Silhouettes franco-ontariennes

Biographies

(proposées par Jean Yves Pellletier, 2003)

Ces biographies présentent un choix de quarante (40) courtes notices biographiques d’illustres Français, Canadiens-Français et Canadiennes-Françaises, Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes. Ces hommes et ces femmes, avantageusement connues, viennent des quatre coins de l’Ontario et ont vécu dans les siècles qui ont suivi l’arrivée des premiers Français en Nouvelle-France, soit dans ce qui forme aujourd’hui le territoire ontarien. Les personnes proviennent de divers milieux de vie : missionnaires et explorateurs, hommes et femmes religieux, éducateurs, gens d’affaires, politiciens, artistes, sportifs, animateurs. Chaque notice biographique est accompagnée d’une photo, d’une bibliographie et parfois d'une citation.

On peut retrouver un grand nombre de biographies présentées ci-après sous format abrégé au site Francoidentitaires : « Francophonies canadiennes Identités culturelles » http://www.francoidentitaire.ca/ontario/accuiel/accucadr.htm Il s'agit d'un site multimédia (son, image) sur l'histoire et l'identité franco-canadienne conçu en 1999. Sous la direction de Yves Frenette et de Mary Elizabet Aubé, la recherche des profils biographiques relatifs à l'Ontario a été effectué par Jean Yves Pelletier.
 

Almanda Marchand (1868-1949)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises (C53), Ph52-40

En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, Almanda Marchand regroupe des Canadiennes-Françaises pour recueillir des fonds afin d'équiper un navire-hôpital à l'intention des soldats blessés. De ce groupe naît la Fédération des femmes canadiennes-françaises (FFCF). Regroupées en section, les membres confectionnent des vêtements, des pansements et des tricots pour la Croix-Rouge. Lorsque la Seconde Guerre mondiale est déclarée en 1939, la FFCF prête de nouveau son concours aux œuvres de guerre et achète une ambulance militaire qui servira à l'armée canadienne en Angleterre. Son œuvre se poursuit encore de nos jours dans les milieux francophones à l'extérieur du Québec et la Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises (FNFCF) a toujours son siège national à Ottawa. Une bourse, octroyée par la FNFCF depuis 1991 à une femme francophone qui fait un retour aux études et qui vit en milieu minoritaire, porte son nom.

Originaire de la ville de Québec, fille d’un père anglophone et d’une mère canadienne-française, Almanda Walker-Marchand est éduquée chez les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame au couvent Saint-Roch de Québec et au Couvent Marguerite-Bourgeoys à Montréal. Sa famille arrive à Ottawa en 1890 lorsque son père décroche un emploi au Service civil.

En plus d'entretenir des liens avec des groupes féminins du Canada anglais et du Québec, Almanda Walker-Marchand se sert de ses nombreux contacts avec les membres de la société dirigeante pour faire avancer les œuvres philanthropiques, religieuses et sociales de son organisme. On la considère, à juste titre, comme l'âme dirigeante de la FFCF, car elle cherche sans cesse à venir en aide aux personnes sinistrées, démunies ou sans travail. Cette mère de huit enfants, présidente générale de la Fédération des femmes canadiennes-françaises pendant 32 ans, prend sa retraite en 1946. Pendant son mandat, une vingtaine de sections de la fédération sont fondées en Ontario, au Québec et dans l'Ouest canadien, et le regroupement compte plusieurs milliers de membres.

Almanda Marchand collabore avec une multitude d'organismes, épouse la cause des Franco-Ontariens en revendiquant des services en français et recueille des dons pour acheter du charbon qui servira à chauffer les écoles bilingues qui s'opposent au Règlement XVII.

En reconnaissance de son travail, Almanda Marchand reçoit la médaille de Belgique pour son dévouement pendant la Première grande guerre puis un diplôme de reconnaissance de ses services par l'Association canadienne des vétérans. Elle reçoit la décoration papale « Pro Ecclésia et Pontifice » en 1930 et est nommée membre de l'Ordre de l'Empire britannique en 1943. Membre active du Parti libéral du Canada, elle tente à plus d'une reprise, mais sans succès, de devenir sénatrice.

Marié à Paul-Eugène Marchand, elle est la mère de huit enfants.

Née à Québec le 16 novembre 1868, elle meurt à Ottawa le 4 janvier 1969 à l'âge de 80 ans.
 

Citations : Voir la biographie de Lucie Brunet.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Brunet, Lucie, Almanda Walker-Marchand (1868-1949) : une féministe franco-ontarienne de la première heure, Ottawa, Les Éditions L'Interligne, 1992.

Desjardins, Micheline, Les femmes de la diaspora canadienne-française. Brève histoire de la FNFCF de 1914 à 1991, Ottawa, FNFCF, 1991.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 382.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Orientation bibliographique et repères archivistiques

Joseph Le Caron :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 213.

Dionne, René, Anthologie de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours, tome 1 : les origines françaises (1610-1760), les origines franco-ontariennes (1760-1865), Sudbury, Prise de parole, Collection Histoire de la littérature franco-ontarienne, 1997, pp. 33-38.

Gingras, Frédéric, « Joseph Le Caron », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. I,
pp. 448-449.

Jouve, Odoric-Marie, Les Franciscains et le Canada. Établissement de la foi, 1615-1629,
vol. 1, Québec, Couvent des Sœurs Stigmates, 1915, chap. VII, pp. 69-86; pp. 353-362.

Marchildon, Daniel, La Huronie, Ottawa, Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques, Collection PRO-F-ONT, 1984.

Sylvestre, Paul-François, Les communautés religieuses en Ontario français. Sur les traces de Joseph Le Caron, Montréal, les Éditions Bellarmin, 1984, pp. 12-13.


Étienne Brûlé :

Beaudet, Jean-François, Étienne Brûlé, Série Célébrités canadiennes, Montréal, Lidec, 1993.

Bourrie, Mark, « Controversial explorer once reviled as heathen wins memorial marker », in The Globe and Mail, September 5, 1988, p. A11.

Champlain, Samuel de, Œuvres de Champlain, Montréal, Éditions Élysée, 1981.

Cranston, J. Herbert, Etienne Brûlé : Immortal Scoundrel, Toronto, The Ryerson Press, 1949.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 64.

Jurgens, Olga, « Étienne Brûlé », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. I,
pp. 134-137.

Michaud, Michel, Le roman d’Étienne Brûlé, Montréal, Libre Expression, 1998.

Robinson, Percy J., Toronto during the French Régime : a history of the Toronto Region from Brûlé to Simcoe, 1615 -1793, Toronto, University of Toronto Press, 1965.

Sulte, Benjamin, « Étienne Brûlé », dans Mémoires de la Société royale du Canada, Section 1, 1907. [Ottawa], Société royale du Canada, 1907, pp. 97-126.


René-Robert Cavelier de La Salle :

Cazaux, Yves, Le rêve américain : de Champlain à Cavelier de La Salle, Paris, Albin Michel, 1988.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 207.

Dupré, Céline, « René-Robert Cavelier de La Salle », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol., I, pp. 178-190.

Leprohon, Pierre, Cavelier de La Salle, fondateur de la Louisiane, Paris, André Bonne, Collection Grand documentaire illustré, 1984.

Leprohon, Pierre, Le destin tragique de Cavelier de La Salle, Paris, Nouvelles Éditions Debresse, 1969.

Muhlstein, Anka, Cavelier de La Salle, ou, L’homme qui offrit l’Amérique à Louis XIV, Paris, 1993. (Traduit en anglais par Willard Wood, La Salle : explorer of the North American frontier, New York, Arcade Publishing, 1994).

Osler, E[dmund] B[oyd], La Salle, Don Mills, Longmans Canada, 1967.

Viau, Roger, Cavelier de La Salle, Tours, Mame, Série Figures canadiennes, 1, 1960.


Jean Cadieux :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 68.

Green, Mary M., Cadieux, Toronto, Holt, Rinehart and Winston, 1971.

Grisé, Yolande, Des mots pour se connaître. Anthologie de textes littéraires franco-ontariens, Montréal, Éditions Fides, 1982. [Sur Cadieux, pp. 65-67].

Ouimet, Raymond, « La légende de Cadieux », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 6 avril 1998, p. 6.

Parisien-Bertrand, Gabrielle, « La légende de Cadieux », dans Le Chaînon, Ottawa, Société franco-ontarienne d’histoire et de généalogie, vol. 10, no 2, automne 1992, pp. 8-9.

Pichette, Jean-Pierre, Le répertoire ethnologique de l’Ontario français : Guide bibliographique et inventaire archivistique du folklore franco-ontarien, Préface de René Dionne, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, Collection Histoire littéraire du Québec et du Canada français, 1992.

Robert Potvin, « Cadieux : l’épopée d’un coureur de bois », dans Asticou, Hull, Société historique de l’Ouest du Québec, no 13, automne 1974, pp. 10-14.

Scott, Marc, Contes et récits de l’Outaouais, Buckingham/Plantagenet, Les Éditions du Chardon Bleu, 1996, pp. 65-72.

Taché, Joseph-Charles, Forestiers et voyageurs, Préface de Luc Lacourcière, Montréal, Éditions Fides, Collection du Nénuphar, 1975. [Sur Cadieux, pp. 134-142].


Antoine Laumet, dit de Lamothe Cadillac :

Boutonnet, Jean, Lamothe-Cadillac le gascon qui fonda Détroit : 1658-1730, [ville : ?], Guenegaud, 2001.

Burton, C.M., Cadillac’s village, Detroit, 1896; A sketch of the life of Antoine de la Mothe Cadillac, the founder of Detroit, Detroit, 1895.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 68.

Hivert-Carthew, Annick, Antoine de Lamothe Cadillac, le fondateur de Détroit, Collection Les grandes figures, Montréal, xyz éditeur, 1996.

Zoltvany, Yves F., « Antoine Laumet, sieur de Lamothe Cadillac », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. II, pp. 366-372.


Pierre Potier :

Almazan, Vincent, Français et Canadiens dans la région du Détroit aux XVIIe et XVIIIe siècles, Collection Documents historiques no 69, Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, 1979.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 290.

Halford, Peter W., Le français des Canadiens à la veille de la conquête. Témoignage du père Pierre-Philippe Potier, s.j., Préface de André Lapierre, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, Collection Amérique française, 1994.

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyzcynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Fides, 1989, pp. 1110-1111.

Toupin, Robert, Les écrits de Pierre Potier, Collection Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1996.

Toupin, Robert, « Pierre-Philippe Potier », dans Dictionnaire biographique du Canada, tome 4, 1980, pp. 692-693.


Elizabeth Bertrand :

Armour, David Arthur, « David Mitchell », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. VI, pp. 561-564.

Dufresne, Charles et al.,Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 50-51.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.


Jacques Baby :

Clarke, John, « James (Jacques) Baby », dans Dictionnaire biographique du Canada,
vol. VI, pp. 23-25.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 36.


Armand-François-Marie de Charbonnel :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 81.

Nicolson, Murray W., John S. Moir, « Armand-François-Marie de Charbonnel », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. XII, pp. 198-202.

Sylvestre, Paul-François, Les évêques franco-ontariens (1833-1986), Hull, Éditions Asticou, 1986, pp. 68-69.


Jos Montferrand :

Côté, Jean, Jos. Montferrand, le magnifique, Montréal, Éditions Québécor, réédition (de l’édition de 1980), 1994.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 250-251.

Goyer, Gérard et Jean Hamelin, « Jos Montferrand », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. IX, pp. 620-623.

Massicotte. Edmond-Zotique, Athlètes canadiens-français. Recueil des exploits de force, d’endurance, d’agilité, des athlètes et des sportsmen de notre race depuis le XVIIIe siècle. Biographies. Portraits. Anecdotes. Records. Montréal, Librairie Beauchemin, 1909.
[Sur Montferrand, voir pp. 77-90].


Montpetit, André-Napoléon, Nos hommes forts [...], Québec, 1884.

Pichette, Jean-Pierre, Répertoire ethnologique de l’Ontario français : Guide bibliographique et inventaire archivistique du folklore franco-ontarien, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, Collection Histoire littéraire du Québec et du Canada français, 1992, pages multiples.

Sulte, Benjamin, Histoire de Jos. Montferrand l’athlète canadien, Nouvelle édition ornée de nombreuses gravures [Montréal, C.O. Beauchemin, 1899]; édition antérieure : 1884. Collection Héritage du Québec, Montréal, Les Éditions de Montréal, Collection « Héritage du Québec », 1975.


Mgr J.-E.-Bruno Guigues :

Carrière, Gaston, Dictionnaire biographique des Oblats de Marie-Immaculée au Canada, Ottawa, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1977, tome II, pp. 123-124.

Carrière, Gaston, « Joseph-Bruno Guigues », dans Dictionnaire biographique du Canada,
vol. X, pp. 352-354.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 175.

Dionne, René, Anthologie de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours, tome 1 : les origines françaises (1610-1760), les origines franco-ontariennes (1760-1865), Sudbury, Prise de parole, Collection Histoire de la littérature franco-ontarienne, 1997, pp. 543- 553.

Gladu, Louis de Gonzague, Monseigneur J.E.B. Guigues, 1er évêque d'Ottawa : sa vie et ses œuvres, 1874.

Guindon, Roger, Coexistence difficile : La dualité linguistique à l'Université d'Ottawa,
volume 1 : 1848-1898
, Ottawa, Les Presses de l'Université d'Ottawa, 1989, pp. 11-17,
31-34, 50-54, 177-179.

Lamoureux, Georgette, Ottawa 1855-1876 et sa population canadienne-française, tome II, Ottawa, chez l'auteur, 1980, pp. 188-192.

Sylvestre, Paul-François, Les évêques franco-ontariens (1833-1986), Hull, Éditions Asticou, 1986, pp. 94-95.


J.-B. Turgeon :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française : francophonie nord-américaine hors Québec, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 371.

Pelletier, Jean Yves, Joseph-Balsora Turgeon (1810-1897), fondateur et premier président de l’Institut canadien-français d’Ottawa (1852) et premier maire canadien-français de Bytown (1853), Ottawa, chez l’auteur, 2002, 15 p.
 

Élisabeth Bruyère :

Bordeleau, Huguette et al., Élisabeth Bruyère. Femme à l'écoute, femme à l'œuvre, fondatrice des Sœurs de la Charité d'Ottawa (Sœurs Grises de la Croix), Collection « Les Grands moments de l'Église canadienne », [Italie], Éditions Sadifa-Media, 1987.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 65-66.

Dionne, René, Anthologie de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours, tome 1 : les origines françaises (1610-1760), les origines franco-ontariennes (1760-1865), Sudbury, Prise de parole, Collection Histoire de la littérature franco-ontarienne, 1997, pp. 554-573.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Lamirande, Émilien, Élisabeth Bruyère 1818-1876, fondatrice des Sœurs de la Charité d'Ottawa, Sœurs Grises, Saint-Laurent (Montréal), les Éditions Bellarmin, 1992.

Lettres d’Élisabeth Bruyère, présentées Jeanne d’Arc Lortie, vol. 1 : 1839-1849, Montréal, Éditions Paulines, 1989.

Lettres d’Élisabeth Bruyère, présentées par Jeanne d’Arc Lortie, vol. 2 : 1850-1856, Montréal, Éditions Paulines, 1992.

Sœur Paul-Émile (Louise Guay), « Bruyère (Bruguier), Élisabeth », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, pp. 116-117.

Sœur Paul-Émile (Louise Guay), « Élisabeth Bruyère », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. X, pp. 116-117.

Sœur Paul-Émile, Mère Élisabeth Bruyère et son œuvre : les Sœurs Grises de la Croix, tome I:, 184 Mouvement général, 1945-1876, préface de Son Éminence le Cardinal Rodrigue Villeneuve, Ottawa, Maison-Mère, 1945.


Napoléon-Antoine Belcourt :

Choquette, Robert, La foi gardienne de la langue en Ontario, 1900-1950, Montréal, Éditions Bellarmin, 1987, pp. 213-219.

Le Discours franco-ontarien : textes choisis et réunis par Paul-François Sylvestre à l'occasion du 75e anniversaire de l'ACFO, Ottawa, Les Éditions L'Interligne, 1985, pp. 23-30.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 45.

Fonds Napoléon-Antoine-Belcourt, P133, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa. (Guide des archives du CRCCF, p. 21).

Journal Le Droit, Ottawa, 8 août 1932, pp. 1-3, 5; 9 août 1932, pp. 1, 3, 4, 8;
10 août 1932, pp. 1-3.

Sylvestre, Paul-François, Nos parlementaires, Ottawa, Les Éditions L'Interligne, 1986, p. 81.


Almanda Walker-Marchand :

Brunet, Lucie, Almanda Walker-Marchand (1868-1949) : une féministe franco-ontarienne de la première heure, Ottawa, Les Éditions L'Interligne, 1992.

Desjardins, Micheline, Les femmes de la diaspora canadienne-française. Brève histoire de la FNFCF de 1914 à 1991, Ottawa, FNFCF, 1991.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 382.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.


Charles Charlebois :

Archives oblates (Deschâtelets), Ottawa (Ontario). Fonds Charles-Charlebois.

Carrière, Gaston, Dictionnaire biographique des Oblats de Marie-Immaculée au Canada, tome 1, Ottawa, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1976, pp. 184-185.

Choquette, Robert, La foi gardienne de la langue en Ontario, 1900-1950, Montréal, les Éditions Bellarmin, 1987, pp. 210-213.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 81-82.

Journal Le Droit, Ottawa, 5 octobre 1945, 28 mai 1955, 5 octobre 1970; journal Le Devoir, Montréal, 6 octobre 1945.


Les « Flying Frenchmen» - Jean-Baptiste Laviolette, Didier Pitre, Édouard Lalonde:

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 199, 208-209.

Ferguson, Bob, Who’s Who in Canadian Sport, Scarborough, Prentice-Hall, 1977; Toronto, Summerhill Press, 1985, pp. 142, 144, 198-199.

Jean, Sylvie, Nos athlètes, Ottawa, Les Éditions L’Interligne, 1990, pp. 92, 96-97, 106-107.

Mouton, Claude, Les Canadiens de Montréal. Une dynastie du hockey, Scarborough, Van Nostrand Reinhold, 1981.


Joseph-Marie Couture :

Lorenzo Cadieux, De l’aviron à l’avion : Joseph-Marie Couture, Montréal, Bellarmin, 1961. (Aussi paru sous le titre De l’aviron à l’avion, Joseph-Marie Couture, biographie populaire, Gatineau, Imprimerie Brisson, 1959.


Marie-Rose Turcot :

Bellerive, Georges, « Marie-Rose Turcot » dans Brèves Apologies de nos auteurs féminins, Québec, Garneau, 1920, pp. 128-129.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 369-370.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama. Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 111-112.

Gay, Paul, « Marie-Rose Turcot. Une grande dame marquée par les fées de sa jeunesse », dans Propos sur la littérature outaouaise et franco-ontarienne I. Introduction et choix de textes par René Dionne, Ottawa, Université d’Ottawa, « Documents de travail du Centre de recherche en civilisation canadienne-française » no 11, février 1978, pp. 48-50.

Hamel, Réginald, John Hare, Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 1314-1315.

Pichette, Jean-Pierre, Répertoire ethnologique de l’Ontario français : Guide bibliographique et inventaire archivistique du folklore franco-ontarien, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, Collection Histoire littéraire du Québec et du Canada français, 1992, pages multiples.


Gustave Lacasse :

Choquette, Robert, La foi gardienne de la langue en Ontario : 1900-1950, Montréal, Bellarmin, 1987, pp. 222-223.

Fonds Gustave-Lacasse, P37, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, pp. 141-143).

Lacasse, Maurice, Le lion de la Péninsule, Hull, chez l’auteur, 1975.

Lacasse, Maurice, Mistenflûte : souvenirs, Hull, chez l’auteur, 1979.


Diane et Béatrice Desloges :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 117.

Fonds Béatrice-Desloges, P266, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, p. 70).

Journal Le Droit, Ottawa, 16 août 1945, p. 12.

Journal Le Droit, Ottawa, 24 septembre 1957, p. 3.

Livre d'or de l'école Guigues, Ottawa, Section Notre-Dame de la Société Saint-Jean-Baptiste d'Ottawa, [1916].


Jeanne Lajoie :

Bizier, Hélène-Andrée, « Jeanne Lajoie, la pucelle de Pembroke », dans L’actualité, Montréal, 1er août 1990, pp. 59-60.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 198.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Longpré, Alfred, L’Éveil de la race : un épisode de la résistance franco-ontarienne, Pembroke, 1923-27, Préface de Victor Barrette, Ottawa, Éditions du Droit, 1930.

Bambo-Konghonzaud, Joël, « Jeanne Lajoie : l’expression d’une fierté », dans L’Orignal déchaîné, Sudbury, 30 mars 1994, p. 5.


Joseph Beaulieu :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 42.

Encyclopédie de la musique au Canada, Helmut Kallmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, Montréal, Fides, 1983, p. 66.

Fonds Joseph-Beaulieu, P40, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, p. 16).


Séraphin Marion :

Carrière, Fernan et al., Sur les pas de Séraphin Marion, Montréal, Service des transcriptions et dérivés de la radio, Société Radio-Canada, 1980.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 235-236.

Fonds Séraphin-Marion, P106, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, p. 167).

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 150-152.

Gay, Paul, Séraphin Marion : la vie et l'œuvre, Collection Visages, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, 1991.

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 943-944.

Lavoie, Eugène, Le Séraphin Marion de Paul Gay, dans LeDroit, Ottawa-Hull, 7 octobre 1991, p. 15.

Ressources franco-ontariennes 1978, [Lévesque, Gérard], Ottawa, Francophonie ontarienne, 1978, pp. 106-107.

« Séraphin Marion 1896-1983 » dans Bulletin des anciens, Université d'Ottawa, janvier 1984, vol. 34-1, p. 31.

Journal Le Droit, Ottawa, 30 novembre 1983, p. 2; 1er décembre 1983, p. 2.


Fulgence Charpentier :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française : francophonie nord-américaine hors Québec, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 82.

La revue Infomag, Ottawa, vol. 4, no 5, 2001.

Simard, François-Xavier, en collaboration avec Denyse Garneau, Fulgence Charpentier (1897-2001), La mémoire du siècle, Ottawa, Vermillon, 2004. (à paraître).


Florence Castonguay :

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d'intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Journal Le Droit, Ottawa, 11 décembre 1992, p. 34.


Robert Gauthier :

Barrette, Jean-Marc et Josée Therrien. Hommage aux Premiers Prix. Textes d’hommages, palmarès complet des Premiers Prix, textes composés par les lauréats et les lauréates du Concours provincial de français de l’Ontario, photographies, documents d’archives, Ottawa, Association des anciens de l’Université d’Ottawa, 1992.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 163-164.

Fonds Robert-Gauthier, P255, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, pp. 108-109).

Gauthier, Robert, Questions de langue, question de fierté, Vanier, Éditions L’Interligne, 1993.

Morin, Daniel, « 38 années au service des écoles françaises », dans Le Droit, Ottawa,
14 mai 1984; « Enseignement en français : tout change en 1927 » et « Des progrès par étapes », dans Le Droit, Ottawa, 14 mai 1984.

« Retrouvailles des anciens lauréats du concours de français », dans Le Droit, Ottawa,
17 janvier 1985, p. 40.

Sylvestre, Paul-François, Le Concours de français : une page d’histoire franco-ontarienne, Sudbury, Prise de parole, 1987, pp. 25-29; pp. 55-63.


Laure Rièse :

L’Express de Toronto, 26 octobre-1er novembre 1994.

Desjarlais-Heynneman, Mireille, « La production littéraire de Laure Rièse », dans L’Express de Toronto, 7-13 janvier 1992.

Rheault, Martine, « Laure Rièse : le Toronto français raconté à la première personne », dans
Le Métropolitain, Toronto, 23-29 novembre 1994, p. 12.

Thériault, Charles, « Laure Rièse : une vie consacrée au français », dans Le Droit, Ottawa,
19 avril 1989, p. 22.

The Toronto Star, March 30, 1996, p. A12.


Germain Lemieux :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 218.

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 52-53; pp. 114-115.

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 867-868.

Pichette, Jean-Pierre, « Germain Lemieux : La mémoire franco-ontarienne », dans Continuité, Québec, Conseil des monuments et des sites du Québec, numéro 63, 1995, pp. 40-43.

Pichette, Jean-Pierre (dir.), L’Oeuvre de Germain Lemieux, s.j., Bilan de l’ethnologie en Ontario français, Collection Ancrages, Sudbury, Prise de parole/Centre franco-ontarien de folklore, 1993.

Pichette, Jean-Pierre, Répertoire ethnologique de l’Ontario français : Guide bibliographique et inventaire archivistique du folkore franco-ontarien, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1992, pp. 61-66.

Sylvestre, Paul-François, Le répertoire des écrivains franco-ontariens, Sudbury, Prise de parole, 1987, pp. 57-58.


