Historique de la Nouvelle France

Les us et coutumes au temps des pionniers

La vie quotidienne


Le régime seigneurial

Le partage et la distribution des terres en Nouvelle-France étaient essentiellement assurés par le régime seigneurial. Les représentants du roi confiaient le développement d’un domaine à un individu - il pouvait s’agit d’un noble ou d’un roturier - ou à une communauté religieuse. Ce domaine, qui était nommé une seigneurie, était la propriété du seigneur, et celui-ci devait le rétrocéder s’il n’y favorisait pas la mise en valeur. En contrepartie de ce domaine, le seigneur avait l’obligation de soutenir les efforts de colonisation de la Nouvelle-France en concédant à son tour des terres (censives) aux colons (lesquels étaient appelés censitaires). Le seigneur et le censitaire étaient liés par une série de droits et de devoirs. À titre d’exemple, le censitaire devait payer au seigneur une rente annuelle, le cens, Il devait aussi moudre son grain au moulin du seigneur et lui remettre la quatorzième partie de la farine moulue. Par surcroît, il lui fallait également payer au seigneur, au moment de l’achat d’une terre déjà concédée, une taxe représentant le douzième de la valeur de l’achat. Quant au seigneur, outre le fait qu’il étaient obligé de concéder des terres, il devait notamment construire un moulin et en assurer l’entretien.

Les premières seigneuries apparurent le long du fleuve Saint-Laurent, à proximité de Québec, du poste de Trois-Rivières et de Ville-Marie (Montréal). Après 1670, de nouvelles seigneuries furent fondées dans les régions du Richelieu, du lac Champlain et de la Beauce. Lorsque la colonie tomba aux mains des Britanniques en 1760, les quelque 65 000 habitants de la Nouvelle-France étaient répartis à travers 250 seigneuries. Si la quasi-totalité des seigneuries étaient situées sur le territoire qui constitue maintenant le Québec, il n’en demeure pas moins que deux d’entre elles se trouvaient sur le territoire de l’Ontario actuel. En effet, il y en avait une première là où aujourd’hui existe le village de l’Orignal (à savoir la seigneurie de la Nouvelle-Longueuil) et une seconde dans la région de la ville de Kingston (il s’agissait de la seigneurie Frontenac).

La vie urbaine

Les villes de l’époque étaient construites sans plan d’ensemble. Les rues étaient tortueuses et étroites et les bâtiments y étaient souvent mal alignés. Les enseignes des boutiques et des marchands, la neige, l’eau et la boue constituaient des obstacles à la circulation. Les animaux en quête de nourriture pouvaient être aperçus allant de potager en potager. De plus, les voies publiques servaient alors d’égouts et l’on y déversait les eaux sales, les excréments et les déchets ménagers.

Malgré le manque de planification, les villes avaient plusieurs éléments en commun. D’abord, elles étaient toutes dotées d’une place publique. Celle-ci jouait le rôle de lieu de rassemblement social et économique. En effet, c’est à la place publique que s’installait le marché où les paysans venaient vendre les produits de l’élevage, de la chasse et de l’agriculture. C’est aussi à cet endroit qu’étaient affichées les ordonnances et que se rencontraient les habitants pour discuter des évènements récents. En plus de la place publique, les villes comptaient un certain nombre d’édifices publics, soit les églises, les chapelles, les couvents, les écoles, les prisons ainsi que les tribunaux, les casernes et les hôpitaux.

Les villes de l’époque étaient malpropres, voire même insalubres - encore que c’était mieux qu’en France, où la plus grande population rendait la situation plus dramatique. Les citadins jetaient leurs ordures, leurs eaux sales et leurs excréments dans les rues où les animaux côtoyaient les humains, ce qui entraînait la présence de fumiers et d’excréments animaux. Il y régnait une odeur infecte, surtout lors des périodes de chaleur. L’insalubrité des villes eut des conséquences sur leurs habitants et il y eut plusieurs épidémies graves, résultant en un nombre élevé de morts. La pire de ces épidémies eut lieu à Québec en 1702 - 1703. La ville fut frappée par la va-riole et sa population était terrorisée de voir des gens mourir chaque jour pendant plusieurs mois.

L’alimentation

Les premiers colons de la Nouvelle-France durent adapter leurs habitudes alimentaires européennes aux réalités de l’Amérique du Nord. D’abord, ils établirent leur régime sur la consommation du pain. Presque toutes les maisonnées possédaient donc un four à pain. Bien sûr, les familles qui n’en avaient pas pouvaient acheter leur pain du boulanger qui, à son tour, devait fournir à la demande.

