veux qu’on comprenne que la promotion du français ne se fait pas aux dépens de l’anglais. »
        (Tiré d’un article du journal Le Droit, Ottawa, 1989).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

L’Express de Toronto, 26 octobre-1er novembre 1994.

Desjarlais-Heynneman, Mireille, « La production littéraire de Laure Rièse », dans L’Express de Toronto, 7-13 janvier 1992.

Rheault, Martine, « Laure Rièse : le Toronto français raconté à la première personne », dans
Le Métropolitain, Toronto, 23-29 novembre 1994, p. 12.

Thériault, Charles, « Laure Rièse : une vie consacrée au français », dans Le Droit, Ottawa,
19 avril 1989, p. 22.

The Toronto Star, March 30, 1996, p. A12.

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