Claire Martin :

Fonds Claire-Martin, P16, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, p. 168).

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 952-953.
 

Albert Regimbal :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 304-305.


J.-Conrad Lavigne :

Collection J.-Conrad-Lavigne, P282, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, pp. 150-151).

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 208.

Lavigne, J.-Conrad, Tours de force, Vanier, Les Éditions L’Interligne, 1993.


Jean Éthier-Blais :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 138.

Dionne, René, Anthologie de la poésie franco-ontarienne, des origines à nos jours, Sudbury, Prise de parole, 1991, pp. 92-95.

Doré, Martin (dir.), Jean Éthier-Blais : Une vie en écriture, Montréal, Les Éditions Hurtubise HMH, 1997.

Éthier-Blais, Jean, Le choix de Jean Éthier-Blais dans son œuvre, Montréal, Guérin littérature, 1989.

Éthier-Blais, Jean, Dictionnaire de moi-même, Montréal, La Presse éditeur, 1976.
(Réédition : Montréal, Leméac, Poche Québec, 1987).

Éthier-Blais, Jean, Fragments d’une enfance, Montréal, Leméac, 1989.

Éthier-Blais, Jean, Le Seuil des vingt ans, Montréal, Leméac, 1992.

Gay, Paul, dans René Dionne, Propos sur la littérature outaouaise et franco-ontarienne, II, Ottawa, CRCCF/ÉUO, 1978, pp. 188-194.

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 41-42; pp. 153-154.

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 487-489.

« Jean Éthier-Blais déjoué par la mort », dans Le Devoir, Montréal, 13 décembre 1995, p. 1.

« L’écrivain Jean Éthier-Blais meurt à 70 ans », dans Le Droit, Ottawa-Hull, 14 décembre 1995, p. 27.

Rochon, Claude, « Jean Éthier-Blais : Jalons pour une biographie », dans Zone, [Outaouais], février 1998, p. 19.


Jeannine Séguin :

Comtois, Martin, « Financement des écoles francophones : Poursuite maintenue contre le ministère de l’Éducation », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 8 avril 1998.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 340.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Fonds Jeannine-Séguin, P289, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa. (Guide des archives du CRCCF, pp. 200-201).

Le Discours franco-ontarien : textes choisis et réunis par Paul-François Sylvestre à l’occasion du 75e anniversaire de l’ACFO, Ottawa, Les Éditions L’Interligne, 1985,
pp. 103-107.

« Merci à Jeannine Séguin », (signé Yves Breton), dans Le Droit, Ottawa, 12 décembre 1988,
p. 11.


Omer Deslauriers :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française : francophonie nord-américaine hors Québec, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 117.

Répertoire des ressources franco-ontariennes 1982, Ottawa, Francophonie ontarienne, pp. 81-82.

La revue Infomag, Ottawa, vol. 3, no 2.


André Paiement :

Dictionnaire de l’Amérique française  : francophonie nord-américaine hors Québec, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 273.

Fournier-Thibault, Micheline, André Paiement (1950-1978)  : avant tout un homme de son temps, Sudbury, Prise de parole en collaboration avec l’Institut franco-ontarien, 2004. Collection « Ancrages ». (à paraître).

Tremblay, Gaston, Prendre la parole, Le journal de bord du Grand CANO, Ottawa, Le Nordir, 1996, 331 p.


Jean Marc Dalpé :

Beaulne, Brigitte et al., Le répertoire du théâtre franco-ontarien, Ottawa, Théâtre Action, 1988.

Bousquet, « Robert, Les états généraux du théâtre franco-ontarien débutent : En quête d’une nouvelle vision du théâtre », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 18 mai 1991, p. 41.

Dalpé, Jean-Marc [sic], « Le théâtre, carrefour privilégié à l’heure de la prise de parole », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 27 mars 1990, p. 23.

Demers, Edgard, « Jean-Marc Dalpé [sic] au 15e Gala du Centre d’excellence De La Salle [sic] », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 10 avril 1998, p. 8.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 110.

Dionne, René, Anthologie de la poésie franco-ontarienne, Sudbury, Prise de parole, 1991,
pp. 154-159.

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 48-50.

« Jean-Marc Dalpé [sic] honoré par le Québec », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 15 mars 1997, p. 2.

O’Neill-Karch, Mariel, Théâtre franco-ontarien : espaces ludiques, Ottawa, Les Éditions L’Interligne, 1992, pp. 85-102; pp. 103-120; pp. 139-157.

« Jean-Marc Dalpé [sic] : Un brin de sa vie est porté à l’écran », dans Le Carillon, Hawkesbury, [s.d.?].

« Pour Le Chien, du théâtre franco-ontarien à la Steinbeck : Jean-Marc Dalpé [sic], prix du gouverneur-général! », dans L’Express de Toronto, semaine du 7 au 13 mars 1989.

Sylvestre, Paul-François, Le répertoire des écrivains franco-ontariens, Sudbury, Prise de parole, 1987, pp. 29-30.

Théâtre du Nouvel-Ontario, 20 ans, [en collaboration], Sudbury, Théâtre du Nouvel-Ontario, 1991.

Jean Marc Dalpé, 1957-

Étienne Morin, Le Droit, Ottawa, 1994. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Le Droit (C71), Ph92-10-941213JEA2

Tour à tour décrit comme le Michel Tremblay ou le John Steinbeck franco-ontarien, Jean Marc Dalpé a remporté le Prix du gouverneneur général en théâtre pour sa pièce Le Chien en 1989. La pièce a connu un grand succès partout où elle a été présentée par le Théâtre du Nouvel-Ontario, pièce vue dans plusieurs villes canadiennes et en France, notamment en français à Montréal comme en anglais à Toronto.

Prix du gouverneur général en 1989, né à Ottawa d’un père francophone et d’une mère anglophone, le dramaturge fait ses études d’art dramatique à l’école secondaire De-La-Salle d’Ottawa, à l’Université d’Ottawa et au Conservatoire de Québec. Ses premières expériences l’amènent à travailler avec l’Atelier d’Ottawa, la Comédie des deux rives, le Centre national des Arts et Théâtre-Action.

Jean Marc Dalpé s’est fait entendre sur les grandes scènes de l’Ontario français, que ce soit à la Nuit sur l’étang, au Festival franco-ontarien, à tfo, aux Contacts ontarois ou à l’antenne de la Société Radio-Canada. Comme un des membres fondateurs de la troupe de la Vieille 17, Jean Marc Dalpé est intimement associé à la démarche du théâtre engagé et railleur de la Vieille 17 et du Théâtre du Nouvel-Ontario.

Ses textes et son théâtre ont été présenté ici, comme au Québec et en France, ont été primées dans les milieux professionnels, scolaires et communautaires. Puis, par son écriture dramatique, Jean Marc Dalpé devient vite un pilier du théâtre franco-ontarien. Homme de la scène, il est aussi poète; le style de sa poésie se prête bien d’ailleurs au récital et au spectacle (comme en témoigne Cries et Blues, par exemple, son concert rock axé sur les textes de plusieurs poètes franco-ontariens tels que Patrice Desbiens et Robert Dickson, qui a soulevé l’enthousiasme de la critique.). Sa pièce Le Chien, une coproduction du Théâtre du Nouvel-Ontario et du Théâtre français du Centre national des Arts, créée à Sudbury le 24 février 1988 à la Caverne de Science Nord est son grand succès et sera présentée dans plusieurs villes canadiennes, de même qu’en France. Traduite, elle a même tenu l’affiche en anglais au théâtre Factory de Toronto et suscitera l’intérêt des Torontois, du 11 novembre au 4 décembre 1988. Le Chien obtiendra le Prix du gouverneur général, traduite en anglais.

Auteur de neuf œuvres, dont trois recueils de poésie, Les murs de nos villages, Gens d’ici, et Et d’ailleurs, il signe des pièces qui connaissent le succès : Hawkesbury Blues, Nickel avec Brigitte Haentjens, Les Rogers avec Robert Marinier et Robert Bellefeuille, Eddy (trad. angl. : In the Ring), Lucky Lady. Ces deux dernières ont été jouées au Stratford Festival.

Dalpé, dramaturge, poète et comédien, aura été un personnage marquant du théâtre franco-ontarien de Penetang à Sudbury en passant par Rockland et Hawkesbury, puis Toronto, pour aboutir à Montréal.

S’adressant aux participants des États généraux du théâtre franco-ontarien, tenue à l’Université d’Ottawa en mai 1991, Dalpé a affirmé : « Le voyage à faire effraie mais la réparation est à ce prix ».

Il obtient le prix du Nouvel-Ontario en 1992 puis, en 1997, il reçoit le prix Le Droit pour sa pièce Eddy et fut décoré la même année des insignes de l’Ordre des francophones d’Amérique.

Même si Jean Marc Dalpé est établi à Montréal depuis le début des années 1990, et qu’il s’est tenu loin des planches depuis huit années, il ne s’est jamais trop éloigné du théâtre; il a participé à des spectacles de poésie et musique, à des lectures publiques et aux Contes urbains du théâtre La Catapulte d’Ottawa. De plus, Dalpé assume la présidence d’honneur du Gala artistique De La Salle, à Ottawa, en mai 1998. En juin 1998, on a pu voir comme comédien dans la pièce Les Pieds dans les plats, à la ferme Lipial, de Ripon (Québec).

* * *

Né à Ottawa, Jean Marc Dalpé a fait ses études secondaires au Collège Saint-Alexandre (Limbour) et à l’école secondaire De-La-Salle (Ottawa); il a étudié le théâtre à l’Université d’Ottawa, au Conservatoire d’art dramatique de Québec et à Paris. Comédien, il a fait partie de plusieurs troupes et joué dans une trentaine de pièces. Dramaturge, il a composé Hawkesbury Blues (1982) et Nickel (1984) avec Brigitte Haentjens, les Rogers (1985) avec Robert Marinier et Robert Bellefeuille, puis Le Chien (1987, prix du Gouverneur général), qui fut un très grand succès.

Merveilleux poète oral, il a chanté, récité, déclamé et même joué ses poèmes avec séduction devant maints publics et en de multiples occasions. Des chansons jouent un rôle important à l’intérieur de ses deux premières pièces, en plus de les ouvrir et de les fermer. Les Murs de nos villages (1980), recueil de poèmes qui s’inspirent de la vie simple des ruraux, ont été portés à la scène. Les textes de Gens d’ici (1981) sont nés pour accompagner « une série de vignettes audio-visuelles produites par TVOntario et commanditées par l’A.C.F.O. »; ils disent, racontent ou chantent, avec force rhétorique, la grandeur et les misères du Franco-Ontarien d’hier et d’aujourd’hui. Et d’ailleurs (1984) est le fruit d’un itinéraire personnel qui a conduit le poète d’Ottawa à Sudbury, puis de New York à Paris, d’où il est revenu avec le goût irrésistible des entrailles d’ « icitte ».
Œuvres principales de J.M.Dalpé :

  • Les Murs de nos villages, Sudbury, Prise de parole, 1980.
  • Gens d’ici, Sudbury, Prise de parole, 1981.
  • Hawkesbury Blues, Sudbury, Prise de parole, 1982.
  • Et d’ailleurs (avec Brigitte Haentjens), Sudbury, Prise de parole, 1984.
  • Nickel, Sudbury, Prise de parole, 1984.
  • Les Rogers (en collaboration), Sudbury, Prise de parole, 1985.
  • Le Chien, Sudbury, Prise de parole, 1987.
  • Eddy, Montréal/Sudbury, Boréal/Prise de parole, 1994.
  • Lucky lady, Montréal, Boréal, 1995.
  • Un vent se lève qui éparpille, Sudbury, Prise de parole, 1999. (Trad. : Scattered in a rising wind, Burnaby, Talonbooks, 2003.)
  • Il n'y a que l'amour, Sudbury, Prise de parole, 1999.


Citations ou extraits de ses œuvres :

Voir René Dionne, Anthologie de la poésie franco-ontarienne : des origines à nos jours, Sudbury, Prise de parole, 1991, pp. 154-159.

Voir le message de Jean Marc Dalpé aux gens de théâtre et à tous ceux préoccupés par le rôle du théâtre en société, Journée mondiale du théâtre, 27 mars 1991.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Beaulne, Brigitte et al., Le répertoire du théâtre franco-ontarien, Ottawa, Théâtre Action, 1988.

Bousquet, « Robert, Les états généraux du théâtre franco-ontarien débutent : En quête d’une nouvelle vision du théâtre », dans Le Droit, Ottawa-Hull, 18 mai 1991, p. 41.

Dalpé, Jean-Marc [sic], « Le théâtre, carrefour privilégié à l’heure de la prise de parole », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 27 mars 1990, p. 23.

Demers, Edgard, « Jean-Marc Dalpé [sic] au 15e Gala du Centre d’excellence De La Salle [sic] », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 10 avril 1998, p. 8.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 110.

Dionne, René, Anthologie de la poésie franco-ontarienne, Sudbury, Prise de parole, 1991,
pp. 154-159.

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 48-50.

« Jean-Marc Dalpé [sic] honoré par le Québec », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 15 mars 1997, p. 2.

O’Neill-Karch, Mariel, Théâtre franco-ontarien : espaces ludiques, Ottawa, Les Éditions L’Interligne, 1992, pp. 85-102; pp. 103-120; pp. 139-157.

« Jean-Marc Dalpé [sic] : Un brin de sa vie est porté à l’écran », dans Le Carillon, Hawkesbury, [s.d.?].

« Pour Le Chien, du théâtre franco-ontarien à la Steinbeck : Jean-Marc Dalpé [sic], prix du gouverneur-général! », dans L’Express de Toronto, semaine du 7 au 13 mars 1989.

Sylvestre, Paul-François, Le répertoire des écrivains franco-ontariens, Sudbury, Prise de parole, 1987, pp. 29-30.

Théâtre du Nouvel-Ontario, 20 ans, [en collaboration], Sudbury, Théâtre du Nouvel-Ontario, 1991.

André Paiement (1950-1978)

Il est né à Sturgeon Falls le 28 juin 1950 et meurt à Sudbury le 23 janvier 1978. Il fait ses études primaires à Sturgeon Falls et secondaires à l’école secondaire de Sturgeon Falls et au Collège du Sacré-Cœur de Sudbury (1962-1966). Il poursuit ses études postsecondaires à l’Université Laurentienne de 1968 à 1972. À l’été de 1970, il fonde avec un groupe d’amis le Théâtre du Nouvel-Ontario. Une fondation a été créée en son honneur pour promouvoir le développement du théâtre en Ontario français.

* * *

Le nom d’André Paiement sera toujours intimement associé à l’essor de la création artistique dans le nord de l’Ontario. Natif de Sturgeon Falls, il s’initie aux pratiques théâtrales au Collège du Sacré-Cœur de Sudbury. À l’Université Laurentienne, où il s’inscrit à l’École des traducteurs, il se joint à la Troupe universitaire tout comme bien de ses amis qui constituent la dernière génération de collégiens. C’est l’époque de la « contre-culture », des cheveux longs, de la contestation. À Sudbury, dans un nouvel esprit de création, un groupe de « révolutionnaires sereins » désire valoriser leur expérience de minoritaires, de Franco-Ontariens. Avec les Robert Paquette, Pierre Germain et Gaston Tremblay, les Thérèse Boutin, Clarissa Lassaline, Denis St-Jules et Pierre Bélanger, et bien d’autres, André Paiement participe à la création collective Moé, j’viens du Nord, s’tie ! Le spectacle enchante les jeunes tout en rebutant plusieurs membres de l’establishment religieux et scolaire. C’était le début d’une véritable révolution culturelle en Ontario français.

Cette expérience collective sera à la base de toute la démarche artistique d’André Paiment. Il délaissera l’université pour se consacrer au théâtre et à la musique. Coup sur coup, la Coopérative des artistes du Nouvel-Ontario (CANO) et le Théâtre du Nouvel-Ontario seront créés; André est au cœur de ces initiatives déterminantes. Doué d’un charisme exceptionnel, travaillant avec l’intensité que ses proches connaissent si bien, il écrit et participe à la création de plusieurs pièces, dont Et le septième jour…, À mes fils bien-aimés, La vie et les temps de Médéric Boileau et Lavalléville (« comédie musicale franco-ontarienne »). Cette dernière remporte un grand succès et assure la consécration du dramaturge André Paiement ainsi que du TNO. Il signe ensuite une adaptation franco-ontarienne du Malade imaginaire de Molière, puis se lance corps et âme dans l’aventure de CANO-Musique. Un premier spectacle à La Slague en décembre 1975 sera suivi d’un contrat de disque pour le groupe. Coup sur coup, Tous dans l’même bateau et Au Nord de notre vie, ainsi que deux tournées nationales, portent CANO au sommets de la musique populaire; la chanson-titre du deuxième disque sera, selon une critique montréalaise, « une espèce de hymne national franco-ontarien ». En janvier 1978, après un spectacle triomphal au Grand Théâtre de Sudbury, André Paiement met fin à ses jours. Il n’a pas encore vingt-huit ans.

Il ne fait pas de doute, André Paiement est de ceux et de celles qui ont mis l’Ontario français au monde sur le plan artistique. Son rôle dans la création du Théâtre du Nouvel-Ontario a été crucial, au point où son ami Gaston Tremblay l’appelle, tout simplement, « le père du TNO ». André Paiement a laissé derrière lui une œuvre encore bien vivante, résolument contemporaine, et qui continue à être des plus pertinentes. Il a incarné cet esprit de fraternité et de collaboration qui a non seulement si bien servi les artistes de sa génération, mais qui demeure fondamental pour toute action concertée dans tous les milieux de la francophonie canadienne. Dramaturge, comédien, auteur-compositeur et musicien, il a été le compagnon de route d’un grand nombre d’artistes du théâtre et de la musique. Aujourd’hui disparu, son œuvre et son inspiration vivront à jamais.

Texte de Robert Dickson
(reproduit avec permission)

Orientation bibliographique sur André Paiement :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française  : francophonie nord-américaine hors Québec, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 273.

Fournier-Thibault, Micheline, André Paiement (1950-1978)  : avant tout un homme de son temps, Sudbury, Prise de parole en collaboration avec l’Institut franco-ontarien, 2004. Collection « Ancrages ». (à paraître).

Tremblay, Gaston, Prendre la parole, Le journal de bord du Grand CANO, Ottawa, Le Nordir, 1996, 331 p.

 

Source : http://www.canomusique.com
  André Paiement / Photo A&M Records, CANO © Marcel Aymar. Université d’Ottawa, CRCCF, Collection générale du Centre de recherche en civilisation canadienne-française (C38), Ph123-52-1détailA

 

Omer Deslauriers (1927-1999)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Association canadienne-française de l'Ontario (C2), Ph2-606

Il fait ses études primaires à l’école Saint-Joseph de Hawkesbury (1933-1940) et ses études secondaires à l’Académie De-La-Salle à Ottawa puis fait son École normale pour l’enseignement élémentaire à Ottawa en 1948. Il obtient son baccalauréat ès arts de l’Université d’Ottawa en 1953 et une maîtrise à l’Université du Latran à Rome en 1965.

Il entre chez les Frères des écoles chrétiennes dans les années 1940. Il enseigne à Hull (1947-1948), à l’école Brébeuf d’Ottawa (1949-1955), à l’Académie De-La-Salle d’Ottawa de 1955 à 1962 et de 1965 à 1968. Il est enseignant au Pavillon des 13e années en 1968-1969 et est directeur de l’Académie De-La-Salle en 1969-1970. De 1970 à 1974, il est directeur de l’école secondaire Champlain à Ottawa.

Retraité de l’enseignement, il s’installe à Toronto en 1975 où il est surintendant des programmes français à l’Office de la télévision éducative de l’Ontario. Il travaille ensuite à la fonction publique ontarienne comme conseiller au ministère des affaires intergouvernementales, sera nommé délégué général de l’Ontario auprès de la Communauté européenne à Bruxelles (1981-1985). Il prend sa retraite en 1987.

Il est membre du conseil d’administration de l’Association des Parents-Instituteurs de l’Ontario (1966-1971) et vice-président de l’Association canadienne d’éducation de langue française (1976). Il est tour à tour président de l’Association des enseignants franco-ontarien (1960-1961), président de l’Association des écoles secondaires privées franco-ontariennes (1965-1969), de l’Association canadienne-française de l’Ontario (1972-1974), du Conseil consultatif de langue française du Conseil d’éducation de Toronto (1977) et du Conseil des affaires franco-ontariennes (1975-1981).

Omer Deslauriers est un des principaux instigateurs de la fondation du Collège de technologie agricole et alimentaire d’Alfred, de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO) et de la Loi sur les services en français (loi 8) en 1986. Il est aussi le principal artisan de la création du Centre médico-social communautaire francophone de Toronto en 1989 et en assume la présidence pendant quelques années. Il fonde, en 1991, avec Claudia Lebeuf, le Regroupement des intervenant.e.s francophones en santé et services sociaux de l’Ontario (RIFSSSO).

Il est fait membre de l’Ordre du Canada en 1996, l’Ordre de la francophonie, l’Ordre du mérite franco-ontarien, des Chevaliers de Colomb, 4e degré, du Club Richelieu. Il a été nommé en 1997 Personnalité Richelieu International.

Le Centre d’accueil Héritage à Toronto nomme en son honneur le Pavillon Omer-Deslauriers tandis que l’Ordre du mérite franco-ontarien crée le Prix Omer-Deslauriers. En 1999, le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario rebaptise l’école secondaire Champlain en la nommant l’école secondaire publique Deslauriers.

En septembre 2000, à titre posthume, le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud à Toronto nomme son siège social « Le centre d’éducation catholique Omer-Deslauriers ».

Né à Hawkesbury le 21 septembre 1927, il meurt à Toronto le 11 avril 1999 à l’âge de 72 ans. Il est l’époux de Norah Paquette.

Citation :

« Lorsque l’Ontario occupera pleinement sa place au sein de la francophonie internationale, il faudra se rappeler le travail de pionnier qu’a fait Omer Deslauriers, notamment auprès de l’Agence de coopération culturelle et technique et des Sommets de la francophonie. »

    Me Gérard Lévesque, directeur général de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario, avril 1999.

Orientation bibliographique sur Omer Deslauriers :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française : francophonie nord-américaine hors Québec, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 117.

Répertoire des ressources franco-ontariennes 1982, Ottawa, Francophonie ontarienne, pp. 81-82.

La revue Infomag, Ottawa, vol. 3, no 2.

Jeannine Séguin (1928-1999)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Les Éditions L'Interligne (C86), Ph167-22

Institutrice dévouée, animatrice innée, organisatrice chevronnée, Jeannine Séguin fut tour à tour présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) et de la Fédération des francophones hors Québec (FFHQ).

Née à Alexandria, Jeannine Séguin s’est distinguée par son dévouement à la cause des francophones au sein d’associations professionnelles et communautaires d’envergure locale, provinciale et nationale. Diplômée de l’École normale de l’Université d’Ottawa, elle enseigne à Bonfield, à Alexandria et à Lancaster. Elle obtient en 1959 un baccalauréat ès arts de l’Université d’Ottawa. À partir de 1960, on la retrouve dans les écoles secondaires Saint-Laurent et Général-Vanier de Cornwall. En 1969, elle devient titulaire d’une maîtrise en éducation et obtient six ans plus tard un brevet de surintendante. Elle a depuis terminé sa scolarité de doctorat.

De 1973 à 1980, Jeannine Séguin est directrice de l’école secondaire Saint-Laurent, une école bilingue qui devient, sous son égide et à la suite d’une lutte acharnée, l’école secondaire La Citadelle, une école de langue française. À partir de 1982, elle agit comme consultante en éducation de langue française.

Ses activités bénévoles sont innombrables. De secrétaire et présidente de diverses unités pédagogiques au sein de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, elle en devient la présidente régionale puis la présidente provinciale en 1973-1974. Membre du Bureau des gouverneurs de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, elle siège pendant sept ans au Conseil supérieur des écoles de langue française et préside l’Association du développement du curriculum de l’Ontario.

Élue à la présidence de l’Association canadienne-française de l’Ontario en 1978, elle est une partisane dévouée de la cause culturelle, éducative et politique des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens. À titre de présidente de la Fédération des francophones hors Québec de 1980 à 1983, elle défend avec conviction les droits des communautés francophones.

Sur le plan régional, Jeannine Séguin s’associe à la fondation de la Caisse populaire d’Alexandria et de la paroisse Sainte-Marie de Green Valley. De 1982 à 1991, elle siège comme conseillère scolaire au Conseil des écoles séparées catholiques des comtés de Stormont, Dundas et Glengary. Présidente-fondatrice de la Clinique juridique populaire, elle est également l’âme dirigeante de Proaction, un regroupement visant à élargir, rassembler et promouvoir des institutions à l’intention des francophones de ces trois comtés.