Au pain, les habitants de la colonie ajoutèrent des produits potagers tels que des betteraves, des navets, des fèves, du chou, des carottes, du panais, des oignons, de la laitue ainsi que des fines herbes. Il est intéressant de souligner qu’à cette époque, ils ne produisaient ni ne consommaient de pommes de terre. Celles-ci furent introduites dans le régime alimentaire canadien beaucoup plus tard. Les colons adoptèrent aussi le maïs, céréale qui était utilisée par les autochtones. En outre, les importations et l’élevage procuraient du bœuf et du lard en abondance. Au surplus, lors des jours d’abstinence imposés par l’Église, les habitants mangeaient de l’anguille, de la morue salée et différents poissons d’eau douce. Du reste, il est à noter que dès la fin du 17e siècle, la table du colon de la Nouvelle-France était souvent mieux garnie que celle de l’habitant français.

Les colons avaient recours à diverses techniques de conservation des aliments. La première et la plus importante consistait à sécher et saler les aliments comme les viandes et les poissons. Le lard salé était une denrée qui faisait partie du régime alimentaire normal des colons. Cette technique n’était pas neuve puisqu’elle date de l’Antiquité. Malgré tout, elle était encore jugée des plus efficaces à l’époque. On pouvait aussi conserver les viandes et poissons grâce au vinaigre et à l’huile.

Une autre technique de conservation utilisée par les colons français était le fumage. Cette technique était moins commune chez les habitants, mais était utilisée pour les viandes apportées dans les voyages d’expédition. L’hiver, les habitants devaient s’assurer d’avoir des réserves de nourriture suffisantes afin de ne pas dépendre de la chasse qui pouvait être très mauvaise en cette saison. De plus, les colons tiraient avantage du froid comme agent de conservation. En effet, ils emmagasinaient la nourriture dans des caves (soit des trous dans le plancher), afin que les aliments restent gelés, et les en retiraient au besoin. La farine, quant à elle, était conservée dans des greniers.

Les vêtements

Les vêtements utilisés par les habitants de la Nouvelle-France étaient pratiques et devaient répondre aux besoins imposés par le climat et, dans une certaine mesure, par les déplacements fréquents. Les colons durent donc apprendre à faire leurs propres vêtements. Ils empruntèrent aux marins mitaines, bonnets ainsi que capots de laine. Ils s’inspirèrent en outre grandement des Amérindiens : ils chaussaient des mocassins, portaient des mitasses et revêtaient des vêtements faits de lin et de chanvre, doublés de fourrures et de peaux animales.

La laine était plutôt rare à cette époque car les éleveurs de moutons avaient du mal à garder leurs troupeaux intacts. Plusieurs moutons devenaient la proie de prédateurs qui vivaient dans les forêts près des fermes. La laine servait surtout à la confection de sous-vêtements qui étaient portés été comme hiver. En effet, la laine a la propriété d’absorber la sueur, ce qui la rendait très utile pour ce genre de vêtements puisqu’elle protège des refroidissements. La fabrication des vêtements revenait aux femmes qui devaient habiller leurs enfants et leur mari. Elles devaient aussi fabriquer des couvertures pour l’hiver.

Bien que l’image de l’habitant vêtu d’un bonnet, d’une ceinture fléchée et de hautes bottes fut popularisée par les Patriotes, il semble qu’il n’y eût pas vraiment d’habit typique pour les colons du Régime français.

Les voyageurs étant des figures marquantes de la Nouvelle-France, il est donc intéressant de décrire les vêtements de ces travailleurs. Ces hommes portaient quelques vêtements typiques tels que les mitasses, le brayet et les mocassins. Les mitasses étaient une sorte de guêtre, faites de drap ou de peau de cerf qui remplaçait les bas en raison de leur grande résistance. Le brayet, vêtement de fabrication indigène, était une culotte courte faite de drap épais et renforcée de cuir au siège et aux genoux. Les mocassins sont des souliers plats, faits de peau de bœuf ou d’orignal très souples et résistants à l’humidité. Ils portaient aussi des gilets de laine aux couleurs attrayantes.

Un canadien dans la neige


La religion

Les colons français étaient vraisemblablement très pieux, respectant avec ferveur les enseignements de la Bible. La religion était au centre de la société, au même titre que la colonisation et le commerce. Toute la vie morale des Canadiens était guidée, voire dictée par les préceptes de l’Église catholique et la religion était parfaitement intégrée à leur mode de vie.

