Silhouettes franco-ontariennes

Napoléon-Antoine Belcourt (1860-1932)

Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Association canadienne-française de l'Ontario (C2), Ph2-29

Né à Toronto d’un père canadien-français et d’une mère canadienne-anglaise, Napoléon-Antoine Belcourt fait ses études primaires et secondaires au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières et ses études de droit à l'Université Laval de Montréal. Titulaire d'une maîtrise en droit, summa cum laude, il est admis au Barreau du Québec en 1882 et à celui de l'Ontario en 1884. Il s'établit à Ottawa en 1894 où il est greffier du district judiciaire et avocat de la Couronne pour le comté de Carleton jusqu’en 1896.

Cette année-là, il se porte candidat à la Chambre des communes et est élu député libéral. Réélu aux élections de 1900 et de 1904, il est président de la Chambre des communes de 1904 à 1907. Entre temps, Napoléon-Antoine Belcourt est appelé au Conseil privé en 1905 et est nommé au Sénat en 1907, poste qu'il occupe pendant 24 ans. Tout en occupant ces fonctions publiques, il fonde et dirige un important cabinet d'avocats, Belcourt et Ritchie, à Ottawa.

Toujours sénateur, Belcourt se fait élire président de l'Association canadienne-française d'Éducation d'Ontario de 1910 à 1912, puis à nouveau de 1920 à 1930. Chef de file respecté des Franco-Ontariens, il défend la cause des Canadiens-Français d'Ontario contre l'inique Règlement XVII devant la Cour suprême de l’Ontario et en 1916 au Conseil privé à Londres, alors le plus haut tribunal du pays. Orateur, il fait publier une demi-douzaine de conférences sur les droits des Franco-Ontariens et sur le bilinguisme au Canada. Il contribue de sa plume à des journaux et revues en matières légales, sociales et éducatives et deviendra lui-même propriétaire et éditeur du journal Le Temps d'Ottawa dans les années 1910. Napoléon-Antoine Belcourt travaille aussi à l'organisation de la Unity League, une association regroupant des Canadiens de langue anglaise et de langue française afin de faire comprendre aux Canadiens-Anglais le sens et la justesse des revendications franco-ontariennes en matière d'éducation.

Ses fonctions à titre de juriste, de parlementaire et d'homme d'État l'amènent à diriger de nombreux organismes et à participer à de nombreux regroupements.

[Facultatif :
En voici quelques-uns : président pendant 10 ans du Club libéral d'Ottawa, président honoraire du Club Belcourt, vice-président du National Council of Education, vice-président de la Société de la Ligue des Nations au Canada, membre de l'Institut belge de droit comparé, de la Society of Comparative Legislation, de l'American Society of International Law, président du groupe canadien (d'Ottawa) du Royal Institute of International Affairs, directeur de l'Alliance française et de France-Amérique. Délégué au sixième Congrès des Chambres de commerce de l'Empire en 1906 et un des délégués des Dominions autonomes à l'association de l'assemblée parlementaire de l'Empire à Londres; ministre plénipotentiaire pour le Canada à la Conférence Interalliés et plus tard à la Conférence internationale de Londres, président du groupe canadien de l'Union interparlementaire en même temps qu’il est membre du Colonial Institute (Londres) et de l'Union interalliés (Paris).]

Membre de plusieurs associations fraternelles et de bienfaisance, il est directeur de corporations industrielles et financières en plus de siéger à des organismes sociaux et culturels de la région d'Ottawa.

En récompense de ses nombreux services, Napoléon-Antoine Belcourt reçoit les décorations d’Officier de la Légion d'Honneur, chevalier commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand et chevalier commandeur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Il meurt à l'âge de 71 ans à son chalet de Blue Sea Lake (Québec) en 1932.
Au moment de sa mort, Le Droit d’Ottawa écrivait :

«Père de cette Association [l’ACFÉO] qui a tant accompli pour l’avancement et la défense de nos droits dans l’Ontario, l’honorable Belcourt est resté l’apôtre infatigable de l’irrédentisme français dans sa province » (8 août 1932).

Pour honorer sa mémoire, une ville en Abitibi porte son nom et une ancienne école secondaire d'Ottawa - l'école secondaire Belcourt, 1971-1983 - a porté son nom.

Citations :

Voir Paul-François Sylvestre, Le discours franco-ontarien, Ottawa, Éditions L’Interligne, pp. 23-30.

Orientation bibliographique et repères archivistiques :

Choquette, Robert, La foi gardienne de la langue en Ontario, 1900-1950, Montréal, Éditions Bellarmin, 1987, pp. 213-219.

Le Discours franco-ontarien : textes choisis et réunis par Paul-François Sylvestre à l'occasion du 75e anniversaire de l'ACFO, Ottawa, Les Éditions L'Interligne, 1985, pp. 23-30.

Dufresne, Charles et al., Dictionnaire de l’Amérique française, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1988, p. 45.

Fonds Napoléon-Antoine-Belcourt, P133, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa. (Guide des archives du CRCCF, p. 21).

Journal Le Droit, Ottawa, 8 août 1932, pp. 1-3, 5; 9 août 1932, pp. 1, 3, 4, 8;
10 août 1932, pp. 1-3.

Sylvestre, Paul-François, Nos parlementaires, Ottawa, Les Éditions L'Interligne, 1986, p. 81.

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