En 1962, elle reçoit de Sa Sainteté Jean XXIII la décoration « bene merenti » en reconnaissance de sa participation aux organismes éducatifs et religieux de son diocèse. Son engagement, son expertise et sa compétence ont maintes fois servi les Franco-Ontariens, notamment lors des crises scolaires de Cornwall et de Penetanguishene.

En 1989, elle se joint à deux autres personnes de sa région (Cornwall, Crysler et Maxville) pour entamer une poursuite judiciaire contre le gouvernement de l’Ontario, afin d’obtenir la gestion des écoles et un financement équitable en matière d’éducation pour les francophones (Séguin-Bourgeois-Landry).

Elle meurt à Cornwall à l'âge de 71 ans, le 23 novembre 1999.

Citations :

« (...) Devant les menaces de divisions qui pèsent aujourd’hui sur la société et même sur les organismes volontaires - on pourrait ajouter sur les provinces - la communauté franco-ontarienne se doit pour réussir, d’apporter un témoignage de collaboration et d’unité. L’idée n’est pas nouvelle, elle date du créateur et elle a été savamment exprimée par Saint-Exupéry quand il invite les hommes à considérer les choses qui les unissent plutôt que celles qui les divisent. »
        (J. Séguin, témoignage de fin de mandat au congrès de l’ACFO,
        26 septembre 1980, tiré de Paul-François Sylvestre, Le Discours franco-ontarien, Ottawa, Éditions L’Interligne, 1985).

« (...) Malgré nos divergences quant aux moyens d’action, nous devons tous nous rappeler que nous devons agir en fonction du bien commun de la population franco-ontarienne. Nous devons profiter de nos assemblées pour refaire notre unité et raffermir notre conviction. Travaillons ensemble et nous aurons droit au respect de nos interlocuteurs et à la reconnaissance de nos compatriotes. »
        (Ibid.).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Comtois, Martin, « Financement des écoles francophones : Poursuite maintenue contre le ministère de l’Éducation », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 8 avril 1998.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 340.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Fonds Jeannine-Séguin, P289, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa. (Guide des archives du CRCCF, pp. 200-201).

Le Discours franco-ontarien : textes choisis et réunis par Paul-François Sylvestre à l’occasion du 75e anniversaire de l’ACFO, Ottawa, Les Éditions L’Interligne, 1985,
pp. 103-107.

« Merci à Jeannine Séguin », (signé Yves Breton), dans Le Droit, Ottawa, 12 décembre 1988, p. 11.

Jean Éthier-Blais (1925-1995)

Jean Éthier-Blais / Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Gabrielle-Poulin-et-René-Dionne (P177), Ph119-3

Éthier-Blais est un homme de culture; par ses nombreuses lectures, ses voyages, ses fréquentations intellectuelles, ses réflexions sur l’histoire et sur la condition humaine, il atteint un impressionnant niveau de connaissances. La fierté que le souverainiste québécois tirait de ses origines franco-ontariennes (naissance à Sturgeon Falls et études chez les jésuites du Collège du Sacré-Cœur de Sudbury) était bien connue.

Né Jean-Guy Blais, à Sturgeon Falls le 15 novembre 1925, il a fait son cours classique au Collège du Sacré-Cœur de Sudbury et des études en lettres à l’Université de Montréal; il a suivi des cours à l’École normale supérieure de Paris et à et à l’Université de Munich et a préparé un doctorat ès lettres à l’Université Laval. Il opte pour la carrière diplomatique. Entré au service du Ministère des affaires extérieures pendant quelques années, il a été en poste à Paris, Varsovie et Hanoï, avant de devenir professeur de lettres aux universités Carleton et McGill. Il a fait sa marque comme écrivain et critique littéraire. Le respecté et redouté critique littéraire signe une chronique dans Le Devoir, pendant plus de vingt ans, entre 1960 et 1989. Il a réuni une partie de ses articles dans Signets (3 vol., 1967, 1967 et 1973). Il a publié deux essais (Dictionnaire de moi-même, 1976); Autour de Borduas, 1979), un récit de voyage culturel (Voyage d’hiver, 1986), trois recueils de nouvelles (le Manteau de Rubén Darío, 1974; le Désert blanc, 1986; le Christ de Brioude, 1990), trois romans (Mater Europa, 1968; les Pays étrangers, 1982; Entre toutes les femmes, 1988) et des mémoires (Fragments d’une enfance, 1989 et Le Seuil des vingt ans, 1992).

Doué d’une intelligence exceptionnelle, il jouit d’une culture littéraire et historique, d’une érudition phénoménale et maîtrise plusieurs langues, dont l’allemand et l’italien. Montréalais, il partage son temps entre la métropole et l’Europe. Entre les années 1970 et 1997, il passe ses mois d’été dans sa deuxième maison, en Tunisie.


* * *

Il meurt subitement à Montréal, à l'âge de 70 ans, le 12 décembre 1995, devant le Consulat de Pologne, où on s'apprêtait à souligner les liens qui l'unissaient au peuple polonais.

Œuvres principales de J. É.-Blais :

Signets I, II et III, Montréal, Cercle du livre de France, 1967, 1967 et 1973.
Mater Europa, Paris, Éditions Bernard Grasset, 1968.
Ozias Leduc et Paul-Émile Borduas, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1973.
La Manteau de Rubén Dario. Nouvelles, Montréal, HMH, 1974.
Dictionnaire de moi-même, Montréal, Éditions La Presse, 1976.
Les Pays étrangers, Montréal, Leméac, 1982.
Le Désert blanc, Montréal, Leméac, 1987.
Entre toute les femmes, Montréal, Leméac, 1988.
Fragments d’une enfance, Montréal, Leméac, 1989.
Le Christ de Brioude, Montréal, Leméac, 1990.
Le Seuil des vingt ans, Montréal, Leméac, 1992.
Le Siècle de l’abbé; Groulx (Signets IV), Montréal, Leméac, 1993.
Minuit Chrétiens, Montréal, Leméac, 1994.

Citations :

Voir les extraits dans René Dionne, Littératures outaouaises et franco-ontarienne, et Martin Doré (dir.), Jean Éthier-Blais : une vie en écriture, Montréal, Hurtubise HMH, 1997.

Il faut lire la poésie de Jean Éthier-Blais comme un long voyage de soi à soi, par les chemins du songe, au-dessus de la cohue humaine. Asies (1969) est une quête d’amour sous le ciel d’une mère « Orient » de rêve que la réalité évide peu à peu, et c’est le retour à la maison du père « Occident ». Quand ce voyageur, devenu Narcisse dans Petits Poèmes presque en prose (1978), poursuit son exploration en se mirant dans les eaux de sa jeunesse et de son enfance familiale, c’est la mort qu’il aperçoit. Suit un mouvement intime de retour vers l’Unique de son enfance dans le Prince Dieu (1984). Retiré en lui-même, visionnant le monde qu’il a traversé loin de son Prince qui habita un jour parmi les humains et près de lui, le fils constate et confesse que, en s’exilant de songe en songe malgré les appels incessants du Réel, il a causé l’éloignement de ce Prince; son récit de vie terminé, il attend, abandonné à ses regrets en l’absence de tout printemps à venir, que se referment sur lui les eaux des origines.

    (Tiré du Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, 1989).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 138.

Dionne, René, Anthologie de la poésie franco-ontarienne, des origines à nos jours, Sudbury, Prise de parole, 1991, pp. 92-95.

Doré, Martin (dir.), Jean Éthier-Blais : Une vie en écriture, Montréal, Les Éditions Hurtubise HMH, 1997.

Éthier-Blais, Jean, Le choix de Jean Éthier-Blais dans son œuvre, Montréal, Guérin littérature, 1989.

Éthier-Blais, Jean, Dictionnaire de moi-même, Montréal, La Presse éditeur, 1976.
(Réédition : Montréal, Leméac, Poche Québec, 1987).

Éthier-Blais, Jean, Fragments d’une enfance, Montréal, Leméac, 1989.

Éthier-Blais, Jean, Le Seuil des vingt ans, Montréal, Leméac, 1992.

Gay, Paul, dans René Dionne, Propos sur la littérature outaouaise et franco-ontarienne, II, Ottawa, CRCCF/ÉUO, 1978, pp. 188-194.

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 41-42; pp. 153-154.

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 487-489.

« Jean Éthier-Blais déjoué par la mort », dans Le Devoir, Montréal, 13 décembre 1995, p. 1.

« L’écrivain Jean Éthier-Blais meurt à 70 ans », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 14 décembre 1995, p. 27.

Rochon, Claude, « Jean Éthier-Blais : Jalons pour une biographie », dans Zone, [Outaouais], février 1998, p. 19.

Jean-Marc Poliquin, 1924-1982

Photo : Archives personnelles de Madame Annette Poliquin.

Fils d'Elphège Poliquin et de Gertrude Hould, Jean-Marc Poliquin est né à Sainte-Angèle-de-Laval (Nicolet, Québec) le 17 mars 1924 dans une famille de seize enfants. Il fait ses études au Petit séminaire (juniorat) de Chambly et à l'Université d'Ottawa. Étudiant très brillant, particulièrement doué pour les langues, Jean-Marc Poliquin parle couramment quatre ou cinq langues, dont l'allemand et l'hébreu.

Sa carrière commence au Sénat et à la Chambre des communes où il est traducteur entre 1948 à 1958. En 1955 il collabore une première fois au journal Le Droit, puis il est journaliste, directeur de la page littéraire et rédacteur au quotidien Le Droit de 1958 à 1960.

Après un bref passage comme chef de cabinet de l'honorable Noël Dorion, Secrétaire d'État dans le cabinet Diefenbaker, il retourne à la carrière de journaliste au Nouveau Journal de Montréal en 1961-1962. Il est chroniqueur politique à Radio-Canada de 1964 à 1976, a été correspondant pour la Société Radio-Canada à Paris, et ensuite rédacteur pour Le Soleil et à l'Action de Québec en 1976-1977.

Associé au service Édimédia, ses nombreux textes sont reproduits dans plusieurs journaux français. De 1977 à 1978 il devient pigiste puis se retrouve animateur de l'émission télévisée La Semaine parlementaire à Radio-Canada de 1978 à 1982.

Jean-Marc Poliquin a contribué à la publication de cinq livres en tant que traducteur ou rédacteur français, sur des sujets variés, notamment sur Lester B. Pearson, le Parlement canadien, la littérature anglaise et le centenaire du Canada (Canada 67/Expo 67). Par ailleurs, il est professeur à l'Université d'Ottawa et préside, en 1977, le Comité consultatif de langue française au Conseil scolaire d'Ottawa. En 1981-1982, il est un membre fondateur de la Société franco-ontarienne d'histoire et de généalogie.

Marié à Annette Paris, il est le père de sept enfants. Un de ses fils, Daniel, a pris la plume au début des années 80 et connaît un grand succès littéraire, tant en Ontario qu’au Québec, dans les années 1990.

Jean-Marc Poliquin meurt à Ottawa à l'âge de 58 ans le 12 novembre 1982.

Citation :

« L'homme était droit et honnête. Formé à la philosophie et aux lettres, qu'il enseigna d'ailleurs à l'université, il était de ceux qui s'attachent à dépasser la superficialité de la vie publique des personnes qui font l'événement pour chercher leur vérité première. Chrétien profond, il savait aussi découvrir des filons d'espoir sous la terre parfois aride de notre histoire déroutante. Bref, Jean-Marc Poliquin était plus qu'un observateur de la chose publique, il y discernait à sa manière une signification, un sens qui échappent trop souvent aux gens pressés. »

    Pierre Tremblay, éditorialiste, Le Droit, novembre 1982.

« On sait qu'il a servi -- en plus d'avoir eu une carrière de journaliste -- dans l'administration de la chose publique, au fédéral. Il a également été président de la Tribune de la presse. On le disait très hospitalier pour tous ceux et celles qui le visitaient à Ottawa, en particulier pour ses concitoyens et concitoyennes de sa communauté linguistique. Les Canadiens français qui se retrouvaient à Ottawa étaient fort bien reçus. Celui que certains de ses amis, semble-t-il, appelaient, très amicalement, M. le Sénateur, à cause de sa grande connaissance de l'institution parlementaire fédérale, personnifiait -- je parle en tant que consommateur de nouvelles et d'émissions d'intérêt public -- l'assurance, la solidité, l'esprit aussi. »

    Fernand Lalonde, député, Assemblée nationale du Québec, 16 novembre 1982.

« C'était un homme d'une rare intelligence, mais aussi un homme d'une rare simplicité. La conscience professionnelle de Jean-Marc Poiliquin a été façonnée par plusieures années de métier, d'un métier très exigeant pour peu qu'on ait le souci de l'excellence comme il l'avait. Il avait, je pense, cette qualité essentielle, pour un journaliste, de faire la distinction entre l'information et le commentaire.  »

    Richard Guay, député, Assemblée nationale du Québec, 16 novembre 1982.

Orientation bibliographique :

DEMERS, Edgard, « Jean-Marc Poliquin : Un sens de l'humour rare », Le Droit, novembre 1982.

GRATTON, Michel, « Poliquin : bien plus qu'un collègue », Le Droit, novembre 1982.

POLIQUIN, Daniel, « Le décès d'un juste », Le Droit, 13 novembre 1982.

POLIQUIN, Daniel, « Le père chez nous », La Presse, vers 2002 (?).

J.-Conrad Lavigne (1916-2003)

Photo tirée de l'Ordre du Mérite de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Vers 1980.
Illustration de la page couverture tirée de J. Conrad Lavigne, Tours de force, Vanier, L'Interligne, 1993. Portrait de l'artiste-peintre Bernard Aimé Poulin.

En 1965, J.-Conrad Lavigne inscrit son nom dans l’histoire lorsqu’il réussit à mettre en opération la plus grande compagnie de télévision privée au monde.

Alors qu’il est encore enfant, sa famille s’installe à Cochrane (Ontario), où il fait ses études. Il exploite pendant quelque temps un petit commerce de boucherie, puis s’engage dans l’armée en 1942. Combattant en Europe, il revient au Canada en 1946 avec le grade de capitaine. Peu après, il s’établit à Kirkland Lake où il achète un hôtel.

Pendant quelques années il prépare secrètement un dossier pour obtenir un permis pour ouvrir un poste de radio bilingue dans le nord de l’Ontario. C’est en 1952, qu’il obtient à Timmins, où il a désormais élu domicile, le premier permis pour un poste de radio francophone à l’extérieur du Québec : CFCL-AM; et en 1956, un permis pour opérer un premier poste de télévision bilingue à Timmins : CFCL-TV. Le poste de télévision CFCL télévision voit le jour le 1er juillet 1956.

Dans les années qui suivent, il met sur pied un réseau de télédiffusion, Mid-Canada, dont il est le propriétaire (1955-1980) et qui s’étend à tout le nord-est ontarien : Sudbury, CKNC-TV (1970); North Bay, CHND-TV (1970); Elliot Lake, CKXC-TV (1970). À ces postes s’ajoutent, en 1977, Pembroke, CHRO-TV-5 et Ottawa, CHRA-TV-5. Reconnu comme l’un des pionniers de la radiodiffusion au Canada, il reçoit en 1983 un doctorat honoris causa de l’Université Laurentienne de Sudbury afin de souligner son dévouement dans le développement des communications. Ancien président de l’Association canadienne des télédiffuseurs de langue française canadienne (ACRTF), il reçoit en 1983 l’Ordre du Canada.

À la fin des années 70, Mid-Canada Communications (Canada) Corporation compte 10 postes de radio et de télévision : CFCL-AM, CFCL et CITO, à Timmins, CKNC et CICI, à Sudbury, CHNB et CKNY, à North Bay, CHRO-AM et CHRO, à Pembroke, et CHRO, à Ottawa.

Marié à Jeanne Canie, il est le père de sept enfants.

Né à Chénéville le 2 novembre 1916.

Il meurt à Timmins le 16 avril 2003 à l'âge de 86 ans.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Collection J.-Conrad-Lavigne, P282, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, pp. 150-151).

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 208.

Lavigne, J. Conrad, Tours de force, Vanier, Les Éditions L’Interligne, 1993.

Albert Regimbal (1915-1980)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Association canadienne-française de l'Ontario (C2), Ph2-630

Premier promoteur des Jeunesses musicales dans le nord de l’Ontario, il se dépense sans compter pour la promotion de la culture française. Fondateur et directeur général du Centre des jeunes de Sudbury (1950-1980), du camp d’été de l’île-aux-Chênes à Lavigne (1963-1980), Albert Regimbal est reconnu comme étant le pionnier et le fondateur des centres culturels en Ontario français. En 1985, l’Assemblée des centres culturels de l’Ontario institue en son honneur l’Ordre du mérite Albert-Regimbal pour récompenser ceux qui, comme lui, ont à cœur l’épanouissement culturel franco-ontarien dans leur région.

Issu d’une famille de treize enfants, Albert Regimbal est élevé à North Bay (Ontario) et à Sudbury. Prêtre jésuite et animateur culturel, Albert Regimbal fait ses études au Collège du Sacré-Coeur à Sudbury puis étudie à l’Université de Montréal et à la Faculté de théologie des Jésuites. Ordonné prêtre jésuite en 1948, il est d’abord curé à la paroisse Sainte-Anne de Sudbury. En outre, il est membre-fondateur et vice-président du Comité des droits de L’homme de Sudbury, membre-fondateur et vice-président de l’Association canadienne des centres de loisirs (1962).

Issu d'une famille de treize enfants, Albert Regimbal, né à Sudbury le 7 septembre 1915, est le fils de Dona-Léo et d'Emma Frappier. Il meurt à Sudbury le 17 juillet 1980.

Citations :

Voir le fonds Albert-Regimbal, Institut franco-ontarien, Université Laurentienne,. Sudbury; ou, le Carrefour francophone de Sudbury, centre qu’il a fondé (anciennement le Centre des Jeunes).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 304-305.

Gaudreau, Guy (dir.), Du Centre des jeunes au Carrefour francophone, Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, 1992.

Voir le fonds Albert-Regimbal, Institut franco-ontarien, Université Laurentienne.

Claire Martin, 1914-

Claire Martin / .Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Livres et auteurs québécois (C14), Ph30-M18

Auteure et traductrice, Claire Martin, née Claire Montreuil, a écrit un recueil de nouvelles, deux romans, un récit de mémoires et une pièce de théâtre. Elle a également traduit plusieurs œuvres canadiennes-anglaises.

Née à Québec en 1914, elle fait ses études au Couvent des Ursulines de Québec de 1920 à 1925, puis chez les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame de Beauport de 1925 à 1930. Secrétaire et speakerine au poste CKCV de Québec en 1941, elle passe à CBV (Radio-Canada. Québec) en 1944, puis à CBF (Radio-Canada, Montréal).

Elle épouse Roland Faucher en 1945 et s’installe à Ottawa la même année. Vers la fin des années 50, elle se consacre à l’écriture et les écrits qu’elle publie en douze ans la consacre comme l’un des écrivains marquants de sa génération. Plusieurs de ses ouvrages sont couronnés par la critique : Avec ou sans amour a reçu le prix du Cercle du livre de France en 1958, Dans un gant de fer, les prix de la Province de Québec et de France-Québec en 1965, et, La Joue droite, celui du Gouverneur général en 1967.

Présidente de la Société des écrivains canadiens en 1963-1965, elle est membre de la Société des gens de lettres, du P.E.N. International, membre à vie de la Société des écrivaines et des écrivains québécois et de la Société québécoise des professeurs de français. Membre de la Société royale du Canada en 1967, elle reçoit la médaille de la reine Élisabeth II en 1977. Depuis 1984, elle est officier de l’Ordre du Canada.

De 1972 à 1982, elle vit en France où elle s’occupe de traduction; ainsi, elle fait connaître les livres des romanciers canadiens-anglais, notamment ceux de Margaret Laurence et de Robertson Davies. De retour au Canada en 1982, elle s’établit à Québec.

Œuvres principales de C. Martin :

  • Avec ou sans amour, Montréal, Cercle du livre de France, 1958.
  • Doux-amer, Paris, Robert Laffont, 1960.
  • Quand j’aurai payé ton visage, Montréal, Cercle du livre de France, 1962.
  • Dans un gant de fer, Montréal, Cercle du livre de France, 1965.
  • Les Morts, Montréal, Cercle du livre de France, 1970.
  • La petite fille lit, Ottawa, Éditions de l'Université d'Ottawa,1973.
  • Toute la vie, Québec, L'Instant même, 1999.
  • L'amour impuni, Québec, L'Instant même, 2000.
  • La brigande, Québec, L'Instant même, 2001.
  • Il s'appelait Thomas, Québec, L'Instant même, 2003.


Citations :

« Dans un gant de fer, mémoires que Gilles Marcotte appelle « le plus riche » des livres de Claire Martin, est un événement littéraire par la qualité de l’ouvrage et sa valeur représentative. L’œuvre provoque de la controverse qui force plus d’un critique à repenser son rôle. Tous s’entendent cependant pour reconnaître à l’écrivain des dons d’observation perspicace, la finesse de l’humour, de belles pages de poésie, l’élégance et la précision du style, et toujours la maîtrise parfaite de la langue ». (Cité dans le Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Fides, 1989, p. 953).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Fonds Claire-Martin, P16, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, p. 168).

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 952-953.

Germain Lemieux (1914-2008)

Né le 5 janvier 1914, à Cap-Chat, en Gaspésie, Germain Lemieux, chercheur, professeur, folkloriste, ethnologue, voire sculpteur et conteur, aime à se définir comme un touche-à-tout. Mais s’il fallait convenir d’une appellation pour cerner le personnage, ce serait « gardien de la mémoire franco-ontarienne ». Près de 50 années passées à sauver cette mémoire donnent au travail de ce pionnier la valeur de l’exemple : à travers la francophonie, son œuvre fait figure de référence. Infatigable défenseur de la culture terrienne, de source (souche) paysanne lui-même, Germain Lemieux s’est appliqué depuis 1948 à enregistrer, chez les paysans, des milliers de textes folkloriques, contes, légendes et chansons, qu’il a entrepris de faire connaître aux lettrés et aux étudiants.

Les contes et les chansons recueillis sont publiés dans la magnifique série Les Vieux m’ont conté, qui regroupe trente-trois volumes publiés entre 1973 et 1993. La qualité de ses travaux a été reconnue par plusieurs universités qui lui ont remis des doctorats honorifiques. Les efforts du « père Lemieux », comme l’appelle ses amis, seront maintes fois reconnus et récompensés par des prix, des médailles et des diplômes honorifiques tant au Canada qu’à l’étranger (France).

Originaire de Cap-Chat, marqué très tôt par sa Gaspésie natale, Germain Lemieux voulait se faire marin mais son avenir allait être tout autre. Il est élevé au sein d’une famille de 12 enfants, et est, dès son enfance, captivé par les histoires que racontent ses aînés. Après des études au Séminaire de Gaspé, il décide d’entrer chez les Jésuites en 1935 pour poursuivre une carrière dans l’enseignement. Ordonné prêtre en 1937, il est professeur au Collège du Sacré-Cœur de Sudbury, à l’Université Laurentienne, à l’Université Laval et à l’Université de Sudbury.

Incidemment, avec son arrivée en Ontario en 1941 commence sa longue carrière dans les études de folklore. C’est en enseignant la civilisation grecque au Collège du Sacré-Cœur de Sudbury, dans les années 1940, qu’il retrouve des similitudes entre la tradition orale canadienne-française et les mythes grecs. Germain Lemieux commence à enquêter en 1948 sous l’égide de la Société historique du Nouvel-Ontario. Le premier but était donc d’enregistrer des contes et des chansons. Vient plus tard l’idée de publier les résultats. Ses enquêtes folkloriques -- son aire de recherche -- l’emmènent en Gaspésie, dans la vallée de la Matapédia, au Nouveau-Brunswick, en Ontario et dans les environs de Saint-Boniface au Manitoba.

Pendant une trentaine d’années, il a sillonné les campagnes canadiennes pour colliger la tradition orale des ancêtres afin qu’elle ne soit pas perdue dans la nuit des temps. Germain Lemieux va de village en village, de maison en maison, pour enregistrer les documents oraux conservés dans la mémoire prodigieuse des aînés. En tout, il a receuilli plus de 1 000 versions de contes et de légendes, de même que 5 000 versions de chansons folkloriques.

Dans les années 1950, il obtient sa maîtrise en histoire, suivi d’un doctorat en études canadiennes. Il fonde l’Institut de folklore de l’Université de Sudbury en 1960, le département de folklore de la même université et, par la suite, le Centre franco-ontarien de folklore en 1972.

Docteur en études canadiennes, il publie, de 1973 à 1993 les 33 volumes de la collection Les vieux m’ont conté ainsi que plusieurs autres ouvrages dont La vie paysane et de nombreux articles sur le folklore. Son œuvre a donné lieu à un colloque tenu à l’Université de Sudbury en 1991 pour célébrer le cinquantième anniversaire de sa carrière franco-ontarienne. Le département de folklore de l’Université de Sudbury et le Centre franco-ontarien de folklore -- le troisième en importance en Amérique du Nord -- ont organisé un colloque soulignant les 50 années de recherches du père Lemieux en Ontario. Une fête est organisée en septembre 1998 pour souligner le cinquantième de sa première entrevue dans le nord de l’Ontario le 12 septembre 1948.