Les sacrements étaient particulièrement importants aux yeux du clergé et tous les fidèles devaient faire baptiser leurs enfants dès la naissance. La pénitence et l’eucharistie étaient fortement encouragées, de même que la prière sous diverses formes : neuvaines, processions, dévotions et participation aux confréries. De plus, les habitants devaient présenter un billet remis par un confesseur afin d’obtenir un contrat de mariage. Ils devaient faire de même à la fête de Pâques.

Bien sûr, personne n’avait le droit de travailler les dimanches et tous devaient assister à la messe. De plus, il y avait une multitude de fêtes religieuses auxquelles les fidèles devaient participer durant l’année. Les fêtes les plus importantes étaient Noël, le jour de l’An, la fête des Rois (Épiphanie) et le Mardi gras.

Noël au Canada


La justice

La France possédait un système judiciaire très bureaucratique. Ce dernier fut implanté en Nouvelle-France, mais moins sévèrement. Bien qu’il y avait un plan très rigide pour toutes les procédures judiciaires en Nouvelle-France, le système y était simplifié.Alors qu’en France on retrouvait plusieurs types de tribunaux, dans la colonie on n’implanta que des tribunaux royaux, lesquels furent instaurés à Montréal, Québec et Trois-Rivières. L’ordonnance civile fut établie dans la colonie en 1667. Basée sur la coutume de Paris, cette ordonnance constitua le code civil de la Nouvelle-France. En 1670, fut instituée la Grande ordonnance, première codification de loi criminelle de la colonie.

En Nouvelle-France, la population était petite, donc plus efficacement encadrée par l’État. Celui-ci y était cependant plus flexible. Les peines n’étaient pas aussi lourdes dans la colonie qu’en France. La torture était pratiquée, mais plus rarement que dans la métropole. De plus, on avait rarement recourt à la peine de mort. Il y avait néanmoins des bourreaux dans la colonie, qui avaient pour tâche, lorsque cela s’avérait nécessaire, d’exécuter les peines physiques. Il s’agissait de la profession la plus honteuse. Ceux qui étaient condamnés à mort étaient pendus. Les pendaisons étaient tenues une fois par année. D’autres peines, moins sévères, pouvaient être appliquées, comme le marquage au fer rouge, le port d’écriteaux par les délinquants ou encore les coups de fouet.

La procédure judiciaire était la même partout en Nouvelle-France, sauf en ce qui concernait les Amérindiens. La justice auprès de ces derniers était un sujet délicat. Avec les Français c’était simple : ils étaient mis en prison. La situation était toutefois plus difficile avec les Amérindiens. En fait, les autorités françaises adoptèrent une attitude très prudente envers ce groupe plus nombreux et dont la collaboration s’avérait essentielle aux Français. En ce sens, il n’était possible de mettre un Autochtone en prison qu’avec l’approbation du conseil amérindien. Ainsi, on jugeait les Autochtones comme extérieurs à la société. Même si les lois françaises prévoyaient des punitions pour les Amérindiens qui commettaient un viol ou un meurtre, dans la réalité, il y avait résolution des conflits « à l’indienne ». En ce sens, conformément à la tradition amérindienne, le coupable d’un crime ne se voyait souvent imposer qu’une amende. L’important pour les autorités françaises était de ne pas contrarier leurs alliés amérindiens afin de conserver de bonnes relations avec ceux-ci.

Le travail

L’agriculture

L’agriculteur disposait d’une saison productive de 4 à 5 mois seulement. Au début du mois de mai, il devait labourer et préparer sa terre pour les semailles. Outre le gel tardif, les fortes pluies, la sécheresse et la grêle pouvaient à tout moment venir ruiner son travail. L’essentiel des travaux étaient organisés en fonction de la récolte du blé. La deuxième plus importante récolte comprenait les fèves et les haricots. Enfin, les légumes du potager, auxquels il convient d’ajouter les têtes de bétail, venaient compléter la production de l’agriculteur.

Les agriculteurs travaillaient dès le levé du soleil et ne s’arrêtaient que lorsque celui-ci se couchait. Chaque habitant possédait une terre qu’il devait défricher et exploiter pour nourrir sa famille. Sur une ferme typique, on retrouvait une maison, une grange, un four à pain, une étable, des animaux d’élevage et un jardin où l’on cultivait le blé. L’habitant devait payer une redevance au seigneur en échange de sa terre. Le paysan devait atteindre un certain niveau d’autarcie, c’est-à-dire qu’il devait être en mesure de nourrir sa famille exclusivement grâce aux fruits de sa terre. Il s’agissait surtout d’une culture de subsistance.

