Comme on le disait dans l'temps

Être sauvé par la cloche

Avec le nombre de cloche et de sonneries auxquelles nous sommes exposées quotidiennement, cette expression semble bien anodine.

À l’école, lors d’une leçon de mathématiques ou autres matières moins populaires, les élèves sont sauvés par la cloche de la récréation. Ou encore, dans nos domiciles, les sonneries et alarmes nous sauvent des incendies, des cambrioleurs et nous rappelle même la fin du cycle de la sécheuse.

Pourtant, comme la plupart des expressions, son origine diffère considérablement de l’interprétation actuelle. Même si cette expression n’est pas née au Canada, elle a quand même traversée l’Atlantique jusqu’au nouveau monde et est toujours utilisée aussi fréquemment dans nos foyers.

Jadis, l’espérance de vie très courte et les épidémies qui rageaient avaient souvent pour effet de remplir les cimetières très rapidement.  Donc, il était commun d’enterrer les défunts dans la même fosse qu’une personne décédée seulement quelques mois auparavant.   

Plus d'une fois, il a été constaté que le "mort précédent" avait tenté de se libérer en grattant son cercueil de bois, et même quelquefois en allant jusqu’à gratter la pierre tombale surplombant sa fosse.

On réalisa donc que certaines personnes avaient été enterrées encore vivantes.  Le manque de ressources médicales adéquates ou, dans certains cas, l’urgence d’enterrer les morts en temps d’épidémie pour éviter la contamination expliquent ces « erreurs ».

Pour éviter pareille torture, on décida d'accrocher une corde au poignet du défunt (du moins, on l’espérait défunt) laquelle était attachée à une cloche à l’extérieur de la fosse.  

Un surveillant de nuit était assigné au cimetière afin de s’assurer que la cloche ne sonnerait pas.  Et si par malheur celle-ci sonnait, on s’empressait de déterrer le survivant.  

Nos cousins anglophones appellent depuis longtemps le quart de travail de nuit, le « graveyard shift ».  Ces deux expressions sont directement liées.
 

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