Œuvres principales de G. Lemieux :

  • Folklore franco-ontarien, chansons, I et II, Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, 1949 et 1950.
  • Contes populaires franco-ontariens, I et II, Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, 1953 et 1958.
  • De Sumer au Canada français. Sur les ailes de la tradition, Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, 1968.
  • Les Jongleurs du billochet. Conteurs et contes franco-ontariens, Montréal/Paris, Bellarmin/Maisonneuve et Larose, 1972.
  • Les Vieux m’ont conté, Montréal/Paris, Bellarmin/Maisonneuve et Larose, 1973-1993, 33 volumes.
  • Chansonnier franco-ontarien, I et II, Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario/Centre franco-ontarien de folklore, 1974 et 1975.
  • Contes de mon pays, Montréal, Éditions Héritage, 1976.
  • Le Four de glaise, Laval/Sudbury, Les Éditions FM/Priase de parole, 1981.
  • La Vie paysanne, 1860-1900, Laval/Sudbury, Les Éditions FM/Prise de parole, 1982.


Citations du père Lemieux :

« On découvre dans les contes et légendes d’ici (Ontario) et dans les mythes grecs des choses identiques. Qu’on pense, par exemple, à Ti-Jean qui, comme Hercule dans le mythe d’Augias, doit nettoyer les écuries du roi. »

« Nos paysans, supposément analphabètes, étaient en réalité des savants. On ne peut pas mesurer la culture d’une personne par ses lectures, mais plutôt par sa créativité. Et pour ça, nos paysans sont pleins de ressources. »

« Mes enregistrements doivent servir aux générations à venir, pour qu’ils ne perdent pas ce lien précieux avec leur passé, s’ils veulent être vraiment Franco-Ontarien ou Québécois ou Canadiens. Les meilleurs liens qu’on a avec le passé, ce sont souvent les documents de tradition orale, des récits qui ont été conservés dans la mémoire, qui sont transmis d’une façon tout à fait naturelle, normale. Je suis content qu’on encourage ce lien avec les générations passées chez les jeunes. »

(Tirés de Jean-Pierre Pichette, « Germain Lemieux : la mémoire franco-ontarienne », dans Continuité, Québec, Commission des monuments et des sites, no 63, 1995).

Voir aussi Jean-Pierre Pichette, Répertoire ethnologique de l’Ontario français, Ottawa, PUO, 1992, pp. 34-42.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 218.

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 52-53; pp. 114-115.

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 867-868.

Pichette, Jean-Pierre, « Germain Lemieux : La mémoire franco-ontarienne », dans Continuité, Québec, Conseil des monuments et des sites du Québec, numéro 63, 1995, pp. 40-43.

Pichette, Jean-Pierre (dir.), L’Oeuvre de Germain Lemieux, s.j., Bilan de l’ethnologie en Ontario français, Collection Ancrages, Sudbury, Prise de parole/Centre franco-ontarien de folklore, 1993.

Pichette, Jean-Pierre, Répertoire ethnologique de l’Ontario français : Guide bibliographique et inventaire archivistique du folkore franco-ontarien, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1992, pp. 61-66.

Sylvestre, Paul-François, Le répertoire des écrivains franco-ontariens, Sudbury, Prise de parole, 1987, pp. 57-58.      

Laure Rièse (1911-1996)

Laure Rièse / Nick Yunge - Bateman, Peterborough (Ont.), [ca 1962]. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Livres et auteurs québécois (C14), Ph30-R4

Suissesse romande originaire de Neuchâtel, arrivée au Canada en 1928, Laure Rièse a passé plus de soixante ans au service de la francophonie de Toronto. Elle est l’auteur de trois ouvrages, d’une centaine d’articles et de traductions. Elle a poursuivi ses études jusqu’au doctorat en littérature à l’Université de Toronto. Laure Rièse a toujours voulu aller au bout d’une pulsion intérieure qui l’a menée dans un monde de professionnels, détenu en grande partie par les hommes.

Pendant 25 ans la seule Canadienne au jury international de la Rose nouvelle de Bagatelle à Paris et première femme présidente de l’Alliance française de Toronto, elle a été la seule femme à prononcer une allocution au Service inter-confessionnel d’Action de grâces au Roy Thomson Hall. Docteur(e) en Lettres Sacrées du Collège Victoria de l’Université de Toronto, cette grande dame s’est dévouée pendant 45 ans à l’enseignement. Ses expériences professionnelles sont considérables : elle a enregistré des disques pour les écoles ainsi que de nombreuses émissions à la radio et à la télévision.

Pour ses étudiants anglophones, elle fait publier L’Âme de la poésie canadienne-française (1955) et, Un peu de nouveau (1962); ses amitiés nombreuses et ses connaissances intimes du milieu littéraire français (en France) l’amènent à faire paraître Les Salons littéraires parisiens, du Second Empire à nos jours (1962). Au cours de sa carrière, Laure Rièse a contribué à de nombreux organismes, tels l’Alliance française de Toronto, la Société canadienne de recherche littéraire, le Salon français, l’Académie de l’art de vivre de Paris et la Société culturelle Canada-Suisse.

Par ses cours et par sa plume, elle a aidé le Canada anglais à mieux connaître la culture française. Les dernières années de la vie de Laure Rièse seront pleines de surprises et les événements se suivent à un rythme effarant : elle participe à de nombreuses émissions de radio, et elle incarne même une vieille dame dans des annonces publicitaires. Enfin, présidente d’honneur du Salon du livre de Toronto au début des années 1990, une école du Conseil des écoles françaises de la Communauté urbaine de Toronto (CEFCUT), l’École Laure-Rièse, de Scarborough, est nommée en son honneur en 1993, et, en 1994, un documentaire sur sa vie est produit par le bureau ontarois de l’Office national du film (ONF).

Faire le portrait de Laure Rièse, c’est suivre le parcours d’une femme remarquable à travers un demi-siècle de l’histoire de Toronto et de son époque. C’est aussi souligner l’influence qu’une femme a exercée sur un certain milieu : universitaire et intellectuel. Professeur de français pendant 45 ans au Collège Victoria de l’Université de Toronto, Laure Rièse s’est liée d’amitié au fil des ans avec les plus grands noms littéraires de notre époque en Europe et au Canada.

Retraitée, elle s’attache à « son » école où elle prononce des causeries et lit une quarantaine de contes qu’elle a rédigés pour les jeunes élèves : c’est une toute autre Laure Rièse qui se démasque et les élèves la surnomment alors affectueusement « tante Laure ».

Dans les dernières années de sa vie, elle lègua sa collection unique de lettres, dessins et œuvres littéraires autographiées au Collège Victoria.

Au cours de sa vie, Laure Rièse a reçu plusieurs honneurs : Officier des Palmes académiques, Chevalier de la Légion d’honneur, Commandeur de l’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem, Ordre de L’Ontario et Ordre du Canada.

Elle meurt à Toronto le 27 mars 1996 à l'âge de 86 ans.

Œuvres principales de L. Rièse:

    L’Âme de la poésie canadienne-française, Toronto, Macmillan, 1955.

    Les Salons littéraires parisiens, du Second Empire à nos jours, Toulouse, Privat, 1962.

Citation :

« Venant de Suisse, je connais les luttes que doivent mener les francophones en milieu minoritaire. Mais j’ai toujours cru à l’importance de promouvoir et développer la connaissance des langues. C’est une grande richesse de parler plus d’une langue. Je veux qu’on comprenne que la promotion du français ne se fait pas aux dépens de l’anglais. »
        (Tiré d’un article du journal Le Droit, Ottawa, 1989).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

L’Express de Toronto, 26 octobre-1er novembre 1994.

Desjarlais-Heynneman, Mireille, « La production littéraire de Laure Rièse », dans L’Express de Toronto, 7-13 janvier 1992.

Rheault, Martine, « Laure Rièse : le Toronto français raconté à la première personne », dans
Le Métropolitain, Toronto, 23-29 novembre 1994, p. 12.

Thériault, Charles, « Laure Rièse : une vie consacrée au français », dans Le Droit, Ottawa,
19 avril 1989, p. 22.

The Toronto Star, March 30, 1996, p. A12.

Robert Gauthier (1902-2001)

Université d'Ottawa, CRCCF, Fonds Robert-Gauthier (P255), Ph183-3

Si Robert Gauthier ne s’était pas lancé en éducation, le système des écoles françaises en Ontario n’aurait pas la même vigueur. Son nom n’est pas mentionné aussi souvent que ceux des Samuel Genest, des Aurélien Bélanger, des Philippe Landry ou des Napoléon-Antoine Belcourt, mais sa participation dans la bataille pour l’obtention des droits scolaires des francophones n’est pas moins grande.

L’aîné d’une famille de sept enfants, il déménage à Ottawa en 1911 alors que son père, un médecin, est élu député de Gaspé à la Chambre des communes. À l’âge de 12 ans, Robert Gauthier prend le chemin du collège. Il est inscrit à l’Université d’Ottawa et y passe les prochaines sept années. Fatigué des études, il accepte un poste de commis au recensement mais il décide toutefois, deux ans plus tard, de retourner à l’Université pour obtenir son baccalauréat ès arts. En 1926, il obtient son diplôme d’enseignant des écoles secondaires du collège d’éducation de Toronto. À l’automne 1926, il est nommé adjoint du principal de l’école modèle de Vankleek Hill, l’une des trois institutions assurant la formation des maîtres pour les écoles bilingues.

Suite à l’abolition du Règlement XVII, Robert Gauthier est embauché comme inspecteur des écoles françaises et bilingues et il arrive à Cochrane en novembre 1927. Il a 25 ans, le plus jeune inspecteur jamais nommé. Mais, à peine installé, on lui demande d’aller prendre la responsabilité des écoles à Windsor. Il devait rester dix ans comme inspecteur des écoles de Windsor-Essex.

En 1937, Robert Gauthier accepte de devenir le directeur de l’enseignement français en Ontario. Il arrive à Toronto, le 12 juillet, en pleine procession des Orangistes. Dès son entrée en fonction, Robert Gauthier complète un recensement du système qui met en lumière un encombrement anormal d’élèves dans les classes inféreieures. Des élèves qui ont jusqu’à 15 ans sont encore en 1ère et 2e année. Le nombre d’élèves qui atteint la 8e année est minime, 26%, alors qu’il atteint 80 à 90% du côté anglais.

L’une de ses premières réalisations pour enrayer cette sérieuse lacune scolaire consiste à établir un concours annuel de français à l’élémentaire (1938) et au secondaire (1943) à la grandeur de la province. Par ailleurs, ce fameux concours provincial de français, qui réunissait à Ottawa, chaque année, des enseignants, des commissaires d’écoles et des parents, a donné naissance à l’Association des enseignants franco-ontariens (AEFO) et aux API (Association parents-instituteurs). Le concours, depuis 1938, a aidé un grand nombre de jeunes Franco-Ontariens à poursuivre des études supérieures (universitaires) dans leur langue maternelle et plusieurs gagnants du concours occupent une place de choix dans la société ontarienne et canadienne.

En 1949, il se rend en voyage d’études de quatre mois dans six pays d’Europe sur l’enseignement du français et revient très impressionné. En 1950, il fonde les jardins d’enfants dans les écoles françaises et crée des cours de correspondance en français. Il a joué un rôle de premier plan dans l’établissement de l’école secondaire d’Eastview (aujourd’hui connue sous le nom d’école secondaire André-Laurendeau), une des premières écoles secondaires publiques de langue française de l’Ontario.

Une de ses recherches pédagogiques (la méthode Tan-Gau) a inspiré l’émission de télévision « Chez Hélène », qui se basait sur une méthode conçue par lui. Après 38 années de service au ministère de l’Éducation, dont 27 comme directeur des écoles françaises, Robert Gauthier a pris sa retraite en 1964 et a enseigné la littérature française à l’Université des Antilles jusqu’en 1966. En 1967, il était chef de l’inspection dans les écoles de langues de la Fonction publique du Canada.

Marié à Juliette Roy, il est le père de quatre enfants.

Né à Cap-Chat, en Gaspésie, le 10 avril 1902, du mariage de Louis-Philippe et de Marie-Antoinette Thibault. Il meurt à Ottawa le 25 mars 2001 à l'âge de 99 ans.

Citations :

    « Au cours d’une longue et brillante carrière en éducation, menée de 1926 à 1967, Robert Gauthier a constamment réfléchi à la question linguistique et au rôle particulier que l’école doit jouer dans l’épanouissment de la langue française. »
        (Tiré de Robert Gauthier, Questions de langue, question de fierté, Vanier, Éditions L’Interligne, 1993).
   
    Voir aussi Paul-François Sylvestre, Le Concours de français : une page d’histoire franco-ontarienne, Sudbury, Prise de parole, 1987.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Barrette, Jean-Marc et Josée Therrien. Hommage aux Premiers Prix. Textes d’hommages, palmarès complet des Premiers Prix, textes composés par les lauréats et les lauréates du Concours provincial de français de l’Ontario, photographies, documents d’archives, Ottawa, Association des anciens de l’Université d’Ottawa, 1992.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 163-164.

Fonds Robert-Gauthier, P255, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, pp. 108-109).

Gauthier, Robert, Questions de langue, question de fierté, Vanier, Éditions L’Interligne, 1993.

Morin, Daniel, « 38 années au service des écoles françaises », dans Le Droit, Ottawa,
14 mai 1984; « Enseignement en français : tout change en 1927 » et « Des progrès par étapes », dans Le Droit, Ottawa, 14 mai 1984.

« Retrouvailles des anciens lauréats du concours de français », dans Le Droit, Ottawa,
17 janvier 1985, p. 40.

Sylvestre, Paul-François, Le Concours de français : une page d’histoire franco-ontarienne, Sudbury, Prise de parole, 1987, pp. 25-29; pp. 55-63.
    
    
 

Florence Castonguay (1897-1992)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Albert-Boucher (P180), Ph109-5

Née à Ottawa le 23 octobre 1897, Florence Castonguay a marqué l'histoire du théâtre franco-ontarien en tant que comédienne célèbre et metteure en scène de la Corporation Le Caveau.

Bien qu'elle ait d'abord poursuivi une formation d'infirmière, c'est au Bureau de poste que Florence Castonguay travaillera pendant la majeure partie de sa vie, en qualité de sténo-dactylo. Tout en occupant cet emploi, elle se voue corps et âme au théâtre. Faisant ses premières armes à Hull au cours des années vingt, puis avec les Artistes chrétiens de la paroisse Saint-Jean-Baptiste d'Ottawa, elle joue alors des rôles de jeune fille. Cependant, la création de la Corporation des diseurs de l'Association des artistes-confrères du Caveau au début des années trente constitue « la plus grande aventure de sa vie ». Pendant de nombreuses années, elle est la présidente de cette alliance de mouvements artistiques et littéraires à Ottawa, fondée par les pères dominicains de la paroisse Saint-Jean-Baptiste.

Elle tient son premier rôle important en 1929 - celui d'une des quatre sœurs de Sainte-Thérèse de Lisieux et dans les années trente celui de Desdémone dans Othello, de Shakespeare.

En 1935, Laurette Larocque-Auger, connue plus tard sous le nom de Jean Despréz, professeur en art dramatique à l'École de musique et de déclamation de l'Université d'Ottawa, monte L'innocente de Henri-René Lenormand et confie à « sa meilleure élève » le rôle principal. Au Festival national d'art dramatique (connu également sous le nom de The Dominion Drama Festival) cette pièce remporte le trophée Bessborough décerné par le gouverneur général. Florence Castonguay reçoit le prix de la meilleure comédienne en français.

À compter de 1937, elle joue principalement avec le Caveau. La même année, au Festival national d'art dramatique, elle remporte deux prix pour la pièce Françoise de Sacha Guitry, celui de la meilleure comédienne et de la meilleure mise en scène en français. Elle reçoit les mêmes prix pour Martine de Jean-Jacques Bernard.

Même si le Festival national d'art dramatique suspend ses activités de 1939 à 1947 à cause de la Seconde Guerre mondiale, la comédienne n'arrête pas pour autant de monter des pièces et de se produire sur scène. À la réouverture du festival, Florence Castonguay se produit dans son dernier rôle, le plus grand de sa carrière théâtrale. À l'âge de 50 ans, elle joue avec brio une jeune fille de 18 ans dans Maria Chapdeleine. C'est un triomphe, couronné de trois prix : meilleure comédienne en français, meilleure mise en scène et meilleure pièce canadienne-française.

Par la suite, cette artiste se consacre exclusivement à la mise en scène. Se dissociant du Caveau en raison de divergences internes, elle fonde en 1948 La Comédie nouvelle. Trois ans plus tard, elle dissout La Comédie nouvelle et démissionne de son emploi au Bureau de poste pour enseigner la diction aux élèves des couvents d'Ottawa pendant deux décennies, mettant en scène les meilleures élèves dans des pièces de fin d'année. À l'Université d'Ottawa, elle reprend le cours d'art dramatique de Jean Despréz et met en scène deux pièces pour la Société dramatique de l'Université d'Ottawa. Considérée comme une véritable coqueluche du théâtre, Florence Castonguay a été honorée à maintes reprises. Elle a inspiré bon nombre de comédiennes et de comédiens qui l'ont connue. Invitée à jouer à Londres et à Paris, elle a choisi de faire carrière en Ontario français, même en l'absence de troupes de théâtre professionnel.

Florence Castonguay est née à Ottawa le 23 octobre 1897 du mariage de Charles Castonguay et de Bridget Anne Morin. Elle meurt à Ottawa le 11 novembre 1992 à l'âge de 95 ans.

Citations :

Voir André Fortier, qui a rédigé et réalisé un court métrage sur la vie de F. Castonguay. Fonds André-Forthier, CRCCF, Université d’Ottawa.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d'intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Journal Le Droit, Ottawa, 11 décembre 1992, p. 34.

Fulgence Charpentier (1897-2001)

Fulgence Charpentier / Photographe inconnu, vers 1940. Tiré du manuscrit de François-Xavier Simard, en collaboration avec Denyse Garneau, Fulgence Charpentier (1897-2001), La mémoire du siècle, Ottawa, Vermillon, 2004. (à paraître).
Fulgence Charpentier / Gilles Benoit, Le Droit, 1983. Université d'Ottawa, CRCCF, Fonds Le Droit (C71), Ph92-4/140283FUL31

Tout petit, Fulgence Charpentier regardait, rêveur, les grands voiliers passer sur le fleuve Saint-Laurent. D’où venaient-ils ? Où allaient-ils ? Il rêvait à ce qui se trouvait de l’autre côté de l’océan, en Europe, en Afrique.

Fulgence Charpentier voit le jour à Sainte-Anne-de-Prescott, dans l’est de l’Ontario, le 29 juin 1897. Trois ans plus tard, en 1900, la famille s’installe à Montréal. Enfant précoce, il sait lire avant de mettre le pied à l’école. « Quand, à huit ans, j’ai acheté Les Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet plutôt que du chocolat, comme les enfants de mon âge, mes parents étaient bouleversés! », expliquait-il en 1997.

De 1910 à 1917, il est étudiant au Séminaire de Joliette. À la fondation du quotidien Le Droit, en 1913, il est apprenti journaliste bénévole dans le tout premier édifice du journal construit par son père, Josaphat. Il obtient son baccalauréat ès arts en 1917.

En 1915, le journal Le Devoir lance un concours de rédaction dans lequel les jeunes sont invités à raconter leurs vacances d’été. Fulgence termine deuxième et voit son texte publié dans le journal. « Puisque je suis capable de me faire imprimer, je vais leur demander une job! » pense-t-il. Fonceur, il se fait embaucher durant deux étés, couvrant le port de Montréal. Son salaire : 20 $ par semaine.

À 20 ans, à peine sorti du collège, Fulgence Charpentier s’enrôle dans l’armée. Parfaitement bilingue, il devient interprète. Toutefois, la Première Guerre mondiale tire à sa fin. Il ne prendra jamais les armes. Il s’oriente vers le droit et fait son cours à la faculté d’Osgoode Hall de l’Université York, à Toronto, en 1920.

On suggère alors au jeune homme de poser sa candidature au ministère des Affaires extérieures, à Ottawa. Sans succès. En 1922, il déclare vouloir « faire du journalisme par amour pour l’écriture et pour défendre la cause du français ». C’est donc par une voie un peu détournée que Fulgence Charpentier devient correspondant parlementaire pour le journal Le Droit (1922-1925), le quotidien français d’Ottawa. Il collabore aussi au Devoir, à La Presse, au Soleil et au Canada (1922-1930) envoyant souvent ses textes à Montréal par le train de nuit.

Pendant quelques temps, il est chef de cabinet de l’honorable Fernand Rinfret, secrétaire d’État. Il travaille comme chef des Journaux français de la Chambre des communes à partir de 1936.

Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, un branle-bas de combat secoue la capitale du pays. Pour éviter que des informations parviennent à l’ennemi, les journaux et les lettres des prisonniers de guerre doivent être censurés par le gouvernement. Fulgence Charpentier devient chef du Bureau de la censure canadienne. Membre de comités top secret, il connaîtra à l’avance la décision de larguer la bombe nucléaire sur le Japon.

Une fois la paix rétablie, il entre au ministère des Affaires extérieures en 1947. Fulgence Charpentier se dirige vers Paris, où il devient haut fonctionnaire à l’ambassade canadienne comme attaché d’information et de relations culturelles (1948-1953). Son sens des affaires étrangères et de la diplomatie lui permettent de grimper les échelons rapidement. Il se rend en Uruguay et au Brésil (1953-1957) comme chargé d’affaires et en Haïti (1957-1960). Dès 1962, le gouvernement canadien lui confie la mission d’installer les premiers liens diplomatiques avec l’Afrique.

Il est nommé ambassadeur au Cameroun, au Gabon, au Tchad, en République centrafricaine et au Congo-Brazzaville, avec résidence à Yaoundé. À l’époque, les relations politiques du Canada sont encore embryonnaires. Le Cameroun est choisi comme première étape simplement parce que les deux pays ont leur place côte-à-côte aux Nations unies. « Ma connaissance de l’Afrique était alors plus livresque que pratique, à part l’Algérie. Je n’avais jamais mis les pieds ailleurs dans le reste du Maghreb », expliquera t-il.

À son retour au pays, Fulgence Charpentier occupe le poste d’adjoint au rédacteur en chef du journal Le Droit. Il accepte ce qu’il croit être un dernier mandat : les relations de presse pour l’Exposition universelle de 1967, à Montréal. L’Expo 67 connaît un succès phénoménal. Le sentiment du devoir accompli, Charpentier envisage une retraite bien méritée.

C’était sans compter sur Marcel Gingras, alors rédacteur en chef du journal Le Droit, qui lui offre une chronique politique hebdomadaire en 1968. Incapable de résister à la tentation, le nouveau retraité reprend le collier. Tout à fait bénévolement! Il n’acceptera un salaire que 20 ans plus tard.

Chaque semaine, il lit des dizaines de journaux et de magazines, s’interrogeant sur l’actualité internationale. Puis, il s’installe devant une feuille de papier et écrit son texte, à la main, avant de le retranscrire à la machine à écrire. Fulgence Charpentier ne s’est jamais mis à l’ordinateur, expliquant que, avec l’ordinateur, il fallait appuyer sur plusieurs touches avant de commencer à travailler. Avec la machine à écrire, suffit de glisser une feuille dans la machine et de commencer!

En 1997, Le Monde publie un hommage au journaliste centenaire : « Honneur à Fulgence Charpentier, le centenaire qui prouve que le journalisme n’use que si l’on ne s’en sert pas. Et s’il devait en connaître brutalement le mot de la fin, ce qu’on ne lui souhaite évidemment pas, qu’au moins cela se fasse à la Molière, sur scène, à son bureau, le nez dans sa dernière chronique. »

Affaibli par une pneumonie, celui qui a conduit sa voiture jusqu’à l’âge de 99 ans signe sa dernière chronique dans Le Droit à 101 ans. À défaut d’un départ dramatique, le doyen des journalistes de la planète a quitté ce monde entouré des siens, à l’Hôpital d’Ottawa, dans la nuit du 5 au 6 février 2001, à l’âge de 103 ans.

Au cours de sa vie, il a été directeur littéraire pendant deux ans de l’Institut canadien-français d’Ottawa et longtemps président de l’Alliance française d’Ottawa et vice-président de l’Association internationale de la solidarité francophone à Paris. Il a aussi été élu conseiller municipal puis nommé commissaire à la Ville d’Ottawa et président de la Tribune de la presse à Ottawa en 1927. Il reçoit un doctorat honorifique de l’Université Laval en 1939 et il est décoré de l’Ordre du Canada en 1978. Il est promu Officier de cet Ordre en 1999. En 1997, il est décoré de l’Ordre de la Pléiade par l’Association internationale des parlementaires de langue française.

