Silhouettes franco-ontariennes

Almanda Marchand (1868-1949)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises (C53), Ph52-40

En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, Almanda Marchand regroupe des Canadiennes-Françaises pour recueillir des fonds afin d'équiper un navire-hôpital à l'intention des soldats blessés. De ce groupe naît la Fédération des femmes canadiennes-françaises (FFCF). Regroupées en section, les membres confectionnent des vêtements, des pansements et des tricots pour la Croix-Rouge. Lorsque la Seconde Guerre mondiale est déclarée en 1939, la FFCF prête de nouveau son concours aux œuvres de guerre et achète une ambulance militaire qui servira à l'armée canadienne en Angleterre. Son œuvre se poursuit encore de nos jours dans les milieux francophones à l'extérieur du Québec et la Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises (FNFCF) a toujours son siège national à Ottawa. Une bourse, octroyée par la FNFCF depuis 1991 à une femme francophone qui fait un retour aux études et qui vit en milieu minoritaire, porte son nom.

Originaire de la ville de Québec, fille d’un père anglophone et d’une mère canadienne-française, Almanda Walker-Marchand est éduquée chez les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame au couvent Saint-Roch de Québec et au Couvent Marguerite-Bourgeoys à Montréal. Sa famille arrive à Ottawa en 1890 lorsque son père décroche un emploi au Service civil.

En plus d'entretenir des liens avec des groupes féminins du Canada anglais et du Québec, Almanda Walker-Marchand se sert de ses nombreux contacts avec les membres de la société dirigeante pour faire avancer les œuvres philanthropiques, religieuses et sociales de son organisme. On la considère, à juste titre, comme l'âme dirigeante de la FFCF, car elle cherche sans cesse à venir en aide aux personnes sinistrées, démunies ou sans travail. Cette mère de huit enfants, présidente générale de la Fédération des femmes canadiennes-françaises pendant 32 ans, prend sa retraite en 1946. Pendant son mandat, une vingtaine de sections de la fédération sont fondées en Ontario, au Québec et dans l'Ouest canadien, et le regroupement compte plusieurs milliers de membres.

Almanda Marchand collabore avec une multitude d'organismes, épouse la cause des Franco-Ontariens en revendiquant des services en français et recueille des dons pour acheter du charbon qui servira à chauffer les écoles bilingues qui s'opposent au Règlement XVII.

En reconnaissance de son travail, Almanda Marchand reçoit la médaille de Belgique pour son dévouement pendant la Première grande guerre puis un diplôme de reconnaissance de ses services par l'Association canadienne des vétérans. Elle reçoit la décoration papale « Pro Ecclésia et Pontifice » en 1930 et est nommée membre de l'Ordre de l'Empire britannique en 1943. Membre active du Parti libéral du Canada, elle tente à plus d'une reprise, mais sans succès, de devenir sénatrice.

Marié à Paul-Eugène Marchand, elle est la mère de huit enfants.

Née à Québec le 16 novembre 1868, elle meurt à Ottawa le 4 janvier 1969 à l'âge de 80 ans.
 

Citations : Voir la biographie de Lucie Brunet.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Brunet, Lucie, Almanda Walker-Marchand (1868-1949) : une féministe franco-ontarienne de la première heure, Ottawa, Les Éditions L'Interligne, 1992.

Desjardins, Micheline, Les femmes de la diaspora canadienne-française. Brève histoire de la FNFCF de 1914 à 1991, Ottawa, FNFCF, 1991.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 382.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

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