Histoire d'Embrun
À la recherche de nouvelles terres
Le développement dans la région d’Embrun a commencé à l’arrivée de colons du Québec, notamment de la région de Joliette et Beauharnois1 . Cette région du Québec souffrait d’un grand problème de surpopulation. Les terres, tout occupées, sont divisées parmi les membres de la famille, devenant ainsi de plus en plus petites. Leur terre devenue insuffisante, certaines familles quittent la région. Embrun offrait de nombreux avantages. Relativement près du Québec, son climat était également similaire à celui de Joliette et Beauharnois. On hésitait toutefois coloniser l’Ouest par peur d’exposer la population francophone à l’assimilation. Pour supporter une présence francophone au « pays des Anglais », un diocèse fut créé à Ottawa. Les premiers colons arrivèrent à Embrun par la rivière Castor en 1840. Ce n’est certes pas la première fois que des francophones sillonnent les rives de la rivière Castor, comme le témoigne son nom. Ils furent cependant les premiers à s’y établir de façon permanente. L’endroit se montra idéal pour l’agriculture et l’élevage. L’été y était également plus long que la moyenne canadienne. Le premier défi que firent face les colons d’Embrun fut cependant le transport.
Le problème du transport
Dépourvue d’une route fiable, la communauté se trouvait isolée des grands marchés avoisinants. Il est aujourd’hui très facile pour Embrun de faire du commerce avec la ville d’Ottawa. À l’époque, par contre, il n’existait aucun moyen de transport efficace pour effectuer ce voyage qui prenait plusieurs heures. La manière la plus efficace d’exporter les produits était par la rivière castor, par canots l’été ou en traîneau l’hiver. La conséquence de cet isolement est qu’Embrun a initialement eu beaucoup de difficulté à exporter ses produits. Le lait, par exemple, se gâterait au cours d’un tel voyage. En réponse, beaucoup de fromageries voient jour à Embrun. À la fin du XVIIIe siècle, la région connaît un grand essor démographique. L’économie s’y diversifie grandement et l’obtention d’une route sûre entre Ottawa et Embrun devient très important. Lorsqu’un chemin de fer fut créé entre Ottawa et New York, la communauté d’Embrun fit de grands efforts pour que le train passe par leur ville. Grâce à ce train, il devient beaucoup plus facile d’exporter des produits.
Une longue crise économique
La première moitié du XXe siècle fut excessivement difficile pour la communauté d’Embrun. La ville fait face à de multiples problèmes : « la grippe espagnole, la dépression économique, la crise agricole, les guerres et la mécanisation des fermes. »2 , ainsi que deux grands incendies3. La ville subit alors un sévère déclin économique et démographique. Aujourd’hui, par contre, Embrun connaît un nouvel élan. Depuis une trentaine d’années, la ville ses développés continuellement. Avec les nouvelles technologies de transport et la création de l’autoroute 417, Ottawa et les autres villes avoisinantes semblent bien moins loin qu’avant. Il est notamment possible maintenant d’habiter Embrun et travailler à l’extérieur de la ville.
Aujourd’hui, la ville d’Embrun est l’une des deux grandes communautés de la municipalité de Russel. La ville a connu un grand essor démographique et sa population demeure majoritairement francophone.
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1 PROULX, Jean-Pierre, Embrun au jour le jour, Embrun, Impression inc., p.7
2 Ibid., p.11
3 Ibid., p.12