Né avant l’invention de l’automobile, avant la radio, avant la théorie de la relativité et avant le naufrage du Titanic, Fulgence Charpentier affirmait qu’il souffrait quand il ne savait pas ce qui se passait dans le monde. Lors de son 100e anniversaire de naissance, il avait souhaité vivre jusqu’en 2001 : «  Si je vis encore quatre ans, jusqu’en 2001, je serai passé au travers de trois siècles. Je vais faire l’effort. » Une dernière fois, mission accomplie.

Marié à Florence Gagnon en premières noces et à Marie-Louise Dionne en secondes noces, il est le père de six enfants.

Sources : notice biographique reproduite avec permission de la revue Infomag, vol. 4, no 5, 2001, avec ajouts biographiques de Jean Yves Pelletier.


Orientation bibliographique sur Fulgence Charpentier :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française : francophonie nord-américaine hors Québec, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 82.

La revue Infomag, Ottawa, vol. 4, no 5, 2001.

Simard, François-Xavier, en collaboration avec Denyse Garneau, Fulgence Charpentier (1897-2001), La mémoire du siècle, Ottawa, Vermillon, 2004. (à paraître).

Séraphin Marion (1896-1983)

Séraphin Marion / Studio C. Marcil, Ottawa, [ca 1978]. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Séraphin-Marion (P106), Ph152   

Membre de plusieurs sociétés savantes et littéraires, Séraphin Marion est membre, entre autres, de l'Académie canadienne-française, de la Société royale du Canada (1934) et de la Société des Dix. Ce grand défenseur des droits des Franco-Ontariens, conférencier en grande demande, Séraphin Marion est reconnu comme chef spirituel des Franco-Ontariens. Comblé d’honneur, le maître à penser de l’Ontario français reste en mémoire par ses écrits et de par ses discours; une école élémentaire française de la région d’Ottawa (Gloucester) et une rue, située sur le campus de l'Université d'Ottawa, portent son nom depuis 1987.

Séraphin Marion commence ses études primaires à l'école Garneau, puis entre à l'École secondaire de l'Université d'Ottawa et poursuit ses études au cours classique. Membre actif de la Société des débats français, il reçoit son baccalauréat ès arts en 1918 et part la même année pour le noviciat des pères oblats à Ville LaSalle (Québec). Toutefois, il renonce à la vie religieuse et revient à l'Université d'Ottawa où il rédige une thèse qui lui vaut une maîtrise ès arts.

En 1918-1919, Séraphin Marion est professeur à l'Université d'Ottawa. Ses sujets sont l'anglais, l'arithmétique et le dessin. En 1919-1920, il se retrouve à Paris où il fait des études en civilisation française à l'Université de la Sorbonne. De 1920 à 1925, Séraphin Marion enseigne au Collège militaire royal de Kingston. En 1924, il obtient un doctorat de la Sorbonne.

Séraphin Marion entre au service des Archives publiques du Canada en 1925, d'abord comme traducteur, puis comme directeur des publications historiques. Il prend sa retraite des Archives en 1955. Par ailleurs, il est professeur de littérature française et canadienne-française à l'Université d'Ottawa de 1925 jusqu'au milieu des années 1950. Après plus de vingt-cinq ans d'enseignement, il est nommé professeur émérite de la faculté des lettres. En 1927, il contribue à la fondation de la Faculté des lettres à l'Université d'Ottawa et la même année il est élu président de la Société des Conférences de l'Université d'Ottawa, poste qu'il occupera pendant treize ans. De 1929 à 1931, il est conférencier officiel de l'Association des Canadian Clubs ce qui l'amène à prononcer des conférences dans les villes importantes du pays.

En 1933, il reçoit un doctorat ès lettres de l'Université de Montréal. Collaborateur à la Revue de l'Université d'Ottawa, Séraphin Marion est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages sur la littérature canadienne-française dont une collection de neuf volumes intitulée Les lettres canadiennes d'autrefois (1939-1958). Un de ses ouvrages a été couronné par l'Académie française qui lui remet sa médaille de vermeille en mai 1933.

De 1945 à 1950, Séraphin Marion est secrétaire général de la Société royale du Canada et en juin 1955, il reçoit la médaille Tyrrell de cette Société.

En 1966, le Collège militaire royal de Kingston lui confère un doctorat honoris causa et en novembre 1972, Séraphin Marion reçoit la médaille d'argent du Conseil de la vie française en Amérique. En février 1974, la Ligue universelle du Bien Public (Paris) lui offre sa grande médaille de vermeil.

En 1975, il est nommé président d'honneur de l'Institut canadien-français d'Ottawa. En juin 1976, il est reçu membre de l'Ordre du Canada et est fait membre de l'Ordre de la francophonie « La Pléiade  » en 1980. Il est aussi récipiendaire de la médaille d'argent « Bene merenti de patria » de la Société Saint-Jean-Baptiste en 1982.

Marié à Monique Roy, il est le père de quatre enfants.

Né à Ottawa le 25 novembre 1896, Séraphin Marion meurt à Ottawa le 29 novembre 1983 à l'âge de 87 ans.


* * *
 

Ses études Hauts faits du Canada français et La domination canadienne-française, obsession du Canada anglais sont des ouvrages majeurs et le dernier est considéré comme un chef-d’œuvre.

Historien des droits des minorités, minutieux chercheur, polémiste de talent, s’affirmant par l’écriture, la publication d’études, par la parole comme professeur et conférencier, intervenant dans les débats de l’heure, bien outillé, sûr de lui - voilà Séraphin Marion.

Ce monsieur à moustache, veston et lorgnon, par son sens de la méthode et l’emploi du temps, par sa capacité de se tenir au courant des événements et surtout de produire à cadence surprenante et soutenue des œuvres de qualité, s’est révélé homme d’action de mentalité caractéristiquement moderne.

Ses œuvres font valoir d’elles-mêmes la patience du chercheur, la persévérance du révélateur  : Les lettres canadiennes d’autrefois, neuf tomes, « le premier monument de notre critique », disait Roger Lemoine.
     (Tiré du Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Fides, 1989, pp. 943-944).

Œuvres principales de S. Marion :

  • Relations des voyageurs français en Nouvelle-France au XVIIe siècle, PUF, 1923.
     
  • Un pionnier canadien. Pierre Boucher, Louis-A. Proulx, 1927.
     
  • En feuilletant nos écrivains. Étude de littérature canadienne, Librairie d’action canadienne-française, 1931.
     
  • Sur les pas de nos littérateurs, Éditions Albert Lévesque, 1933.
     
  • Les lettres canadiennes d’autrefois, 1939-1958, 9 tomes, ÉUO/Éditions l’Éclair.
     
  • Origines littéraires du Canada français, Éditions l’Éclair/ÉUO, 1951.
     
  • Hauts faits du Canada français, relevés et commentés par des Anglophones, ÉUO, 1972.


Citation :

« Aujourd’hui on croit sans la moindre hésitation à l’existence d’une littérature canadienne-française; et encore; de 1939 à 1958, j’ai eu le courage -- il en fallait alors -- de publier neuf volumes intitulés Les lettres canadiennes d’autrefois. »
        (Mots de Séraphin Marion en 1981).

- Voir le fonds Séraphin-Marion au Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa.


Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Carrière, Fernan et al., Sur les pas de Séraphin Marion, Montréal, Service des transcriptions et dérivés de la radio, Société Radio-Canada, 1980.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 235-236.

Fonds Séraphin-Marion, P106, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, p. 167).

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 150-152.

Gay, Paul, Séraphin Marion : la vie et l'œuvre, Collection Visages, Ottawa, Les Éditions du Vermillon, 1991.

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 943-944.

Lavoie, Eugène, Le Séraphin Marion de Paul Gay, dans LeDroit, Ottawa-Hull, 7 octobre 1991, p. 15.

Ressources franco-ontariennes 1978, [Lévesque, Gérard], Ottawa, Francophonie ontarienne, 1978, pp. 106-107.

« Séraphin Marion 1896-1983 » dans Bulletin des anciens, Université d'Ottawa, janvier 1984, vol. 34-1, p. 31.

Journal Le Droit, Ottawa, 30 novembre 1983, p. 2; 1er décembre 1983, p. 2.

Voir le fonds Séraphin-Marion au Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l'Université d'Ottawa.

Joseph Beaulieu (1895-1965)

Joseph Beaulieu / Champlain Marcil, Ottawa, [1963?]. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Joseph-Beaulieu (C27), Ph40-83

Né à Mattawa (Ontario), ce folkloriste et compositeur est connu pour sa collection de chants folkloriques et sa direction du groupe de jeunes chanteurs franco-ontariens Les Petits Chanteurs céciliens. Joseph Beaulieu compose quelque 200 chansons d’inspiration folklorique et religieuse; il en inclut plusieurs dans ses recueils de chansons. Plusieurs de ces chansons sont publiés dans La Bonne Chanson (1956-1960) et les chansons de Thompson, entre autres : Chantez les petits, Mon école chante (huit volumes, 1960), Gerbes de chansons nouvelles, Chantez petits et grands. De plus, il compose Le trésor du pauvre, une opérette, et une Messe Vatican II à quatre voix mixtes.

Arrivé à Ottawa en 1915, il étudie le piano avec Oscar O’Brien, Amédé Tremblay et Harry Puddicombe, tous professeurs et musiciens avantageusement connus de la capitale. Il enseigne le piano, le chant et le commerce à l’Université d’Ottawa puis obtient son baccalauréat en musique de l’école Vincent-d’Indy à Montréal en 1942. Il participe à des veillées musicales et à des tournées de folklore avec les chansonniers et musiciens Charles Marchand, Oscar O’Brien et Amédé Tremblay. Dans les mêmes années, il fonde les Petits Chanteurs céciliens, qu’il dirige entre 1931 et 1942. Il est aussi fondateur de la Société de festival (de musique) de North Bay, dont il assume la direction de 1948 à 1959.

Lors de ses voyages en Ontario et au Québec, il recueille des chants folkloriques. Nommé directeur adjoint de l’enseignement de la musique au ministère de l’Éducation de l’Ontario (1942-1965), il obtient la permission d’assumer ses fonctions depuis North Bay, où il s’installe en 1946. Il passe ses étés au lac Talon, où il enseigne la musique et le chant aux garçons. Un centre musical et un camp d’été à l’Île aux Chênes (Lac Nipissing) portent son nom.

Joseph Beaulieu est né à Mattawa le 21 mai 1895. Il meurt à North Bay le 1er octobre 1965.

Citations :

Consulter le fonds Joseph-Beaulieu, au Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 42.

Encyclopédie de la musique au Canada, Helmut Kallmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, Montréal, Fides, 1983, p. 66.

Fonds Joseph-Beaulieu, P40, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, p. 16).

Jeanne Lajoie (1899-1930)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Pembroke (P40), Ph25-2

Dix années après les gestes posées par les sœurs Desloges à l'école Guigues d'Ottawa, une jeune institutrice originaire de Lefaivre (Ontario), celle que l’on a surnommée la « pucelle de Pembroke », s’oppose à son tour à une persécution en défiant sa commission scolaire locale en enseignant dans une école indépendante  : l’école libre de Pembroke.

Munie d’un certificat d’enseignement bilingue de l’École modèle de Vankleek Hill, Jeanne Lajoie enseigne à Warren, à Azilda, à Naughton et à Blezard Valley avant d’être embauchée en 1923, à la St. John School de Pembroke. C’est à la demande des parents francophones qu’elle accepte le poste pour dispenser des cours en français. Mais le climat créé par la promulgation du Règlement XVII, qui perdure jusqu’en 1927, interdisant l’utilisation du français pour l’enseignement dans les écoles ontariennes après la 2e année, sauf pour les cours de français, exacerbe les tensions au point que, peu après son arrivée, la commission scolaire — composée majoritairement de commissaires irlandais catholiques — décide de la renvoyer sous le prétexte qu’une religieuse irlandaise à l’école pouvait enseigner la langue française.

Jeanne Lajoie prend l’initiative d’écrire à l’Association canadienne-française d’éducation d’Ontario (ACFÉO), aujourd’hui appelée Association canadienne-française de l’Ontario, pour l’informer de la situation. Des parents de Pembroke font signer une pétition demandant à la commission scolaire locale de reprendre Jeanne Lajoie ou d’engager une personne véritablement capable d’enseigner le français. Face au refus des autorités de revenir sur leur décision, le Cercle Lorrain, une association sous le leadership de son président, Alfred Longpré, crée une école libre dans une maison privée de Pembroke. Moins de deux mois après le renvoi officiel de Jeanne Lajoie, 55 élèves francophones se présentent à sa première classe sous les yeux de nombreux journalistes et de représentants de l’ACFÉO. Elle y enseigne pendant trois ans, secondée par une deuxième institutrice.

Durant ses vacances d’été, Jeanne Lajoie s’emploie à recueillir des fonds pour ce qu’elle appelle son œuvre, c’est-à-dire l’école libre nommée Jeanne d’Arc. Elle devient rapidement une figure de proue et les journaux de langue française du Québec et de l’Ontario font connaître la lutte qu’elle et ses compatriotes de Pembroke livrent pour faire reconnaître leur droit à un enseignement en français. De santé fragile depuis sa naissance, elle quitte l’enseignement en 1926, et entre dans un sanatorium au Québec.

Née le 2 février 1899, elle meurt à Montréal (Cartierville) le 2 mars 1930 à l'âge de 31 ans.

Un livre, L’Éveil de la race : un épisode de la résistance franco-ontarienne, publié en 1930, ainsi qu’une pièce de théâtre, évoquent son souvenir. Deux écoles primaires (Ottawa et Toronto) et une école secondaire (Ottawa) portent son nom.


Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Bizier, Hélène-Andrée, « Jeanne Lajoie, la pucelle de Pembroke », dans L’actualité, Montréal, 1er août 1990, pp. 59-60.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 198.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Longpré, Alfred, L’Éveil de la race : un épisode de la résistance franco-ontarienne, Pembroke, 1923-27, Préface de Victor Barrette, Ottawa, Éditions du Droit, 1930.

Bambo-Konghonzaud, Joël, « Jeanne Lajoie : l’expression d’une fierté », dans L’Orignal déchaîné, Sudbury, 30 mars 1994, p. 5.
 

Les sœurs Diane Desloges (1892-1945) et Béatrice Desloges (1895-1957)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Association canadienne-française de l'Ontario (C2), Ph2-954détail. Reproduit des Archives de la Ville d’Ottawa.

Les noms de ces deux femmes deviendront symboles de la lutte des Franco-Ontariens pour faire reconnaître leur droit à l’enseignement en français en Ontario. Appelées les « gardiennes de Guigues  » et « l’héroïne de Pembroke », les sœurs Desloges et Jeanne Lajoie incarnent par leur geste de défi les revendications scolaires des Franco-Ontariens et rappellent deux des épisodes les plus dramatiques de la résistance au Règlement XVII, soit la prise d’assaut de l'école Guigues, à Ottawa et la création d’une école libre à Pembroke. Des pièces de théâtre ont été jouées soulignant le courage de ces trois femmes : un club d’aînés (Centre Lajoie des aînés francophones de Pembroke), et des écoles de la région d’Ottawa (école élémentaire Jeanne-Lajoie à Ottawa et école secondaire catholique Béatrice-Deslosges à Orléans) et de Pembroke (école secondaire catholique Jeanne-Lajoie) perpétuent leur mémoire.

Toutes deux nées à Ottawa, les sœurs Desloges sont les petites-filles de Michel Desloges patriote de 1837 à Saint-Eustache qui est venu s'installer à Bytown au milieu du XIXe siècle. Elles obtiennent leur diplòme de l'École modèle d'Ottawa afin de faire carrière dans l’enseignement. Diane Desloges commence sa carrière d'institutrice à Longtinville et à Saint-Joseph d'Orléans tandis que Béatrice Desloges va enseigner à South Indian et à Moose Creek. De retour dans leur paroisse natale, Notre-Dame, les sœurs Desloges sont embauchées pour enseigner à l'école Guigues d'Ottawa en septembre 1915.

Les sœurs Desloges s'opposent au Règlement XVII, en vigueur depuis 1912, qui leur interdit d'enseigner en français plus d'une heure par jour. Dès les débuts de leur enseignement à cette école, des troubles de toutes sortes ont surgi, à cause du Règlement XVII dans les diverses écoles et les instituteurs étaient en butte à beaucoup de vexations, de la part de la petite commission, celle-ci nommée par le gouvernement en remplacement de la commission scolaire élue. La commission usurpatrice, à l'encontre de la commission des écoles séparées présidée par Samuel Genest, avait le 2 octobre 1915 demandé une injonction afin d'empêcher les sœurs Desloges d'enseigner à l'école Guigues. Elles avaient refusé de reconnaître la « petite commission » qui, grâce à l'injonction accordée par le juge Riddell, leur interdit de retourner à leurs classes. En septembre 1915, la petite commission avait nommé Mlle Lafond enseignante à l'école Guigues et on la chargea de remplacer les sœurs Desloges.

Celles-ci maintiennent leur position, même quand les autorités provinciales refusent de verser leur salaire et menacent de retirer leur brevet d'enseignement. Interdites d'accès à l'école Guigues, elles ouvrent des classes clandestines. Leur courage a fait d'elles un symbole de la résistance au Règlement XVII. La lutte était commencée et « non seulement les pères de famille soutenaient valeureusement la lutte, mais leurs femmes et filles sous ce rapport ne se laissaient pas devancer ». Le lundi après-midi, 5 octobre 1915, les demoiselles Desloges, qu'on avait évincées, ne retournèrent pas à l'école Guigues mais leurs élèves firent la grève et les suivirent le lendemain. Elles allèrent enseigner d'abord dans la petite chapelle de la rue Murray, dans la paroisse Notre-Dame, puis ensuite dans un local, à l'angle des rues Guigues et Dalhousie. Le vendredi matin, 9 octobre 1915, une démonstration spontanée réunissait plus d'une centaine de parents en l'honneur des jeunes et courageuses institutrices. Ceci dura tout près de deux mois, donc jusqu'à Noël.

* * *

Le 4 janvier 1916, l'assaut de l'école Guigues était préparé. Voici ce que raconte à ce sujet, un témoin occulaire qui rapporte les faits au journal Le Droit :

« Les commissaires décidèrent de reprendre l'école Guigues, au mois de janvier. La nouvelle fut éventée. Une douzaine de constables de la ville étaient venus prêter main forte à l'avocat Young, dépêché à Ottawa par le gouvernement provincial. Les parents aux aguets, curieux, suivirent leurs enfants à l'école où attendaient déjà les maîtresses à la porte. Il y avait foule. Les hommes demandèrent à entrer, mais furent repoussés par la police. Les esprits s'échauffent, les quolibets pleuvent, l'assaut commence, les femmes approchent, bousculent les constables du dehors qui n'osent user trop de violence. En même temps d'autres montent par les fenêtres à l'arrière, soutenues par les hommes, emplissent les classes, pressent les constables à l'intérieur, et au bout d'une heure restèrent maîtresses de la place. Tous les défenseurs se retirent honteux. Et les mères de famille se chargèrent de garder l'école ».

Pendant tout ce temps, les demoiselles Desloges n'avaient reçu aucune rémunération. Plus tard, dans l'année, la commission scolaire fut réintégrée dans ses droits et put payer ses vaillantes institutrices. Après leur mariage, au début des années 1920, les sœurs Desloges doivent quitter l’enseignement car il est alors interdit pour une femme mariée d’enseigner. Diane Desloges épouse Georges Tanguay, va s'établir à Montréal, et sera mère de cinq enfants, tandis que Béatrice Desloges habite à Ottawa, épouse Ovila Lanthier, et donne naissance à trois enfants.

Diane Desloges meurt à l'âge de 52 ans à Chambly (Québec) le 14 août 1945 et Béatrice Desloges meurt à Ottawa, à l'âge de 61 ans, le 24 septembre 1957.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 117.

Fonds Béatrice-Desloges, P266, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, p. 70).

Journal Le Droit, Ottawa, 16 août 1945, p. 12.

Journal Le Droit, Ottawa, 24 septembre 1957, p. 3.

Livre d'or de l'école Guigues, Ottawa, Section Notre-Dame de la Société Saint-Jean-Baptiste d'Ottawa, [1916].
    
    
 

Gustave Lacasse (1890-1953)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Maurice-Lacasse (P57), Ph137-31

À la fois médecin, journaliste de combat et homme politique, Gustave Lacasse épouse la cause des Franco-Ontariens dès son arrivée à Windsor, en 1913. Surnommé le « Lion de la Péninsule », il devient le plus éloquent porte-parole des francophones du Sud-Ouest.

Président régional de l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario, il est aussi membre actif de plusieurs organismes patriotiques, telle la Société Saint-Jean-Baptiste. Sa contribution active dans son milieu se fait remarquer et, en 1928, il est nommé au Sénat. Il n’a que de 38 ans.

Gustave Lacasse fait ses études au Petit Séminaire de Montréal et à l’Université Laval de Montréal où il est reçu médecin à l’âge de 23 ans. Après son internat à l’Hôtel-Dieu de Windsor (1913), il s’établit et pratique la médecine à Tecumseh, près de Windsor. Orateur apprécié, il épouse la cause franco-ontarienne de lutte contre le Règlement XVII (1912-1927). Pendant une période de 6 ans, il est membre de la Commission des écoles séparées de Tecumseh dont 2 à titre de président (1925-1927). Il fut élu maire de Tecumseh en 1927-1928.

Il fonde, en 1931, La Feuille d’Érable, un hebdomadaire de langue française qu’il dirige et dont il est presque le seul rédacteur jusqu’à son décès. Durant les 21 ans qu’il fut à la barre de son journal, entre 1931 et 1952, il rédige 1,100 numéros de son journal. Poète à ses heures, Gustave Lacasse en achève 46, dont 33 d’entre eux portent une date. Vice-président de l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (ACFÉO), l’honorable Gustave Lacasse se fait l’ardent défenseur des droits linguistiques de la minorité franco-ontarienne. Il a été reçu Chevalier du Bon Parler Français par la Société du même nom.

On dit de ce père de 11 enfants qu’il est « un croisé de la langue française en Amérique du Nord »; tel fut le titre que lui décerna La Presse de Montréal en annonçant sa mort. En son honneur, une rue de Tecumseh, le boulevard Lacasse, porte son nom.

Fils de François-Xavier-Onésime, notaire, et d'Annie Gernon, il est l'avant-dernier d'une famille de cinq enfants. De son premier mariage à Marie-Anne Saint-Pierre, en 1915, il a 11 enfants dont 7 garçons : Maurice, Fernand, Hubert, Hector, Jean-Louis, Lucien et 4 filles : Aline, Hélène, Georgette, Annette. Il meurt à Windsor (Ontario) le 18 janvier 1953.

Citations :

« Médecin, il pouvait, peu à peu, aborder la lutte sociale. Ce qu’il fit. Épris d’aventures et de mouvement, imprégné de culture et d’esprit français, il arbore résolument ses couleurs et affiche son dogme. Il prend la résolution d’aller planter sa tente ailleurs que dans la province de Québec. Il choisit l'Ontario, très réfractaire, en ce temps-là, à l’enseignement du français dans les écoles, et il s’installe à Técumseh, comme aurait fait un missionnaire se préparant à évangéliser des infidèles!... une hérédité historique qui s’affirme!... »
        (Tiré de Maurice Lacasse, Le lion de la Péninsule, Hull, 1975, p. 159).

« [...] Il n’est pas arrivé au Sénat par la voie ordinaire des services, du dévouement et de la fidélité servile au parti. Depuis plusieurs années les Franco-Ontariens demandaient un second sénateur de langue française. Des ministres clairvoyants et capables de mettre les intérêts du groupe minoritaire au-dessus des considérations de parti ont alors songé à M. le Dr Lacasse. Il avait fait de la politique, mais il ne s’était jamais porté candidat. Ce qu’il avait en sa faveur - et ce que bien peu d’anciens candidats n’ont pas - c’était un passé net contre lequel on ne pouvait absolument rien dire. Dans sa région il s’était occupé des affaires sociales et municipales et il avait été président de diverses associations patriotiques. Il était surtout connu comme praticien. Père de onze enfants, Canadien français de coeur et d’esprit, dévoué aux œuvres nationales, il était tout désigné pour représenter ses compatriotes à la Chambre haute. Il a été nommé sénateur en 1928. n’avait que 38 ans. »
        (Tiré de Maurice Lacasse, Le lion de la Péninsule, Hull, 1975, p. 155;
        repris de Léopold Richer, dans Silhouettes du monde politique, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1940).

