Silhouettes franco-ontariennes

Florence Castonguay (1897-1992)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Albert-Boucher (P180), Ph109-5

Née à Ottawa le 23 octobre 1897, Florence Castonguay a marqué l'histoire du théâtre franco-ontarien en tant que comédienne célèbre et metteure en scène de la Corporation Le Caveau.

Bien qu'elle ait d'abord poursuivi une formation d'infirmière, c'est au Bureau de poste que Florence Castonguay travaillera pendant la majeure partie de sa vie, en qualité de sténo-dactylo. Tout en occupant cet emploi, elle se voue corps et âme au théâtre. Faisant ses premières armes à Hull au cours des années vingt, puis avec les Artistes chrétiens de la paroisse Saint-Jean-Baptiste d'Ottawa, elle joue alors des rôles de jeune fille. Cependant, la création de la Corporation des diseurs de l'Association des artistes-confrères du Caveau au début des années trente constitue « la plus grande aventure de sa vie ». Pendant de nombreuses années, elle est la présidente de cette alliance de mouvements artistiques et littéraires à Ottawa, fondée par les pères dominicains de la paroisse Saint-Jean-Baptiste.

Elle tient son premier rôle important en 1929 - celui d'une des quatre sœurs de Sainte-Thérèse de Lisieux et dans les années trente celui de Desdémone dans Othello, de Shakespeare.

En 1935, Laurette Larocque-Auger, connue plus tard sous le nom de Jean Despréz, professeur en art dramatique à l'École de musique et de déclamation de l'Université d'Ottawa, monte L'innocente de Henri-René Lenormand et confie à « sa meilleure élève » le rôle principal. Au Festival national d'art dramatique (connu également sous le nom de The Dominion Drama Festival) cette pièce remporte le trophée Bessborough décerné par le gouverneur général. Florence Castonguay reçoit le prix de la meilleure comédienne en français.

À compter de 1937, elle joue principalement avec le Caveau. La même année, au Festival national d'art dramatique, elle remporte deux prix pour la pièce Françoise de Sacha Guitry, celui de la meilleure comédienne et de la meilleure mise en scène en français. Elle reçoit les mêmes prix pour Martine de Jean-Jacques Bernard.

Même si le Festival national d'art dramatique suspend ses activités de 1939 à 1947 à cause de la Seconde Guerre mondiale, la comédienne n'arrête pas pour autant de monter des pièces et de se produire sur scène. À la réouverture du festival, Florence Castonguay se produit dans son dernier rôle, le plus grand de sa carrière théâtrale. À l'âge de 50 ans, elle joue avec brio une jeune fille de 18 ans dans Maria Chapdeleine. C'est un triomphe, couronné de trois prix : meilleure comédienne en français, meilleure mise en scène et meilleure pièce canadienne-française.

Par la suite, cette artiste se consacre exclusivement à la mise en scène. Se dissociant du Caveau en raison de divergences internes, elle fonde en 1948 La Comédie nouvelle. Trois ans plus tard, elle dissout La Comédie nouvelle et démissionne de son emploi au Bureau de poste pour enseigner la diction aux élèves des couvents d'Ottawa pendant deux décennies, mettant en scène les meilleures élèves dans des pièces de fin d'année. À l'Université d'Ottawa, elle reprend le cours d'art dramatique de Jean Despréz et met en scène deux pièces pour la Société dramatique de l'Université d'Ottawa. Considérée comme une véritable coqueluche du théâtre, Florence Castonguay a été honorée à maintes reprises. Elle a inspiré bon nombre de comédiennes et de comédiens qui l'ont connue. Invitée à jouer à Londres et à Paris, elle a choisi de faire carrière en Ontario français, même en l'absence de troupes de théâtre professionnel.

Florence Castonguay est née à Ottawa le 23 octobre 1897 du mariage de Charles Castonguay et de Bridget Anne Morin. Elle meurt à Ottawa le 11 novembre 1992 à l'âge de 95 ans.

Citations :

Voir André Fortier, qui a rédigé et réalisé un court métrage sur la vie de F. Castonguay. Fonds André-Forthier, CRCCF, Université d’Ottawa.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d'intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Journal Le Droit, Ottawa, 11 décembre 1992, p. 34.

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