Le travail du cultivateur était difficile et sans répit d’autant plus qu’il devait chaque jour travailler plus fort pour compenser tous les jours où il ne le pouvait pas. Effectivement, durant toute la saison hivernale, il était impossible pour lui de travailler. De plus, en raison des obligations religieuses auxquelles les colons étaient soumis, les paysans ne pouvaient travailler les dimanches, et il existait toute une série de fêtes religieuses durant lesquelles ils ne pouvaient se mettre à la tâche. Il est estimé qu’il y avait quelque 90 jours par année où les habitants ne pouvaient travailler à cause des fêtes et obligations religieuses. Tous les membres de la famille, hommes, femmes et enfants, devaient mettre la main à la pâte et travailler dans les champs.

Avant 1647, les fermiers devaient utiliser des outils manuels pour accomplir leurs travaux. Avec l’introduction du cheval, les équipements fermiers se modifièrent et le travail devint quelque peu moins ardu.

L’hiver était en quelque sorte une saison de repos pour les cultivateurs. En effet, les travaux ménagers pouvaient être effectués avec moins de hâte et les colons s’adonnaient à des travaux simples, comme la fa-brication de meubles et de vêtements. De plus, plusieurs femmes en profitaient pour apprendre la lecture et l’écriture à leurs enfants et parfois à leur mari. Elles veillaient aussi aux devoirs religieux quotidiens. Le nombre élevé de congés imposés rendait difficile la tâche des cultivateurs en ce sens qu’ils avaient du mal à produire plus que ce dont leur famille avait besoin pour survivre.

Les métiers

Les citadins, ne pouvant travailler la terre pour subsister, devaient pratiquer un métier afin de pouvoir gagner l’argent nécessaire pour se nourrir, se loger et s’habiller. Les gens de métier constituaient la majorité des immigrants au 17e siècle. Il existait plusieurs métiers différents au temps de la Nouvelle-France. On note entre autres l’existence du boulanger, du charpentier, du maçon, du cordonnier, du tailleur, de l’enseignant, du magasinier, du meunier, du menuisier, du tonnelier et de l’armurier. Ceux-ci remplissaient parfois pour les citadins des tâches qui, dans les campagnes, étaient accomplies par la famille grâce, en outre, aux ressources de la terre. D’autres pouvaient être des serviteurs payés par les seigneurs, l’intendant ou de riches marchands. Enfin, certains hommes étaient marins, souvent appelés à s’embarquer sur l’un des nombreux voyages maritimes de l’époque.

Les divertissements

La musique

Durant le Régime français, les arts avaient une fonction qui se voulait d’abord et avant tout utilitaire et servaient généralement à l’Église. On sait peu de choses sur la musique. Toutefois, il semble que Jean de Poutrincourt, qui dirigea Port-Royal de 1610 à 1613, était musicien et qu’il agrémentait le service religieux en Acadie de ses compositions. De plus, tout porte à croire que Maisonneuve jouait du luth et que Louis Jolliet connaissait les rudiments de l’orgue. Il est clair, par contre, que la Nouvelle-France ne comptait pas de virtuoses de la musique. La colonie française était plutôt destinée à maximiser le commerce des fourrures et l’agriculture de sorte que toutes les autres activités ne s’avéraient être que les passe-temps de ses habitants. La Nouvelle-France ne fut donc jamais traversée par un courant artistique distinct, mais empruntait plutôt à différents styles que l’on connaissait en France. Les pièces musicales n’étaient donc pas des plus élaborées et servaient surtout à des fins religieuses.

La musique liturgique apparut d’abord à Québec chez les Jésuites et les Ursulines ainsi que dans d’autres congrégations religieuses. À Montréal, ce sont les Sulpiciens qui développèrent la musique liturgique, utilisant des pièces françaises contemporaines. Leur style dominant était le plain-chant musical et les Sulpiciens destinaient cette musique au culte de la Vierge et à la célébration de leur mandat sacerdotal. De plus, les instructions musicales conservées à Montréal rappellent aujourd’hui le rôle pédagogique qui revenait alors aux membres de cet ordre religieux. Les communautés féminines, vouées à la charité et au soin des malades, utilisaient la musique d’une façon beaucoup plus simple et modeste, respectant en cela les règles et constitutions de leurs congrégations.