« Vous vous souviendrez de son nom, vous prendrez plaisir à connaître sa vie féconde, à apprendre, qu’il a parfois sacrifié ses nuits pour vous défendre par la plume comme par la parole, qu’il a travaillé durement par amour de sa race, de sa petite patrie, de la jeunesse des écoles, de sa magnifique famille à qui il laisse moins d’argent qu’un incomparable héritage de labeur, de fierté, de foi et de patriotisme. Quand vous entendrez son nom, vous ajouterez : C’était un grand cœur. Merci à Dieu de nous l’avoir donné.
Et un HOMME de convictions et d’action. Un batailleur infatigable. Un vigilant inspiré. Un patriote dans toute l’acception du mot. Un ennemi déclaré de toutes les reculades. Un soldat, un chef de tous les instants. Il a peiné pour les siens, jusqu’à l’heure où la mort l’a terrassé. Le sénateur Gustave Lacasse est tombé debout. Les admirateurs et même ses adversaires, lui rendent ce témoignage qu’il méritait de partir ainsi, frappé glorieusement en plein combat. »
        (Inscription au dos du volume de Maurice Lacasse, Le lion de la Péninsule [Hull, s.éd., 1975] tiré d’un éloge au regretté G. Lacasse).


Oeuvres sur G. Lacasse :

Maurice Lacasse, Le lion de la Péninsule (1975) et Mistenflûte (1977), Hull, s.é.


Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Choquette, Robert, La foi gardienne de la langue en Ontario : 1900-1950, Montréal, Bellarmin, 1987, pp. 222-223.

Fonds Gustave-Lacasse, P37, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa (Guide des archives du CRCCF, pp. 141-143).

Lacasse, Maurice, Le lion de la Péninsule, Hull, chez l’auteur, 1975.

Lacasse, Maurice, Mistenflûte : souvenirs, Hull, chez l’auteur, 1979.

Marie-Rose Turcot (1887-1977)

Université d'Ottawa, CRCCF, Fonds Marie-Rose-Turcot (P22), Ph22-6

Romancière, nouvelliste et poète, Marie-Rose Turcot se range parmi les premières écrivaines et femmes journalistes de l’Ontario français. Elle est aussi une des principales artisanes en recherches folkloriques aux côtés des Marius Barbeau, Joseph-Médard Carrière, François Brassard, Lionel Bourassa et Germain Lemieux.

Fille d’un député fédéral, elle suit des cours de philosophie et de littérature à l’Université d’Ottawa. Œuvrant d’abord comme secrétaire au sein de divers ministères fédéraux, elle est promue, en 1920, au poste de secrétaire du ministre H.S. Béland. En 1920, elle se lance dans l’écriture et son conte Nestor et Picolo est primé au concours de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, publié dans un recueil intitulé L’Homme du jour. C’est le début de sa carrière littéraire. À titre de secrétaire du Conseil international des femmes, elle se rend en 1925 à Washington et fait la connaissance d’une écrivaine estonienne qui l’incite à s’initier au folklore et à écrire, comme elle, les contes de son pays.

Les contes de Marie-Rose Turcot sont publiés dans L’Oiseau bleu, une revue pour enfants; ils sont repris en 1936 dans un recueil intitulé Au pays des géants et des fées. Le Carrousel, un recueil de nouvelles, considéré comme l’œuvre la plus réussie de l’auteur, paraît en 1928. Entre 1930 et 1931, Marie-Rose Turcot relève sept contes merveilleux auprès de vieillards franco-ontariens rencontrés à Ottawa et à Montréal. Publiés tantôt séparément, tantôt en recueil, ces contes ont engendré pas moins de vingt titres durant une période de 30 ans (de 1930 à 1959) et certains d’entre eux connurent jusqu’à sept éditions.

S’affiliant au Cercle des femmes journalistes, elle visite avec ce groupe l’Ouest canadien et les Maritimes. Inspirée par ces voyages, elle écrit un roman Un de Jasper (1933). Comme le nouveau ministre ne voit pas d’un bon oeil les activités littéraires et l’allégeance politique de sa secrétaire, celle-ci quitte la fonction publique vers 1935 pour se consacrer au journalisme. En 1936, elle séjourne en Europe pendant deux mois. De 1934 à 1950, elle collabore régulièrement à la page féminine du quotidien Le Droit. Jusqu’en 1962, elle est chroniqueuse à Notre Temps, puis à Terre et Foyer en 1962 et 1963. En 1940, elle co-anime, pendant six mois, une émission à caractère littéraire à la station radiophonique CKCH.

En 1935, Marie-Rose Turcot devient membre de la Corporation Le Caveau, un regroupement de tous les mouvements artistiques et littéraires d’Ottawa, où elle puise le soutien et la stimulation nécessaires à son travail. Elle devient présidente de la Corporation des lettres du Caveau, mais s’en désintéresse vers 1945 lorsque le regroupement change d’orientation et se transforme en salon littéraire. Elle devient alors membre de la Société des écrivains et de la Société d’étude et de conférences.

À la demande du folkloriste québécois Luc Lacourcière, Marie-Rose Turcot avait (entre temps) consenti à présenter dans les cahiers des Archives de folklore (1946 et 1948) une version plus authentique préparée d’après ses notes sténographiques.

Vers la fin de sa vie, sa santé devenant chancelante, son écriture reflète davantage une recherche intérieure. Son autobiographie intitulée Simple aveu illustre cette dernière démarche.

Elle meurt à Orléans (Ontario) le 27 novembre 1977 à l'âge de 90 ans.

Critique de son œuvre Le Carrousel :

« D’instinct, l’âme simple de Marie-Rose comprend la nature et les bêtes [...]. D’instinct, [...] l’auteur recherche les mots vieux et poétiques ».
(Commentaire de Paul Gay, professeur et critique littéraire, paru dans le Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Fides, 1989).


Œuvres principales de M.-R. Turcot :

  • L’Homme du jour (contes et nouvelles), Montréal, Beauchemin, 1920.
  • Le Carrousel (contes et nouvelles), Montréal, Beauchemin, 1928.
  • Nicolette Auclair. Roman. Montréal, Louis Carrier, 1930.
  • Stéphane Dugré (contes), Montréal, Beauchemin, 1932.
  • Un de Jasper. Roman, Montréal, Éditions A. Lévesque, 1933.
  • Au pays des géants et des fées. Contes de folklore canadien, Ottawa, Le Droit, 1937; Montréal, Fides, 1951, 1955.
  • Le Maître (récits et poèmes), Hull, Éditions de l’Éclair, 1940.
  • La Belle Marie, Montréal, Fides, 1959.
  • Les Bessons, Montréal, Fides, 1959.
  • Le Chevreuil ensorcelé, Montréal, Fides, 1959.
  • Le Chevreuil merveilleux, Montréal, Fides, 1959.
  • L’Oiseau vert, Montréal, Fides, 1959.
  • Souris, Montréal, Fides, 1959.
  • Souris. Un conte de folklore canadien, Montréal, Fides, 1960.


Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Bellerive, Georges, « Marie-Rose Turcot » dans Brèves Apologies de nos auteurs féminins, Québec, Garneau, 1920, pp. 128-129.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 369-370.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Gay, Paul, La Vitalité littéraire de l’Ontario français. Premier panorama. Ottawa, Les Éditions du Vermillon, Collection « Paedagogus » no 1, 1986, pp. 111-112.

Gay, Paul, « Marie-Rose Turcot. Une grande dame marquée par les fées de sa jeunesse », dans Propos sur la littérature outaouaise et franco-ontarienne I. Introduction et choix de textes par René Dionne, Ottawa, Université d’Ottawa, « Documents de travail du Centre de recherche en civilisation canadienne-française » no 11, février 1978, pp. 48-50.

Hamel, Réginald, John Hare, Paul Wyczynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Éditions Fides, 1989, pp. 1314-1315.

Pichette, Jean-Pierre, Répertoire ethnologique de l’Ontario français : Guide bibliographique et inventaire archivistique du folklore franco-ontarien, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, Collection Histoire littéraire du Québec et du Canada français, 1992, pages multiples.

Joseph-Marie Couture (1885-1949)

C’est à l’âge de vingt-sept ans qu’il entreprit sa carrière de missionnaire à Spanish (Ontario). Quelques années plus tard, il commença à parcourir le nord du lac Nipigon en canot. C’est aussi pendant cette époque qu’il est devenu prêtre. Sa force physique et sa détermination lui ont valu l’admiration de la population « odjibwé » dont il apprit la langue. Ces derniers le surnomment Neendawishkang, « celui que l’on aime voir venir ».

Le fait suivant est une preuve de son endurance: « Cependant, au retour d’une randonnée la plus pénible de sa vie, avoue-t-il pendant laquelle il dut marcher en raquette 400 milles, en avant de ses chiens huskies qui moururent d’épuisement! Imaginez la fatigue du missionnaire. »
(Tiré de Lorenzo Cadieux, De l’aviron à l’avion : Joseph-Marie Couture, Montréal, Bellarmin, 1961, p. 110).

Après ses études au Collège de Lévis, il entre au Noviciat des pères jésuites au Sault-au-Récolet en 1906 et fait ses études de théologie à Montréal, où il est ordonné prêtre en 1922.

Il finit par s’installer à Longlac et, en 1933, il obtient un hydravion et devient le premier prêtre-aviateur du Canada. De 1933 à 1940, il s’acquiert une nouvelle réputation comme le « Père volant » (Flying Padre). D’abord accompagné de son fidèle pilote Louis Bisson, il poursuit sa mission évangélique et son œuvre sociale. En 1936, il obtient son brevet de pilote.

Missionnaire jésuite qui a œuvré dans le district de Nipigon de 1924 à 1949, le père Couture n’était pas le premier missionnaire sur ce territoire; en effet, dès 1667, le père Claude Allouez explorait le nord du lac Nipigon, et la première église catholique à Longlac a été construite en 1884.

Aussi pauvre que les Amérindiens [Indiens] qui l’entourent le père Couture a vécu modestement. Sa générosité était connue de tous. Il donnait tout, de sa farine à ses souliers.

Né le 17 octobre 1885 à Saint-Anselme de Dorchester (Québec), il est le sixième enfant de François-Xavier et de Céline Audet. Il meurt à Longlac (Ontario) le 4 mars 1949 d'une crise d'angine.

Citation :

«L’avion était un moyen de transport de toute première importance en cas d’accident et d’aide aux miséreux. Que ce soit un moribond à secourir ou une famille mourant de faim, quelle consolation de soulager et apporter la joie du réconfort! »
(Tiré de Lorenzo Cadieux, De l’aviron à l’avion : Joseph-Marie Couture, Montréal, Bellarmin, 1961, p. 82).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Lorenzo Cadieux, De l’aviron à l’avion : Joseph-Marie Couture, Montréal, Bellarmin, 1961. (Aussi paru sous le titre De l’aviron à l’avion, Joseph-Marie Couture, biographie populaire, Gatineau, Imprimerie Brisson, 1959.

«Les Flying Frenchmen»

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Léonard-Beaulne (P198),
Ph164-388détail

Jean-Baptiste « Jack » Laviolette, 1879-1960
Didier Pitre, 1884-1934
Édouard « Newsy » Lalonde, 1887-1970


Véritables héros du sport national canadien, joueurs de hockey légendaires, ces trois compagnons consacrent leurs vies aux disciplines sportives de la crosse et du hockey et marqueront l’histoire du hockey à ses débuts.

Hockeyeurs professionnels avec le club de hockey Les Canadiens de Montréal, le fameux trio franco-ontarien Laviolette-Lalonde-Pitre, surnommé « The Flying Frenchmen », participe à la conquête de la toute première coupe Stanley du Canada en 1916. Élevés aux Temples de la Renommée du Hockey et de la Renommé des sports comme joueur de crosse, les prouesses sportives exécutées par Laviolette et Lalonde impressionnent les connaisseurs de l’Ouest du Canada; de ce fait, ils sont reconnus comme étant parmi les plus grands joueurs de l’histoire du hockey et de la crosse.

Jack Laviolette, né à Belleville, joue au hockey et à la crosse de 1899 à 1910 comme amateur et comme professionnel avec plusieurs équipes. Durant quatre ans, il fait partie de la Ligue internationale avec l’équipe de Sault-Sainte-Marie. Son style exubérant lui vaut une réputation de casse-cou. Il se joint au club des Canadiens de Montréal - la plus ancienne équipe canadienne - en 1909, année de leur formation. Excellent patineur, appelé familièrement « Speed Merchant », Laviolette évolue pendant sept ans avec, entre autres, son ancien co-équipier de la crosse, Édouard « Newsy » Lalonde. Un accident d’automobile en 1917 met fin à sa carrière de joueur, mais il reste associé au hockey comme arbitre.

Natif de Cornwall, Édouard Lalonde commence sa carrière de joueur de hockey en 1905 dans sa ville natale, après avoir été employé dans un journal, ce qui lui vaut son surnom, « Newsy ». Il la poursuit en Ontario, à Saskatoon, à Vancouver et surtout à Montréal où il fait partie de l’équipe des Canadiens pendant neuf ans (1910 et 1913-1922) comme joueur - il est le premier capitaine du tricolore - et pendant deux ans comme entraîneur. L’un des plus prolifiques marqueurs, il remporte le championnat des compteurs au tournoi dans quatre saisons. Lalonde est aussi un remarquable joueur de crosse, notamment à Cornwall et à Vancouver et, en 1950, Lalonde est désigné « Meilleur joueur de la première moitié du siècle  » à ce sport qu’il disait préférer au hockey.

Tout comme Laviolette et Lalonde, Didier Pitre, né à Sault-Sainte-Marie, se défend très bien à la crosse, où il évolue avec un grand nombre d’équipes. Il joue 19 saisons de hockey professionnel avec des équipe de Montréal et de Vancouver. Il est surnommé « Cannonball  » par les amateurs de crosse.

Orientation bibliographique :

Les « Flying Frenchmen » - Jean-Baptiste Laviolette, Didier Pitre, Édouard Lalonde:

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 199, 208-209.

Ferguson, Bob, Who’s Who in Canadian Sport, Scarborough, Prentice-Hall, 1977; Toronto, Summerhill Press, 1985, pp. 142, 144, 198-199.

Jean, Sylvie, Nos athlètes, Ottawa, Les Éditions L’Interligne, 1990, pp. 92, 96-97, 106-107.

Mouton, Claude, Les Canadiens de Montréal. Une dynastie du hockey, Scarborough, Van Nostrand Reinhold, 1981.
 

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Léonard-Beaulne (P198),
Ph164-388détailA
Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Léonard-Beaulne (P198),
Ph164-388détailB
Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Léonard-Beaulne (P198),
Ph164-388détailC

 

Charles Charlebois (1871-1945)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Association canadienne-française de l'Ontario (C2), Ph2-40

Né dans une famille de 14 enfants, il était le plus jeune des cinq frères Charlebois qui sont devenus prêtres. Il étudie au Collège de l'Assomption (Québec) de 1883 à 1886, au juniorat du Sacré-Cœur et à l'Université d'Ottawa de 1886 à 1889 avant d'entrer au noviciat des pères oblats, à Lachine, en 1889. Charles Charlebois fait ses études philosophiques et théologiques au scolasticat Saint-Joseph d'Ottawa de 1890 à 1896. Entre temps, il est ordonné prêtre par Mgr Joseph-Thomas Duhamel le 8 juin 1895.

Charles Charlebois occupera diverses fonctions pastorales de 1896 à 1901, soit celles d'économe au juniorat du Sacré-Cœur (1896-1897), de professeur de sciences au scolasticat Saint-Joseph (1897-1898), puis vicaire à Mattawa, en 1898-1899, et économe à Saint-Paul-des-Métis, en Alberta, de 1899 à 1901.

Nommé curé de la paroisse Sainte-Famille d'Ottawa en 1901, Charles Charlebois prendra une part active dans les luttes pour les droits scolaires des Franco-Ontariens et sera une cheville ouvrière dans la fondation officielle de l'Association canadienne-française d'éducation de l'Ontario (ACFÉO) en 1910. De 1910 à 1934, il sera directeur du secrétariat de cette association.

Cofondateur du journal Le Droit, le père Charlebois assumera les fonctions de directeur pendant dix-sept ans, soit de 1913 à 1930, tout en étant vicaire à la paroisse Notre-Dame de Grâce, à Hull, de 1915 à 1934.

Il termine sa carrière comme premier directeur et premier supérieur du scolasticat des oblats, à Sainte-Agathe-des-Monts, de 1934 à 1945. En outre, de 1935 à 1942, il est maître des novices pour les frères convers.

Une école secondaire d'Ottawa a porté son nom de 1972 à 1997.

Né le 4 novembre en 1871 à Sainte-Marguerite-du-lac-Masson, au Québec, il meurt à Montréal le 5 octobre en 1945 à l'âge de 74 ans.

Citations :

Voir le fonds Charles-Charlebois, aux Archives oblates Deschâtelets, Ottawa; aussi, fonds de l’Association canadienne-française d'Éducation d'Ontario (ACFEO), Université d'Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Ottawa.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Archives oblates (Deschâtelets), Ottawa (Ontario). Fonds Charles-Charlebois.

Carrière, Gaston, Dictionnaire biographique des Oblats de Marie-Immaculée au Canada, tome 1, Ottawa, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1976, pp. 184-185.

Choquette, Robert, La foi gardienne de la langue en Ontario, 1900-1950, Montréal, les Éditions Bellarmin, 1987, pp. 210-213.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 81-82.

Journal Le Droit, Ottawa, 5 octobre 1945, 28 mai 1955, 5 octobre 1970; journal Le Devoir, Montréal, 6 octobre 1945.

Napoléon-Antoine Belcourt (1860-1932)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Association canadienne-française de l'Ontario (C2), Ph2-29

Né à Toronto d’un père canadien-français et d’une mère canadienne-anglaise, Napoléon-Antoine Belcourt fait ses études primaires et secondaires au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières et ses études de droit à l'Université Laval de Montréal. Titulaire d'une maîtrise en droit, summa cum laude, il est admis au Barreau du Québec en 1882 et à celui de l'Ontario en 1884. Il s'établit à Ottawa en 1894 où il est greffier du district judiciaire et avocat de la Couronne pour le comté de Carleton jusqu’en 1896.

Cette année-là, il se porte candidat à la Chambre des communes et est élu député libéral. Réélu aux élections de 1900 et de 1904, il est président de la Chambre des communes de 1904 à 1907. Entre temps, Napoléon-Antoine Belcourt est appelé au Conseil privé en 1905 et est nommé au Sénat en 1907, poste qu'il occupe pendant 24 ans. Tout en occupant ces fonctions publiques, il fonde et dirige un important cabinet d'avocats, Belcourt et Ritchie, à Ottawa.

Toujours sénateur, Belcourt se fait élire président de l'Association canadienne-française d'Éducation d'Ontario de 1910 à 1912, puis à nouveau de 1920 à 1930. Chef de file respecté des Franco-Ontariens, il défend la cause des Canadiens-Français d'Ontario contre l'inique Règlement XVII devant la Cour suprême de l’Ontario et en 1916 au Conseil privé à Londres, alors le plus haut tribunal du pays. Orateur, il fait publier une demi-douzaine de conférences sur les droits des Franco-Ontariens et sur le bilinguisme au Canada. Il contribue de sa plume à des journaux et revues en matières légales, sociales et éducatives et deviendra lui-même propriétaire et éditeur du journal Le Temps d'Ottawa dans les années 1910. Napoléon-Antoine Belcourt travaille aussi à l'organisation de la Unity League, une association regroupant des Canadiens de langue anglaise et de langue française afin de faire comprendre aux Canadiens-Anglais le sens et la justesse des revendications franco-ontariennes en matière d'éducation.

Ses fonctions à titre de juriste, de parlementaire et d'homme d'État l'amènent à diriger de nombreux organismes et à participer à de nombreux regroupements.

[Facultatif :
En voici quelques-uns : président pendant 10 ans du Club libéral d'Ottawa, président honoraire du Club Belcourt, vice-président du National Council of Education, vice-président de la Société de la Ligue des Nations au Canada, membre de l'Institut belge de droit comparé, de la Society of Comparative Legislation, de l'American Society of International Law, président du groupe canadien (d'Ottawa) du Royal Institute of International Affairs, directeur de l'Alliance française et de France-Amérique. Délégué au sixième Congrès des Chambres de commerce de l'Empire en 1906 et un des délégués des Dominions autonomes à l'association de l'assemblée parlementaire de l'Empire à Londres; ministre plénipotentiaire pour le Canada à la Conférence Interalliés et plus tard à la Conférence internationale de Londres, président du groupe canadien de l'Union interparlementaire en même temps qu’il est membre du Colonial Institute (Londres) et de l'Union interalliés (Paris).]

Membre de plusieurs associations fraternelles et de bienfaisance, il est directeur de corporations industrielles et financières en plus de siéger à des organismes sociaux et culturels de la région d'Ottawa.

En récompense de ses nombreux services, Napoléon-Antoine Belcourt reçoit les décorations d’Officier de la Légion d'Honneur, chevalier commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand et chevalier commandeur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Il meurt à l'âge de 71 ans à son chalet de Blue Sea Lake (Québec) en 1932.
Au moment de sa mort, Le Droit d’Ottawa écrivait :

«Père de cette Association [l’ACFÉO] qui a tant accompli pour l’avancement et la défense de nos droits dans l’Ontario, l’honorable Belcourt est resté l’apôtre infatigable de l’irrédentisme français dans sa province » (8 août 1932).

Pour honorer sa mémoire, une ville en Abitibi porte son nom et une ancienne école secondaire d'Ottawa - l'école secondaire Belcourt, 1971-1983 - a porté son nom.

Citations :

Voir Paul-François Sylvestre, Le discours franco-ontarien, Ottawa, Éditions L’Interligne, pp. 23-30.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Choquette, Robert, La foi gardienne de la langue en Ontario, 1900-1950, Montréal, Éditions Bellarmin, 1987, pp. 213-219.

Le Discours franco-ontarien : textes choisis et réunis par Paul-François Sylvestre à l'occasion du 75e anniversaire de l'ACFO, Ottawa, Les Éditions L'Interligne, 1985, pp. 23-30.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 45.

Fonds Napoléon-Antoine-Belcourt, P133, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa. (Guide des archives du CRCCF, p. 21).

Journal Le Droit, Ottawa, 8 août 1932, pp. 1-3, 5; 9 août 1932, pp. 1, 3, 4, 8;
10 août 1932, pp. 1-3.

Sylvestre, Paul-François, Nos parlementaires, Ottawa, Les Éditions L'Interligne, 1986, p. 81.

Élisabeth Bruyère (1818-1876)

Université d’Ottawa, CRCCF, Collection générale du Centre de recherche en civilisation canadienne-française (C38), Ph123ph1-I-59

Élisabeth Bruyère commence à enseigner dès l'âge de seize ans dans une école de rang à Saint-Esprit, au Québec. Entrée en 1839 dans la communauté des Sœurs de la Charité, dites Sœurs Grises de Montréal, elle fait profession en 1841, puis enseigne aux orphelines qui lui sont confiées. En 1845, à l’âge de 26 ans, elle reçoit le mandat de fonder une nouvelle maison à Bytown et est choisie comme supérieure fondatrice de l’hôpital général de Bytown. Onze jours après son arrivée à Ottawa, elle ouvre une école bilingue dans un humble hangar de la rue Saint-Patrice. Deux mois plus tard, grâce à elle, le premier hôpital voit le jour, suivi de l'aménagement d'un orphelinat temporaire.

La congrégation des Sœurs Grises de la Croix de Bytown (aujourd'hui connue sous le nom des Sœurs de la Charité d'Ottawa) a une triple mission : l'éducation de la jeunesse, le service aux pauvres et le soin des malades. Elle connaît une expansion rapide puisqu'en 1848, c'est l'ouverture d'une école-pensionnat à Cornwall. L'année suivante, les Sœurs Grises ouvrent à Bytown leur premier pensionnat qui fut à l'origine du pensionnat de la rue Rideau (Pensionnat Notre-Dame-du-Sacré-Cœur), dans lequel des générations de jeunes filles ont reçu une éducation solide. De plus, les religieuses enseignent à des centaines d'enfants dans les écoles paroissiales de langues française et anglaise. En 1857, elles essaiment aux États-Unis pour desservir, en cinq écoles, la population franco-américaine, particulièrement dans l'État de New York. Des institutions de Sœurs Grises prennent naissance dans seize autres collectivités au Québec et en Ontario.

À cette liste imposante de réalisations s'ajoutent des œuvres caritatives au bénéfice des orphelines, des orphelins et des personnes âgées de la capitale nationale : entre autres, l'Orphelinat Saint-Joseph, l'Asile Saint-Patrice et l'Hospice Saint-Charles.

La compassion de Mère Bruyère la fait se pencher sur tous les besoins de l'heure : avec ses compagnes elle fonde une école du soir pour les mères de famille, organise des visites à domicile pour les personnes infirmes, malades et âgées, ainsi que des visites aux prisonnières et aux prisonniers. En plus d'assister les agonisants, elle apporte secours et protection aux sans-abri, aux jeunes émigrés sans emploi et aux jeunes filles repenties. En 1847, selon des statistiques, les sœurs accueillent 619 victimes de l'épidémie de typhus dans des abris de fortune. Lorsqu'une épidémie de petites vérole fait rage en 1871, les religieuses font preuve d'un dévouement remarquable.

