Silhouettes franco-ontariennes

Jeannine Séguin (1928-1999)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Les Éditions L'Interligne (C86), Ph167-22

Institutrice dévouée, animatrice innée, organisatrice chevronnée, Jeannine Séguin fut tour à tour présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) et de la Fédération des francophones hors Québec (FFHQ).

Née à Alexandria, Jeannine Séguin s’est distinguée par son dévouement à la cause des francophones au sein d’associations professionnelles et communautaires d’envergure locale, provinciale et nationale. Diplômée de l’École normale de l’Université d’Ottawa, elle enseigne à Bonfield, à Alexandria et à Lancaster. Elle obtient en 1959 un baccalauréat ès arts de l’Université d’Ottawa. À partir de 1960, on la retrouve dans les écoles secondaires Saint-Laurent et Général-Vanier de Cornwall. En 1969, elle devient titulaire d’une maîtrise en éducation et obtient six ans plus tard un brevet de surintendante. Elle a depuis terminé sa scolarité de doctorat.

De 1973 à 1980, Jeannine Séguin est directrice de l’école secondaire Saint-Laurent, une école bilingue qui devient, sous son égide et à la suite d’une lutte acharnée, l’école secondaire La Citadelle, une école de langue française. À partir de 1982, elle agit comme consultante en éducation de langue française.

Ses activités bénévoles sont innombrables. De secrétaire et présidente de diverses unités pédagogiques au sein de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, elle en devient la présidente régionale puis la présidente provinciale en 1973-1974. Membre du Bureau des gouverneurs de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, elle siège pendant sept ans au Conseil supérieur des écoles de langue française et préside l’Association du développement du curriculum de l’Ontario.

Élue à la présidence de l’Association canadienne-française de l’Ontario en 1978, elle est une partisane dévouée de la cause culturelle, éducative et politique des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens. À titre de présidente de la Fédération des francophones hors Québec de 1980 à 1983, elle défend avec conviction les droits des communautés francophones.

Sur le plan régional, Jeannine Séguin s’associe à la fondation de la Caisse populaire d’Alexandria et de la paroisse Sainte-Marie de Green Valley. De 1982 à 1991, elle siège comme conseillère scolaire au Conseil des écoles séparées catholiques des comtés de Stormont, Dundas et Glengary. Présidente-fondatrice de la Clinique juridique populaire, elle est également l’âme dirigeante de Proaction, un regroupement visant à élargir, rassembler et promouvoir des institutions à l’intention des francophones de ces trois comtés.

En 1962, elle reçoit de Sa Sainteté Jean XXIII la décoration « bene merenti » en reconnaissance de sa participation aux organismes éducatifs et religieux de son diocèse. Son engagement, son expertise et sa compétence ont maintes fois servi les Franco-Ontariens, notamment lors des crises scolaires de Cornwall et de Penetanguishene.

En 1989, elle se joint à deux autres personnes de sa région (Cornwall, Crysler et Maxville) pour entamer une poursuite judiciaire contre le gouvernement de l’Ontario, afin d’obtenir la gestion des écoles et un financement équitable en matière d’éducation pour les francophones (Séguin-Bourgeois-Landry).

Elle meurt à Cornwall à l'âge de 71 ans, le 23 novembre 1999.

Citations :

« (...) Devant les menaces de divisions qui pèsent aujourd’hui sur la société et même sur les organismes volontaires - on pourrait ajouter sur les provinces - la communauté franco-ontarienne se doit pour réussir, d’apporter un témoignage de collaboration et d’unité. L’idée n’est pas nouvelle, elle date du créateur et elle a été savamment exprimée par Saint-Exupéry quand il invite les hommes à considérer les choses qui les unissent plutôt que celles qui les divisent. »
        (J. Séguin, témoignage de fin de mandat au congrès de l’ACFO,
        26 septembre 1980, tiré de Paul-François Sylvestre, Le Discours franco-ontarien, Ottawa, Éditions L’Interligne, 1985).

« (...) Malgré nos divergences quant aux moyens d’action, nous devons tous nous rappeler que nous devons agir en fonction du bien commun de la population franco-ontarienne. Nous devons profiter de nos assemblées pour refaire notre unité et raffermir notre conviction. Travaillons ensemble et nous aurons droit au respect de nos interlocuteurs et à la reconnaissance de nos compatriotes. »
        (Ibid.).

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Comtois, Martin, « Financement des écoles francophones : Poursuite maintenue contre le ministère de l’Éducation », dans LeDroit, Ottawa-Hull, 8 avril 1998.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 340.

Femmes de vision : fiches biographiques et stratégies d’intervention pédagogique, Lucie Brunet et al., [Ottawa], Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, novembre 1991, n.p.

Fonds Jeannine-Séguin, P289, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa. (Guide des archives du CRCCF, pp. 200-201).

Le Discours franco-ontarien : textes choisis et réunis par Paul-François Sylvestre à l’occasion du 75e anniversaire de l’ACFO, Ottawa, Les Éditions L’Interligne, 1985,
pp. 103-107.

« Merci à Jeannine Séguin », (signé Yves Breton), dans Le Droit, Ottawa, 12 décembre 1988, p. 11.

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