Toutefois, les marins, les soldats et les ouvriers qui vivaient et travaillaient en Nouvelle-France développèrent un style de musique qui leur était propre, en se basant largement sur les vieux chants d’origine celtique de la Bretagne de même que sur de nombreuses autres vieilles chansons françaises. Dans ces chansons, l’accent était mis sur la réponse de l’auditoire à ce qui était chanté devant eux. On ne retrouvait pas beaucoup d’instruments chez ces hommes. Aussi, assuraient-ils le rythme en tapant du pied. Cette pratique est appelée la podorythmie et est encore largement pratiquée par les groupes et les artistes folkloriques du Québec et du Canada français. Ils utilisaient aussi des instruments simples comme la guimbarde. À l’occasion, l’un d’eux apprenait à maîtriser un instrument à cordes, ce qui donna éventuellement naissance aux fameux « violoneux ».

On entamait de vieilles chansons de la France, des chansons religieuses ainsi que les fameuses chansons à boire et on abordait des sujets reliés à la vie des gens de l’époque, notamment à celle des voyageurs. Les chansons à boire étaient parmi les plus populaires et plusieurs subsistent encore aujourd’hui. On n’a qu’à penser aux airs tels que Le cou de ma bouteille ou Chevaliers de la table ronde. Ces deux chansons semblent, d’ailleurs, avoir une racine commune. On retrouve aussi beaucoup de chansons maritimes qui font allusion à la remontée d’un fleuve ou d’une rivière, et aux jolies femmes dont rêvaient les voyageurs. La pièce de Raoul Roy intitulée C’est dans le mois de mai en est un bon exemple. Le même commentaire s’applique aussi à la chanson La traversée de la Gatineau du groupe Le rêve du diable. Ces deux chansons sont plus récentes, mais leurs racines remontent à la Nouvelle-France.

La vie austère des colons offrait rarement la chance de s’amuser, ce qui explique sans doute, du moins en partie, la popularité des chansons à boire rythmées sur lesquelles les gens aimaient danser lors des rares fêtes. Cette musique simple évolua dans sa simplicité et le répertoire folklorique francophone du Canada dépasse aujourd’hui de loin ce qui se faisait au temps de la Nouvelle-France. Cependant, il n’en reste pas moins que ce répertoire est demeuré fortement attaché à l’esprit des chansons de l’époque coloniale, évoquant des hommes, souvent pauvres, qui exercent un travail difficile, mais aimant la fête et cherchant une jolie femme à marier.

Les fêtes et les jeux

Bien qu’elle était dure, la vie des colons n’était pas seulement occupée par le travail. Les Canadiens de la Nouvelle-France s’adonnaient à plusieurs jeux. De temps à autre, étaient organisées des veillées durant lesquelles se rassemblaient amis, parents, famille et voisins pour s’adonner à des jeux de cartes, pour chanter et pour danser. La fête se tenait dans la plus grande pièce de la maison, soit la cuisine.

À la fête de Noël, tous devaient assister à la messe de minuit, après quoi on se rassemblait dans une maisonnée pour passer la veillée qui se déroulait généralement comme celle décrite plus haut. L’hôtesse y servait en général ses meilleurs plats. La plus importante fête de l’année, par contre, était le jour de l’An. Ce dernier était une fête familiale pour laquelle plusieurs parcouraient de grandes distances afin de pouvoir se réunir en famille. Le matin du jour de l’An, les familles avaient coutume d’aller de maison en maison afin que tout le monde puisse se souhaiter la bonne année. La soirée commençait par un somptueux repas, puis on chantait et on dansait toute la nuit. Au printemps, le temps des sucres meublait les loisirs, alors qu’étaient préparés la tire, le sucre et le sirop d’érable.

Pour ce qui est des jeux, les colons favorisaient les jeux de cartes en groupes. Quelques jeux, comme le piquet, la quadrille et le pharaon sont encore décrits dans la littérature. Nous connaissons aussi le galet et le jeu de billard, on pouvait les trouver dans les cabarets.

Un conteur d'aujourd'hui


Bibliographie

Ouvrages

AUDET, Bernard. Le costume paysan dans la région de Québec au XVIIe siècle. Les Éditions Leméac inc., Québec, 1980.

DOUVILLE, Raymond et Jacques-Donat CASSANOVA. La vie quotidienne en Nouvelle-France. Le Canada de Champlain à Montcalm. Hachette, Canada, 1982.

GAUVREAU, Danielle. Québec, une ville et sa population au temps de la Nouvelle-France. Presse de l’Université du Québec, Québec, 1991.

LACHANCE, André. La vie urbaine en Nouvelle-France. Boréal Express, Montréal, 1987.

WARNANT-CÔTÉ, Marie-Andrée. Les modes de vie en Nouvelle-France dans les années 1600 - 1700. Mondia Éditeurs, Québec, 1991.

SÉGUIN, Robert-Lionel. Les divertissements en Nouvelle-France. Musée national du Canada, Bulletin no 227, Ottawa, 1968.

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