Pendant 31 ans, comme supérieure générale, Élisabeth Bruyère assume la responsabilité de sa congrégation en dépit d'une santé fragile et de mille tracas financiers. Des démarches pour obtenir la béatification de cette vaillante pionnière, entreprises en 1978, progressent constamment comme le démontre le procès diocésain de juin 1989.

Un centre de santé à Ottawa porte son nom, le Centre de santé Élisabeth-Bruyère, et une plaque historique, située devant la maison-mère des Sœurs de la Charité d'Ottawa depuis août 1995, honore sa mémoire.

Depuis 1998, une école primaire de Kanata (Ottawa) porte son nom.

Née à L'Assomption, au Québec, le 19 mars 1818, elle meurt à Ottawa le 5 avril 1876 à l'âge de 58 ans

Citations :

Voir René Dionne, dans son Anthologie de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours, tome 1, pp. 554-573, ainsi que les Lettres d’Élisabeth Bruyère, recueillies par Jeanne d’Arc Lortie, 2 volumes, Éditions Paulines, 1989, 1992; aussi, les biographies d’Émilien Lamirande, Élisabeth Bruyère (1818-1876), fondatrice des Sœurs de la Charité d’Ottawa (Sœurs Grises), Éditions Bellarmin, 1992, et de Sœur Paul-Émile, Mère Élisabeth Bruyère et son œuvre. Les Sœurs Grises de la croix, tome 1 : Mouvement général, 1845-1876, Maison mère, 1945.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Bordeleau, Huguette et al., Élisabeth Bruyère. Femme à l'écoute, femme à l'œuvre, fondatrice des Sœurs de la Charité d'Ottawa (Sœurs Grises de la Croix), Collection « Les Grands moments de l'Église canadienne », [Italie], Éditions Sadifa-Media, 1987.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 65-66.

Dionne, René, Anthologie de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours, tome 1 : les origines françaises (1610-1760), les origines franco-ontariennes (1760-1865), Sudbury, Prise de parole, Collection Histoire de la littérature franco-ontarienne, 1997, pp. 554-573.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Lamirande, Émilien, Élisabeth Bruyère 1818-1876, fondatrice des Sœurs de la Charité d'Ottawa, Sœurs Grises, Saint-Laurent (Montréal), les Éditions Bellarmin, 1992.

Lettres d’Élisabeth Bruyère, présentées Jeanne d’Arc Lortie, vol. 1 : 1839-1849, Montréal, Éditions Paulines, 1989.

Lettres d’Élisabeth Bruyère, présentées par Jeanne d’Arc Lortie, vol. 2 : 1850-1856, Montréal, Éditions Paulines, 1992.

Sœur Paul-Émile (Louise Guay), « Bruyère (Bruguier), Élisabeth », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, pp. 116-117.

Sœur Paul-Émile (Louise Guay), « Élisabeth Bruyère », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. X, pp. 116-117.

Sœur Paul-Émile, Mère Élisabeth Bruyère et son œuvre : les Sœurs Grises de la Croix, tome I:, 184 Mouvement général, 1945-1876, préface de Son Éminence le Cardinal Rodrigue Villeneuve, Ottawa, Maison-Mère, 1945.

Joseph-Balsora Turgeon (1816-1897)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Institut canadien-français d'Ottawa (C36), Ph38-62

Né à L’Assomption, au Bas-Canada, le 22 avril 1816, Joseph-B. Turgeon arrive à Bytown probablement en 1836. Il exerce le métier de forgeron, puis travaille dans l’industrie du bois et s’associe à un commerce de voitures.

En 1844, il fait partie de la fanfare appelée Les musiciens de Bytown que dirige le capitaine Paul Favreau. Succédant à Jean Bédard, Turgeon est élu conseiller municipal pour le quartier nord de la Basse-Ville de Bytown en 1848, puis réélu en 1849. Cette même année, il est nommé juge de paix. C’est en cette qualité qu’il tente d’apaiser la foule à une assemblée publique tenue au marché By le 17 septembre 1849. L’assemblée dégénère en une sanglante bagarre entre les deux factions politiques – les Tories (conservateurs) et les Reformers (libéraux) – et entre Canadiens-Français, Irlandais et Canadiens-Anglais. C’est cette triste jounée que l’on a surnommé « Stoney Monday ».

En 1851 et en 1852, Turgeon est de nouveau élu conseiller municipal pour le quartier centre. En 1852 il devient commissaire d’écoles puis fonde et devient le premier président de l’Institut canadien-français. Membre d’un cabinet de lecture – le Mechanics’ Institute -- fondé par un certain monsieur Powell, Joseph-B. Turgeon proteste avec véhémence quand on propose l’exclusion des Canadiens français. En quittant la salle avec quelques-uns de ses compatriotes, il annonce qu’il fondera un cercle littéraire qui survivra longtemps après la disparition du cabinet de langue anglaise. C’est ce cercle littéraire qui deviendra plus tard l’Institut canadien-français d’Ottawa.

Élu maire de Bytown en 1853, c’est au cours de son mandat que Turgeon réussit à obtenir des fonds pour les écoles des sœurs grises dites Sœurs de la Charité d’Ottawa. Il propose aussi que Bytown obtienne le statut de ville et qu’elle prenne le nom de « Ottawa ».

Il siège de nouveau à la commission scolaire en 1855, est nommé capitaine de la milice no 2 d’Ottawa en 1856, puis élu de nouveau au conseil municipal en 1862. C’est à titre de conseiller scolaire et avec l’aide de son ami l’avocat Richard W. Scott, qu’il propose un système d’écoles séparées à Ottawa.

À partir de la fin des années 1860, Turgeon se retire progressivement de la vie publique et il se retrouve agent général de la compagnie Mosgrove, rue Rideau. En reconnaissance de ses efforts soutenus pour la cause catholique, il est fait Chevalier de l’Ordre de St-Grégoire le Grand pour sa contribution à l’établissement des écoles séparées catholiques à Ottawa.

Ami de l’Évêque de Bytown, Mgr Joseph-Eugène-Bruno Guigues, Joseph-B. Turgeon a été, de par ses fonctions officielles, l’hôte de plusieurs dignitaires venus à Bytown et Ottawa, dont Lord Elgin, Gouverneur général, Mgr Bedini, nonce apostlique et le capitaine Henry de Belvèze, représentant de Napoléon III.

Marié à Mary Ann Donohue en premières noces et à une demoiselle Mesnard en deuxièmes noces, il est le père de quatre enfants.

Il meurt à Hull, Québec, le 17 juillet 1897. Son service funèbre est célébré dans la chapelle de l’Université d’Ottawa avec la participation de la chorale de la paroisse Saint-Joseph. En plus des membres de sa famille, des amis du défunt étaient présents tels Sir Richard W. Scott, Secrétaire d’État, Honoré Robillard, ancien député fédéral, Frank McDougal, ancien maire, Joseph Boyden et J.B. Jackson, hommes d’affaires.

Citation :

« M. Turgeon était un homme de réelle valeur. Son nom reste attaché à la manifestation publique des idéals français et canadien au cours des dernières années de Bytown. L’Institut qu’il fonda était le centre de la pensée française laïque à l’ouest de Montréal, et l’empire que cette société littéraire exerçait sur les esprits était fermement établi, avec l’appui de Mgr l’Évêque et des Oblats, qui lui accordait une confiance significative. Les élans populaires de notre groupe [canadien-français] sont venus de cet organisme social puissant, et les projets d’ensemble qui ne relevaient pas directement de l’Ordinaire ou des paroisses trouvaient ici une serre chaude où la germination et le mûrissement se succédaient rapidement dans un terrain savamment travaillé. » (Jules Tremblay, Sainte-Anne d’Ottawa : un résumé d’histoire 1873-1923, Ottawa, s. éd., p. 31-32).

Orientation bibliographique sur J.-B. Turgeon :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française : francophonie nord-américaine hors Québec, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 371.

Pelletier, Jean Yves, Joseph-Balsora Turgeon (1816-1897), fondateur et premier président de l’Institut canadien-français d’Ottawa (1852) et premier maire canadien-français de Bytown (1853), Ottawa, chez l’auteur, 2002, 15 p. (Texte révisé : 2008)

Mgr Joseph-Eugène-Bruno Guigues, 1805-1874

Joseph-Eugène-Bruno Guigues / Ottawa, [av. 1874]. Université d’Ottawa, CRCCF,Ph123-ph1-I-186

Organisateur, administrateur, éducateur et littérateur, Mgr Guigues est le premier évêque de Bytown (aujourd’hui Ottawa). Provincial des pères oblats du Canada de 1856 à 1864, pendant les vingt-six années de son épiscopat - de 1847 à 1874 -, Mgr Guigues se préocuppe de la réconciliation entre Canadiens-Français et Irlandais, deux groupes partageant la même foi. Durant son épiscopat il fonde, en 1848, un grand séminaire et le Collège de Bytown, qui deviendra plus tard l'Université d'Ottawa.

C’est à l'âge de 16 ans que Bruno Guigues entre au noviciat des Missionnaires de Provence (devenu les oblats de Marie-Immaculée), à Gap (France). Après des études dans un collège des jésuites puis au noviciat des oblats, il fait ses études en théologie à Aix-en-Provence et est ordonné prêtre oblat le 13 mai 1828.

Le père Guigues prêche des missions en France de 1828 à 1844. Professeur de philosophie et économe au grand séminaire de Marseille, il est nommé maître des novices, puis, en 1834, il est chargé de la restauration du sanctuaire de Notre-Dame-de-l'Osier.

Nommé supérieur de la maison Longueuil et provincial de sa congrégation au Canada en 1844, le père Guigues est nommé premier évêque du nouveau diocèse de Bytown le 9 juillet 1847, qui deviendra celui d'Ottawa en 1860.

Mgr Guigues, communément appelé « Mgr de Bytown », repousse constamment les limites de son diocèse en fondant des paroisses qui atteignent souvent des lieux fort éloignés. Pour mieux le développer, il fonde une société de colonisation en 1849. Il construit l'actuelle cathédrale et favorise le maintien des écoles confessionnelles séparées et l'enseignement dans les deux langues. Aux trois églises en pierre, aux trente chapelles en bois, aux huit prêtres séculiers, aux sept missionnaires oblats, se sont ajoutés, entre 1848 et 1873, trois congrégations de femmes, 55 églises, 33 chapelles, 54 prêtres séculiers et 26 religieux Oblats. À sa mort, la population catholique de son diocèse s'élève à 96 000 habitants.

Une école primaire d'Ottawa portait son nom entre 1864 et 1979 (l'édifice de l'ancienne école Guigues est devenu aujourd'hui un centre de jour pour aînés, le Centre de jour Guigues). Une rue d'Ottawa porte son nom et deux villages québécois et un village ontarien se nomment Guigues.

Il meurt à Ottawa le 9 février 1874 à l'âge de 69 ans.

Citations :

    Voir René Dionne, dans son Anthologie de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours, Prise de parole, 1997, pp. 543-553.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Carrière, Gaston, Dictionnaire biographique des Oblats de Marie-Immaculée au Canada, Ottawa, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1977, tome II, pp. 123-124.

Carrière, Gaston, « Joseph-Bruno Guigues », dans Dictionnaire biographique du Canada,
vol. X, pp. 352-354.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 175.

Dionne, René, Anthologie de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours, tome 1 : les origines françaises (1610-1760), les origines franco-ontariennes (1760-1865), Sudbury, Prise de parole, Collection Histoire de la littérature franco-ontarienne, 1997, pp. 543- 553.

Gladu, Louis de Gonzague, Monseigneur J.E.B. Guigues, 1er évêque d'Ottawa : sa vie et ses œuvres, 1874.

Guindon, Roger, Coexistence difficile : La dualité linguistique à l'Université d'Ottawa,
volume 1 : 1848-1898, Ottawa,
Les Presses de l'Université d'Ottawa, 1989, pp. 11-17,
31-34, 50-54, 177-179.

Lamoureux, Georgette, Ottawa 1855-1876 et sa population canadienne-française, tome II, Ottawa, chez l'auteur, 1980, pp. 188-192.

Sylvestre, Paul-François, Les évêques franco-ontariens (1833-1986), Hull, Éditions Asticou, 1986, pp. 94-95.

Joseph « Jos » Montferrand (1802-1864)

Université d'Ottawa, CRCCF, Collection générale du Centre de recherche en civilisation canadienne-française (C38), Ph123ph1-I-96

La société canadienne-française du XIXe siècle a valorisé les hommes forts jusqu’à en faire un culte; Jos Montferrand passe à la légende aux côtés de Louis Cyr et du géant Beaupré. De nombreux auteurs canadiens présentent les exploits de Joseph Montferrand et de ses adversaires. Les exploits de Montferrand sont véhiculés dans une pièce de théâtre, composée en 1903, dans une dizaine d’articles et de livres et dans des chansons populaires interprétés par La Bolduc (Mary Travers) et Gilles Vigneault.

« Voyageur » montréalais, et pugiliste redouté et invaincu, homme fort et figure légendaire, de son vivant Montferrand est considéré comme un héros national. Tour à tour charretier, bûcheron, draveur, contremaître, guide de « cages », homme de confiance des marchands de bois, Jos Montferrand allait durant une trentaine d’années mener la vie aventureuse des hommes de chantier dans la vallée de l’Outaouais.

Ses exploits légendaires ont surtout pour cadre la région frontalière de l’Outaouais, principalement Hull et Bytown, où le héros défend les Canadiens français contre les brutalités des Irlandais. Les exploits les plus marquants que la traditon orale semble lui avoir attribués sont la mise hors de combat des plus célèbres fier-à-bras et boulés (“bully”) anglais, irlandais, écossais et noirs, la mise en déroute de 150 Shiners sur le pont de Hull à Bytown, l’estampillage de son talon sur le plafond des tavernes grâce à une « flippe » (culbute) époustouflante, le lever de sa charrue à bout de bras et d’une seule main.

Les exploits de l’homme fort qu’était Jos Montferrand ont marqué le XIXe siècle tout autant que la légende de Cadieux l’avait fait pour le XVIIIe, de telle sorte que les récits les mettant en scène ont été répétés à peu près sans interruption jusqu’à ce jour.

Fils de François-Joseph Favre dit Montferrand, voyageur, et de Marie-Louise Couvret, Joseph Montferrand dit Favre est né le 25 octobre 1802 à Montréal. Veuf de Marie-Anne Trépanier, il épouse Esther Bertrand en secondes noces le 28 mars 1864, qui lui donne un fils posthume, Joseph-Louis. Jos Montferrand meurt à Montréal le 28 mars 1864.

Citations sur Montferrand:

« [...] Aucun nom, après celui du grand Papineau (Louis-Joseph Papineau), n’a été plus popularisé, partout où sur la terre d’Amérique, se parle la langue de France ».
        (Tiré d’un écrit de Wilfrid Laurier en 1868).

« Le secret de cette popularité, c’est que Jos Montferrand réunit dans sa personne, tous les traits du caractère national et tous aussi complètement développés que le puisse comporter la nature humaine. Chez lui, la bravoure indomptée, la force musculaire, la soif des dangers, la résistance aux fatigues, - ces qualités distinctives du peuple d’il y a cinquante ans, - furent poussées à un degré presque prodigieux. En un mot, Jos Montferrand a été le Canadien le plus véritablement canadien qui se soit vu. »
        (Biographie de Montferrand, écrit par Wilfrid Laurier, paru sous la forme de feuilletons dans l’Indépendance canadienne, Montréal,
        22 et 25 avril 1868).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Côté, Jean, Jos. Montferrand, le magnifique, Montréal, Éditions Québécor, réédition (de l’édition de 1980), 1994.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 250-251.

Goyer, Gérard et Jean Hamelin, « Jos Montferrand », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. IX, pp. 620-623.

Massicotte. Edmond-Zotique, Athlètes canadiens-français. Recueil des exploits de force, d’endurance, d’agilité, des athlètes et des sportsmen de notre race depuis le XVIIIe siècle. Biographies. Portraits. Anecdotes. Records. Montréal, Librairie Beauchemin, 1909.
[Sur Montferrand, voir pp. 77-90].

Montpetit, André-Napoléon, Nos hommes forts [...], Québec, 1884.

Pichette, Jean-Pierre, Répertoire ethnologique de l’Ontario français : Guide bibliographique et inventaire archivistique du folklore franco-ontarien, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, Collection Histoire littéraire du Québec et du Canada français, 1992, pages multiples.

Sulte, Benjamin, Histoire de Jos. Montferrand l’athlète canadien, Nouvelle édition ornée de nombreuses gravures [Montréal, C.O. Beauchemin, 1899]; édition antérieure : 1884. Collection Héritage du Québec, Montréal, Les Éditions de Montréal, Collection « Héritage du Québec », 1975.

Armand-François-Marie de Charbonnel (1802-1891)

Université d'Ottawa, CRCCF, Collection générale du Centre de recherche en civilisation canadienne-française (C38), Ph123ph1-I-195

D’abord et avant tout un prédicateur, on reconnaît toutefois Armand de Charbonnel comme « père et fondateur de la province ecclésiastique de Toronto ». Pendant son épiscopat, d’une durée de dix ans, il fit construire 23 églises, organisa la Société Saint-Vincent-de-Paul, créa des établissements importants : hôpitaux, orphelinats, foyer pour les personnes âgées et des auberges pour jeunes. C’est lui qui a fait venir plusieurs communautés religieuses dans le diocèse pour s’occuper de l’enseignement et de l’assistance sociale, entre autres, les frères des écoles chrétiennes, les pères basiliens, les Sœurs de Saint-Joseph. On lui reconnaît la création d’écoles séparées (il était membre du conseil de l’Instruction publique).

Ordonné prêtre en 1825, puis entré chez les pères sulpiciens en 1826, le jeune prêtre enseigne aux séminaires de Lyon, Paris, Bordeaux et Versailles. En 1838 il décline l’invitation du cardinal Donnet qui lui offre le poste de grand vicaire. Un an plus tard, il refuse la même charge auprès des évêques d’Autun et du Puy. Sa fuite en Amérique n’arrange rien puisqu’on lui offre un évêché dans une colonie anglaise, puis la coadjutorerie en Nouvelle-Orléans; de Charbonnel préfère enseigner à Baltimore. En 1840, il arrive à Montréal et y demeure pendant sept ans. Atteint du typhus, il rentre en France pour se faire soigner.

Le pape Pie XI le mande à Rome en 1850, le nomme deuxième évêque de Toronto et le sacre lui-même dans la chapelle Sixtine, le 26 mai 1850. En 1856, il obtient la division de son territoire pour l’érection des diocèses de London et de Hamilton. Français de naissance et de cœur, Mgr de Charbonnel ne s’était jamais senti à la hauteur de sa tâche, en raison de l’écart linguistique et culturel qu’il y avait entre lui et ses ouailles.

Mgr de Charbonnel démissionne le 26 avril 1860, retourne en France et entre dans l’ordre des Capucins. Il refuse divers honneurs, mais il accepte de servir d’auxiliaire au cardinal de Bonald pendant vingt-deux ans. Né au château de Flachats, en Haute-Loire (France), fils du seigneur Jean-Baptiste de Charbonnel, il est né le 1er décembre 1802. Il meurt en France le 29 mars 1891.

Une école secondaire de langue française de Toronto porte aujourd’hui son nom.

Citation :

«Tant que nous n’aurons pas à la chambre un catholique aimant plus l’Église que lui-même et capable de défendre ses droits [aux écoles séparées] et que nous n’aurons pas montré que nous, Évêques, pour ces mêmes droits, nous sommes capables sinon d’empêcher du moins d’opposer l’élection de quelque ministre ou membre influent, nous n’inspirerons aucune crainte et nous n’obtiendrons rien. »
        (Lettre à Mgr Guigues, le 11 avril 1855; tiré de Paul-François Sylvestre,
        Les évêques franco-ontariens (1833-1986), Éditions Asticou, 1986).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 81.

Nicolson, Murray W., John S. Moir, « Armand-François-Marie de Charbonnel », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. XII, pp. 198-202.

Sylvestre, Paul-François, Les évêques franco-ontariens (1833-1986), Hull, Éditions Asticou, 1986, pp. 68-69.

Jacques (dit « James ») Baby (1763-1833)

Député, fonctionnaire, juge, lieutenant-colonel, officier de milice et propriétaire foncier, James (baptisé Jacques) Baby est un des négociants et homme politique les plus influents de son époque. Entre 1792 et 1830, on accorda à cet homme politique plus de 115 postes ou commissions d’importance diverse.

Loyal à la couronne britannique depuis la Conquête, Baby devient l’un des plus importants fonctionnaires de l’ouest du Haut-Canada. Il est nommé au Conseil législatif et au Conseil exécutif, ainsi qu’au poste de lieutenant du comté de Kent par le gouverneur Simcoe.

Après ses études au Séminaire de Québec, il s’initie au monde des affaires en Angleterre. Dès son retour au Canada, il se lance dans le commerce des pelleteries.

C’est en 1792 qu’il amorce une carrière politique lorsqu’il est nommé au Conseil législatif et exécutif du Haut-Canada. En 1793, il accepte le poste de juge de la Cour de surrogate du district de Western. Rassembleur de la milice locale de sa région, on lui confie le commandement du 1st Kent Militia en 1794. Cette même année sa famille, en vertu du traité de Jay, il doit quitter Détroit et s’établir à Sandwich (Windsor). Grand propriétaire foncier, il acquiert, entre 1793 et 1800, un grand nombre de terrains : à Sandwich, à Newark (Niagara-on-the-Lake), à York ainsi que dans les cantons de Yarmouth, de Dorchester, de Harwich, de Malden, d’Aldborough et de Dunwich. En 1799, il est désigné pour occuper temporairement la fonction de surintendant général adjoint des Affaires indiennes.

Lorsque la guerre avec les Américains éclate en 1812, il conduit la milice depuis Sandwich jusqu’à Amherstburg. Baby a vu sa maison pillée et il a subi de nombreuses pertes matérielles. Aussi, le décès de sa femme lui fut très pénible. Baby va s’établir à York en 1815 où il est nommé inspecteur général des comptes publics, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Il jouit de l’amitié des hommes les plus influents du Haut-Canada et il fait partie d’un groupe qui forme l’élite socio-politique du Haut-Canada. connu sous le nom de family compact. Étant l’un des commissaires responsables des propriétés confisquées et chargé de disposer des biens de ceux qui avaient trahi leur pays pendant la guerre de 1812, Baby est nommé arbitre du Haut-Canada au début de 1823 dans la querelle qui opposait cette province au Bas-Canada et qui avait pour objet le partage des revenus douaniers. L’arbitrage est couronné de succès et met fin à une période particulièrement difficile de l’histoire financière de la province.

James Baby (baptisé Jacques) est né le 25 août 1763, le fils de Jacques Duperron Baby et de Susanne Réaume dit La Croix. Il a épousé en secondes noces Elizabeth Abbott. Il a cinq fils et une fille. James Baby meurt le 19 février 1833 à York (Toronto).


[Facultatif:
À York, Baby continuait de se livrer à la spéculation foncière et il continuait de recevoir des lots en récompense des services qu’il rendait au gouvernement.]

Citations :

« Les influences qui ont fait entrer aux conseils le jeune gentleman français ont aussi joué dans sa nomination au poste de lord-lieutenant du comté de Kent, et ces influences qui se faisaient sentir non seulement avant l’avènement du gouvernement, semblent avoir pris solidement racine au Québec où son importance, ses intérêts, ses biens et sa loyauté ont fait apparemment l’objet de tropes éloquents. »
        (Selon l’arpenteur général David William Smith).

« La pensée que je puis être utile, particulièrement à nos pauvres Canadiens qui n’ont ici d’autre appui que moi, me porte à tout accepter, quelque soient  mes répugnances. »
        (Baby à Simcoe lorsqu’il accepte le poste de juge).

« Je suis devenu un homme important, rien de moins que l’arbitre du Haut-Canada. Que penses tu de ça? Un Canadien du Haut-Canada choisi pour régler des différends avec le Bas-Canada! »
        (Lettre de Baby à un ami).

« Un chrétien sans artifice, affable et de belles manières, courtois dans ses paroles, digne dans son comportement, chaleureux envers ceux qu’il aimait, fidèle à ses amis, inébranlable dans ses principes et (qui) puisait dans la religion le mobile de tous ces actes ».
        (Éloge de John Strachan, ami de Baby et un de ses exécuteurs testamentaires).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Clarke, John, « James (Jacques) Baby », dans Dictionnaire biographique du Canada,
vol. VI, pp. 23-25.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 36.

Elizabeth Bertrand (1762-1827)

Lors de la guerre entre les États-Unis et le Canada de 1812-1814, la femme d’affaires Elizabeth Bertrand a joué un rôle capital. D’origine métisse, née à l’Arbre Croche (Cross Village), au Michigan, cette descendante d’un chef Outaouais épouse, en juillet 1776, à l’âge de 14 ans, David Mitchell, chirurgien au service du 8e régiment du roi de Grande-Bretagne. Elizabeth Bertrand a un talent exceptionnel pour les affaires et même si, sur papier, la Compagnie Mackinac fondée par le couple vers 1784 appartient à son mari, c’est elle qui la dirige. Bien qu’elle ne soit pas la seule femme à pratiquer la traite des fourrures, sa compagnie est, à l’époque, la plus importante de la région des Grands Lacs et son rayonnement comprend plusieurs États américains et une partie de l’Ontario d’aujourd’hui.

Le gouvernement britannique a beaucoup de respect et d’estime pour cette femme énergique et entreprenante qui comprend et connaît les cultures européennes et autochtones étant donné ses origines. Révérée par les autochtones qui la surnomment « Reine des fleurs », elle reçoit d’eux l’Isle Ronde en 1814, en reconnaissance de son rôle pendant la guerre.

En plus de gérer le poste de traite, Elizabeth Bertrand exploite une ferme prospère et sa famille connaît l’aisance. De 1816-1817 jusqu’à sa mort en 1827, Elizabeth Mitchell, née Bertrand, exploite une ferme, un commerce de fourrure et des magasins de détail aux îles Drummond et Mackinac. À l’âge de 45 ans, elle donne naissance au dernier de ses douze enfants. La plupart d’entre eux sont éduqués à Montréal ou en Europe, et s’orientent vers la médecine et le commerce.

Parlant couramment le français et l’anglais, elle maîtrise également plusieurs langues autochtones. Véritable leader, elle tient des conseils avec les membres des diverses tribus, selon la méthode traditionnelle de prise de décision qui repose sur le consensus. Grâce à ses relations cordiales avec les Amérindiens, elle réussit à les convaincre de se ranger derrière les Britanniques et de défendre le pays contre les forces américaines durant la guerre de 1812-1814. Grâce à son intervention, l’île Mackinac se trouve de nouveau entre les mains des Britanniques, sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré. Cependant, à la fin de la guerre, les Britanniques restituent tous les forts qu’ils ont capturés, trahissant ainsi leurs alliés autochtones.

Harcelée et accusée par les Américains d’espionnage, menacée d’emprisonnement à Détroit, Elizabeth Bertrand quitte furtivement l’Île Mackinac en canot, la nuit. Elle y retourne plus tard pour poursuivre le commerce des fourrures, mais avec l’expansion de l’American Fur Company, la Compagnie Mackinac perd son importance.

Elizabeth Bertrand est née à L'Arbre Croche (Michigan) et meurt à Mackinac le 26 février 1827.


Citation :

    « Quant les Américains attaquèrent sans succès l’île Mackinac à l’été de 1814, Elizabeth Mitchell s’occupa de recruter des alliés pour les Britanniques chez ses parents ouataouais de l’Arbre Croche. En témoignage de reconnaissance, les autorités lui accordèrent une allocation annuelle de £50 pendant deux ans. Les Sauteux la tenait aussi en grande estime. En novembre 1814, ils lui offrirent le titre de propriété de l’île Round, leur cimetière traditionnel situé à un demi-mille au sud-est de l’île Mackinac. »
        (Tiré du Dictionnaire biographique du Canada, vol. VI, p. 562).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Armour, David Arthur, « David Mitchell », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. VI, pp. 561-564.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, pp. 50-51.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Pierre Potier (1708-1781)

Surnommé « la bouche Belgique », le père jésuite Pierre Potier est envoyé en Nouvelle-France, où il y dirige dès 1744 la mission de l’île aux Bois-Blancs (aujourd’hui Bob-Lo Island), sur la rivière Détroit. En 1767, il fonde, sur une des rives de la rivière, la première paroisse en Ontario : Notre-Dame-de-l’Assomption.

Missionnaire chez les Hurons et les Français de Détroit (Windsor) de 1744 à 1781, le jésuite belge Pierre Potier a laissé une documentation considérable. Documents indispensables pour l’étude de la formation des missionnaires jésuites et du travail d’évangélisation en Nouvelle-France, les écrits de Potier touchent la théologie, la philosophie, la morale, l’Écriture sainte, les langues (latine, française, huronne), les sciences, l’administration de la mission (livres de compte, registres de catholicité des Hurons et des Français), sans parler des notes sur les ouvrages de piété ou de dévotion, des itinéraires de voyages et de la correspondance. La partie la plus originale demeure toutefois le lexique des « façons de parler » en Nouvelle-France, un répertoire terminologique de première importance.

C’est là qu’en 1758 il écrira Façons de parler proverbiales, triviales, figurées, ... des Canadiens au XVIIIe siècle. Cette œuvre constitue le premier et seul lexique du français parlé en Nouvelle-France. Son recueil « Façon de parler et termes français 1731-1758 » compte environ 1500 mots et expressions populaires relevés dans la conversation de l’entourage immédiat du père Potier. Ses « livres de compte de la mission huronne de Détroit et de la paroisse Notre-Dame-de-l’Assomption de la Pointe-de-Montréal (Windsor) 1733-1791 » contiennent également de nombreux termes techniques relatifs à la culture matérielle.

Né à Blandain (Belgique) le 21 avril 1708, il meurt à Sandwich (Windsor) le 16 juillet 1781.

Citations :

    Voir Peter W. Halford, Le Français des Canadiens à la veille de la conquête. Témoignage du père Pierre Philippe Potier, s.j., Ottawa, PUO, 1994.

Œuvres principales de P. Potier:

    Voir les ouvrages de Peter W. Halford, ibid., et de Robert Toupin, Les écrits de Pierre Potier, Ottawa, PUO, 1996.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Almazan, Vincent, Français et Canadiens dans la région du Détroit aux XVIIe et XVIIIe siècles, Collection Documents historiques no 69, Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, 1979.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 290.

Halford, Peter W., Le français des Canadiens à la veille de la conquête. Témoignage du père Pierre-Philippe Potier, s.j., Préface de André Lapierre, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, Collection Amérique française, 1994.

Hamel, Réginald, John Hare et Paul Wyzcynski, Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Montréal, Fides, 1989, pp. 1110-1111.

Toupin, Robert, Les écrits de Pierre Potier, Collection Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1996.

Toupin, Robert, « Pierre-Philippe Potier », dans Dictionnaire biographique du Canada, tome 4, 1980, pp. 692-693.

Antoine Laumet, sieur de Cadillac (1658-1730)

Illustration tirée du site www.car-nection.com/yann/Dbas_txt/Facta-c.htm
Document : © Postal Commemorative Society.

Qu'il soit affublé des épithètes de « héros » ou de « fieffé coquin » (c'est-à-dire malhonnête et sans scrupule), les titres de ce grand personnage de la Nouvelle-France sont nombreux : seigneur en Acadie, capitaine dans les troupes de la marine, enseigne de vaisseau, commandant de Michillimakinac, fondateur de Détroit, gouverneur de la Louisiane. Pour d'autres, historiens inclus, il s'agirait aussi d'un personnage « rusé parvenu », aventurier, contrebandier, insubordonné, arrogant et irresponsable. Reconnu comme le fondateur d'une des grandes villes américaines, soit la capitale du Michigan, son nom fut retenu par la compagnie General Motors qui nomma une grande marque de voitures en son nom.

Vers 1683, il s'installe à Port-Royal (auj. Annapolis Royal, N.-É.), où il reçoit en concession une seigneurie sur la rivière Douaguek (rivière Union, Maine). En 1684, il participe à l'expédition de M. de la Barre contre les Iroquois. En 1691, il s'établit à Québec avec sa famille et s'attire la faveur du gouverneur Frontenac qui le nomme lieutenant dans les troupes de la marine. En 1693, il est nommé capitaine puis, l'année suivante, on lui offre le commandement du fort Michillimakinac, alors le poste de traite le plus important de la colonie, situé à la jonction des lacs Huron et Michigan. Cadillac avait reçu comme mission de s'assurer que les tribus de l'Ouest restent les alliés de la France et que celles-ci fassent la guerre aux Cinq-Nations (Iroquois). Bien qu'il ne réussisse pas très bien dans ces tâches, Cadillac se révèle fort adroit dans le commerce des fourrures. Il amasse une petite fortune en l'espace de quelques années.

En 1697, après l'abandon du fort sur ordre du Roi, Cadillac est de retour à Québec, passe en France l'année suivante, et soumet un projet de colonisation dans l'Ouest, soit à Détroit. En 1701, malgré l'opposition de quelques administrateurs et marchands de la colonie, Cadillac rejoint Détroit avec une centaine d'hommes. C'est là qu'il fait construire le fort Pontchartrain.

En 1710, Cadillac est nommé gouverneur de la Louisiane, alors une des plus pauvres colonies de l'empire français. Attiré par le commerce Cadillac découvre une mine de cuivre en 1716, en Illinois, et établit des échanges commerciaux ceux-ci infructueux avec le Mexique.

En 1717, Cadillac retourne avec sa famille en France où il passe les dernières années de sa vie.

Né à Saint-Nicolas-de-la-Grave, en Gascogne (Tarn et Garonne), il est l'époux de Marie-Thérèse Guyon et le père de treize enfants, dont la plupart décéderont en bas âge. Il meurt à Castelsarrasin, près de Montauban (France), le 15 octobre 1730.

Citations :

   « un héros sublime qui ennoblit les premiers chapitres de l'histoire de l'Amérique du Nord »
              (Agnes C.Laut, Cadillac, knight errant of the wilderness, founder of Detroit, governor of Louisiana..., Indianapolis, Bobbs-Merrill, 1931).

   « l'un des plus fieffés coquins qui aient jamais foulé le sol de la Nouvelle-France »
              (W.J. Eccles, traduit par Françoise de Tilly, Frontenac, Montréal, HMH, 1962).
    

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Boutonnet, Jean, Lamothe-Cadillac le gascon qui fonda Détroit  : 1658-1730, [ville : ?], Guenegaud, 2001.

Burton, C.M., Cadillac’s village, Detroit, 1896; A sketch of the life of Antoine de la Mothe Cadillac, the founder of Detroit, Detroit, 1895.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 68.

Hivert-Carthew, Annick, Antoine de Lamothe Cadillac, le fondateur de Détroit, Collection Les grandes figures, Montréal, xyz éditeur, 1996.

Zoltvany, Yves F., « Antoine Laumet, sieur de Lamothe Cadillac », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. II, pp. 366-372.

Jean Cadieux (1671-1709)

Personnage semi-légendaire relié à l'histoire de l'Outaouais, voyageur, poète et guerrier, Cadieux est connu pour avoir écrit sur un morceau d'écorce son "chant de mort". C'est sur cette écorce de bouleau qu'il écrit une chanson appellée Complainte de Cadieux relatant les circonstances de sa mort. Sa complainte deviendra célèbre parmi les voyageurs.

Cadieux, voyageur interprète marié à une Algonquine, faisait la chasse et la traite avec les Amérindiens pour le compte des marchands. Vers 1709, au temps des dernières expéditions des Iroquois, Cadieux, parti en canot du Témiscamingue, s'arrêta à la pointe sud de l'île du Grand Calumet au portage des Sept-Chutes. Les membres de l'expédition ne tardèrent pas à s'apercevoir qu'ils étaient surveillés par des Iroquois qui se trouvaient à environ une lieue en bas du portage des Sept-Chutes. Pour échapper aux Iroquois, il fallait sauter les rapides, chose invraisemblable, et pendant ce temps, créer une diversion. Cadieux, s'adjoignit donc un jeune Algonquin auquel il avait entièrement confiance. Les canots s'engagèrent donc dans les terribles courants. Hommes et femmes, au bout de chaque canot, cherchaient à régulariser leurs mouvements et à éviter les rochers. On s'était recommandé à Sainte-Anne et on priait. « La seule chose que j'ai vue, de dire la femme de Cadieux, c'est une grande dame blanche qui est apparue devant nos canots et qui nous a montré la route ». Les canots furent sauvés et en peu de jours ils se retrouvèrent au lac des Deux-Montagnes.

Qu'advenait-il de Cadieux et son Amérindien pendant ce temps? Ils durent déjouer les Iroquois avec ruse et hardiesse afin de leur échapper. Malheureusement le jeune Algonquin y laissa sa vie.

Les Iroquois battirent la forêt pendant trois jours afin de retrouver les traces des familles, ne pouvant s'imaginer qu'elles avaient pu entreprendre de descendre les rapides. Cadieux passa alors trois jours et trois nuits sans sommeil et sans repos.

Une dizaine de jours s'étaient écoulés depuis le départ des voyageurs et Cadieux ne les avait pas encore rejoints. Trois d'entre eux remontèrent donc l'Outaouais. Arrivés au portage des Sept-Chutes, ils trouvèrent un petit abri qui semblait abandonné et décidèrent de pousser leurs recherches plus loin. Sur le chemin du retour, ils aperçurent une croix de bois au bord d'un sentier. Cette croix fut plantée à la tête d'une fosse dans laquelle gisait le corps de Cadieux à demi recouvert de branches vertes. Sur la poitrine de ce dernier reposait un large feuillet d'écorce de bouleau couvert d'écriture.

Cette écorce devait révéler le mystère de sa mort et en expliquer les circonstances. Épuisé, inquiet et souffrant, Cadieux affaiblissait de jour en jour. Il avait vu et reconnus ses sauveteurs, mais était resté figé de surprise et d'émotion. Lorsqu'il les a vus s'éloigner, il perdit tout espoir et se prépara pour sa mort qu'il sentait proche.

Les coureurs de bois ont toujours entretenu une croix de bois sur l'île du Grand Calumet à la mémoire de Cadieux. Au début du siècle, la croix a été remplacée par un monument de pierre qui existe toujours.

Jean Cadieux, fils de Jean et de Marie Valade, est né à Montréal le 12 mars 1671 et épouse Marie Bourdon le 30 mai 1695 à Boucherville. Il laisse une postérité et est l'ancêtre de presque toutes les familles Cadieux du comté de Prescott (Ontario).

  • (Larges extraits tirés d'un article de Gabrielle Parisien-Bertrand, « La légende de Cadieux », paru dans Le Chaînon, bulletin de la Société franco-ontarienne d'histoire et de généalogie, no 10, vol. 2, automne 1992, pp. 8-9).


NOTA:         Il y a de nombreuses versions de la Complainte de Cadieux. Voir Jean-Pierre Pichette, Répertoire ethnologique de l'Ontario français, Ottawa, PUO, 1992.

Orientation bibliographique et repères archivistiques  :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 68.

Green, Mary M., Cadieux, Toronto, Holt, Rinehart and Winston, 1971.

Grisé, Yolande, Des mots pour se connaître. Anthologie de textes littéraires franco-ontariens, Montréal, Éditions Fides, 1982. [Sur Cadieux, pp. 65-67].

Ouimet, Raymond, « La légende de Cadieux », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 6 avril 1998, p. 6.

Parisien-Bertrand, Gabrielle, « La légende de Cadieux », dans Le Chaînon, Ottawa, Société franco-ontarienne d’histoire et de généalogie, vol. 10, no 2, automne 1992, pp. 8-9.

Pichette, Jean-Pierre, Le répertoire ethnologique de l’Ontario français : Guide bibliographique et inventaire archivistique du folklore franco-ontarien, Préface de René Dionne, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, Collection Histoire littéraire du Québec et du Canada français, 1992.

Robert Potvin, « Cadieux : l’épopée d’un coureur de bois », dans Asticou, Hull, Société historique de l’Ouest du Québec, no 13, automne 1974, pp. 10-14.

Scott, Marc, Contes et récits de l’Outaouais, Buckingham/Plantagenet, Les Éditions du Chardon Bleu, 1996, pp. 65-72.

Taché, Joseph-Charles, Forestiers et voyageurs, Préface de Luc Lacourcière, Montréal, Éditions Fides, Collection du Nénuphar, 1975. [Sur Cadieux, pp. 134-142].

René-Robert Cavelier de La Salle (1643-1687)

La Salle est sans contredit l'un des plus importants explorateurs du continent nord-américain du XVIIe siècle. Il fut fondateur de Lachine, seigneur de Cataracoui (aujourd'hui Kingston), découvreur des bouches du Mississipi.

Ayant un oncle dans la Compagnie des Cent-Associés et un frère sulpicien à Montréal, il se tourne donc vers l'Amérique. Arrivé dans la colonie française en 1667, il se voit concéder une seigneurie dans l'île de Montréal mais au bout de deux ans, il s'en départit pour financer un premier voyage d'exploration. En 1669, il se met en route par canot vers les Grands Lacs dans le but de se rendre dans le pays de l'Ohio où il croit pouvoir découvrir la route de la Chine. On ne connaît pas exactement les endroits explorés par La Salle entre 1669 et 1672 mais il fait partie de l'expédition de Frontenac de 1673 au lac Ontario et dirige la construction du fort Cataracoui (connu aussi sous le nom de fort Frontenac) dont il obtient le commandement en 1675.

En 1678, La Salle, obtenant la permission du roi de France « de découvrir la partie ouest de l'Amérique du Nord comprise entre la Nouvelle-France, la Floride et le Mexique », reprend ses explorations. Il fait constuire un bateau, Le Griffon, qui lui permettra de naviguer de la rivière Niagara jusqu'aux lacs Huron et Michigan et Michillimakinac. En 1680, il fait le voyage jusqu'au Sault Sainte-Marie, en explorant la région des Grands Lacs et celle des Illinois.

Il entreprend un voyage jusqu'aux bouches du Mississipi, de la rivière Arkansas en 1681. La Salle prit possession d'un territoire en 1682 et lui donne le nom de Louisiane. La Salle, qui obtient l'appui matériel du roi de France, prépare un projet d'établissement de la Louisiane en 1683. Il quitte la France en passant par Saint-Domingue, puis Cuba, en direction du Mississipi, mais il dépasse l'embouchure du fleuve et passe deux années au Texas. En 1685, accompagné de 180 hommes et femmes il tente d'établir une colonie. La Salle fonde un établissement dans la région du golfe du Mexique mais au bout de deux ans, c'est l'échec. Son expédition prend fin lorsque, tragiquement, La Salle se fait assassiner par un de ses hommes.

La découverte du Mississipi lui revient. Explorateur faisant preuve d'une force, d'une ténacité et d'un courage presque surhumains, La Salle demeure un des personnages les plus controversés de la Nouvelle-France.

Orientation bibliographique et repères archivistiques  :

Cazaux, Yves, Le rêve américain : de Champlain à Cavelier de La Salle, Paris, Albin Michel, 1988.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 207.

Dupré, Céline, « René-Robert Cavelier de La Salle », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol., I, pp. 178-190.

Leprohon, Pierre, Cavelier de La Salle, fondateur de la Louisiane, Paris, André Bonne, Collection Grand documentaire illustré, 1984.

Leprohon, Pierre, Le destin tragique de Cavelier de La Salle, Paris, Nouvelles Éditions Debresse, 1969.

Muhlstein, Anka, Cavelier de La Salle, ou, L’homme qui offrit l’Amérique à Louis XIV, Paris, 1993. (Traduit en anglais par Willard Wood, La Salle : explorer of the North American frontier, New York, Arcade Publishing, 1994).

Osler, E[dmund] B[oyd], La Salle, Don Mills, Longmans Canada, 1967.

Viau, Roger, Cavelier de La Salle, Tours, Mame, Série Figures canadiennes, 1, 1960.

Étienne Brûlé (1592-1633)

Illustration tirée du livre The Picture Gallery of Canadian History, Vol. 1, C.W. Jefferys, assisté par T. W. McLean, The Ryerson Press, Toronto, 1970.

Doué d'un grand esprit d'indépendance, d'initiative et d'un incontestable courage, Étienne Brûlé est une personnalité remarquable et très colorée qui, dès l'âge de 18 ans, va vivre chez les Indiens. Ce sont dans les œuvres de Champlain, Sagard, Brébeuf que l'on retrouve des parcelles de la vie de cet aventurier français, qui devait probablement être le premier Blanc à avoir pénétré en Huronie, en Pennsylvanie et à avoir vu les lacs Huron, Ontario, Érié et Supérieur.

En 1618, Brûlé vit depuis déjà huit ans parmi les Indiens. Il avait vraisemblablement obtenu de Samuel de Champlain la permission de vivre avec eux et d'apprendre leur langue. S'étant intégré rapidement, ayant appris leur langue, il fut accepté comme l'un des leurs. Brûlé, en sa qualité d'interprète, servait d'agent de liaison entre les colonisateurs français et les indigènes.

Cependant, les missionnaires reprochaient à Brûlé de s'être adonné à une vie de débauche lorsqu'il vivait parmi les Indiens. Il a aussi fait du commerce avec les marchands plutôt que de s'occuper de colonisation, reproche que lui faisait Champlain. Encore plus grave, lorsque Québec fut occupé par les Anglais en 1629, Brûlé et trois de ses compagnons abandonnent Champlain et se mettent au service des frères Kirke. Cet épisode constitue la page la plus sombre de l'histoire de Brûlé. Lorsque Champlain revient en Nouvelle-France, reprendre possession de Québec en 1633, Brûlé n'est plus. Pour des raisons que l'on ignore, il fut assassiné et mangé par les Hurons, cette nation avec laquelle il passa vingt ans de sa vie.

Orientation bibliographique et repères archivistiques  :

Beaudet, Jean-François, Étienne Brûlé, Série Célébrités canadiennes, Montréal, Lidec, 1993.

Bourrie, Mark, « Controversial explorer once reviled as heathen wins memorial marker », in The Globe and Mail, September 5, 1988, p. A11.

Champlain, Samuel de, Œuvres de Champlain, Montréal, Éditions Élysée, 1981.

Cranston, J. Herbert, Etienne Brûlé : Immortal Scoundrel, Toronto, The Ryerson Press, 1949.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 64.

Jurgens, Olga, « Étienne Brûlé », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. I,
pp. 134-137.

Michaud, Michel, Le roman d’Étienne Brûlé, Montréal, Libre Expression, 1998.

Robinson, Percy J., Toronto during the French Régime : a history of the Toronto Region from Brûlé to Simcoe, 1615 -1793, Toronto, University of Toronto Press, 1965.

Sulte, Benjamin, « Étienne Brûlé », dans Mémoires de la Société royale du Canada, Section 1, 1907. [Ottawa], Société royale du Canada, 1907, pp. 97-126.

Joseph Le Caron (1586-1632)

Le père Joseph Le Caron agit en précurseur lorsqu'il s'amène en Nouvelle-France. À peine un mois après son arrivée, il fonde la première mission en Huronie. En présence de Champlain et des Français qui l'accompagnaient, il célèbre la première messe en terre « ontarienne » le 12 août 1615. Il passe plus d'une douzaine d'années dans la nouvelle colonie et laissera à la postérité ses premiers écrits, dites relations, qui constituent une étude approfondie des Amérindiens, de leurs mœurs et des obstacles à leur conversion.

Le nom de la désormais célèbre école française de Penetanguishene, ouverte en 1981, rappelle le souvenir de ce missionnaire de la toute première heure.

Entré chez les prêtres récollets où il fait sa profession religieuse en 1611, Joseph Le Caron ainsi que trois autres pères se dirigent vers la Nouvelle-France, en 1615, en compagnie de Samuel de Champlain. À l'été de 1615, il s'établit à Carhagouha, chez les Attignaouantans (nation de l'Ours) « pour apprendre leur langue et annoncer le nom de Dieu».

Nommé commissaire provincial de sa communauté à Québec, le père Le Caron resta chez les Montagnais de Tadoussac en 1618-1619 et assumait les doubles fonctions de missionnaire et de maître d'école. Les Récollets ouvre un séminaire à Québec en 1620. En 1623-1624, le père Le Caron retourne au village de Carhagouha, en Huronie, puis est à nouveau chez les Montagnais.

Les activités du père Le Caron en Nouvelle-France se terminent en septembre 1629 puisqu'il doit quitter Québec pour la France avec ses confrères lorsque la ville passa aux mains des Anglais. Il ne devait jamais y retourner.


Citations :
Voir René Dionne, Anthologie de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours, tome 1, Prise de parole, 1997, pp. 33-38.

Orientation bibliographique et repères archivistiques  :

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 213.

Dionne, René, Anthologie de la littérature franco-ontarienne des origines à nos jours, tome 1 : les origines françaises (1610-1760), les origines franco-ontariennes (1760-1865), Sudbury, Prise de parole, Collection Histoire de la littérature franco-ontarienne, 1997, pp. 33-38.

Gingras, Frédéric, « Joseph Le Caron », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. I,
pp. 448-449.

Jouve, Odoric-Marie, Les Franciscains et le Canada. Établissement de la foi, 1615-1629,
vol. 1, Québec, Couvent des Sœurs Stigmates, 1915, chap. VII, pp. 69-86; pp. 353-362.

Marchildon, Daniel, La Huronie, Ottawa, Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques, Collection PRO-F-ONT, 1984.

Sylvestre, Paul-François, Les communautés religieuses en Ontario français. Sur les traces de Joseph Le Caron, Montréal, les Éditions Bellarmin, 1984, pp. 12-13.

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