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Rivière-des-Français

Généralités

Population (2001) : 2 810 habitants Superficie : 734,2 km² Gentilé : Aucun gentilé

Toponymie

Le toponyme rivière des Français est apparu sur les cartes de la région dès 1670 puisque c’est sous cette appellation que les premiers explorateurs et voyageurs français désignaient le cours d’eau. Toutefois, certaines cartes des 17e et 18e siècles font plutôt référence au nom rivière des François. Après la Conquête, dès 1763, l’appellation Frenchman’s River est apparue sur une carte britannique. À partir de 1837, le nom a changé pour French, cependant que le toponyme actuel, French River, date de 1857 et n’a subi aucune modification depuis. Les Ojibwés nomment la rivière Wemitigoj-Sibi, ce qui signifie rivière des Français.

Histoire

La rivière des Français s’écoule sur un sol de granite du Bouclier canadien vieux par endroits de plus de 2 milliards d’années. Cette rivière fut initialement formée avant la dernière glaciation. Toutefois, lorsque les glaces s’étendirent sur l’ensemble du Canada, elle fut recouverte pendant plusieurs millénaires par un glacier parfois épais de plus de 2 kilomètres. En raison du poids de la glace, le continent s’enfonça et l’écoulement des eaux s’arrêta. Il y a environ 13 000 ans, le glacier se mit à fondre et à retraiter vers le nord. Le continent remonta quelque peu et le drainage s’opéra vers l’est, rejoignant la vallée de la rivière des Outaouais. Puis, lorsque la glace fut suffisamment loin au nord, le sol remonta davantage et l’écoulement vers l’est fut bloqué. Dès lors, la rivière des Français se mit à couler vers l’ouest et à se déverser dans la baie Georgienne.

Évidemment, les autochtones ont été les premiers à sillonner la rivière des Français, véritable voie de communication. De remarquables peintures rupestres montrent que les Hurons, les Nipissings, les Ojibwés et les Algonquins l’utilisaient pour voyager et échanger de la nourriture.

Dès 1610, les Européens ont utilisé la rivière pour accéder aux divers territoires des tribus amérindiennes qui chassaient le castor. Jusqu’à 1850 environ, la rivière était la principale voie d’accès pour l’Ouest. Les voyageurs, les explorateurs, les missionnaires et les coureurs des bois, parfois accompagnés de guides amérindiens, y naviguaient sur des canots longs jusqu’à 12 mètres et construits avec de l’écorce de bouleau. Il leur arrivait de pagayer 20 heures par jour et de transporter trois tonnes de matériel ! À l’époque de la traite des fourrures, il était possible de compter quotidiennement plusieurs dizaines de canots sur la rivière. Des fouilles archéologiques aquatiques ont permis de trouver, notamment à proximité des rapides, maints objets datant de plusieurs siècles tels que des haches amérindiennes, des mousquets, des ciseaux à glace et des récipients de verre.

Étienne Brûlé a sans doute été le premier Européen à naviguer sur la rivière des Français. En 1610, Samuel de Champlain lui a permis d’aller vivre chez les Algonquins afin de s’initier à leur mode de vie. Il est alors possible que Brûlé ait utilisé la rivière pour parvenir au lieu d’hivernement qui demeure, à ce jour, inconnu des historiens.

Champlain
Cette rivière a certainement été l’une des plus difficiles parties du voyage de Champlain lorsque l’explorateur s’est rendu en Huronie en 1615. Outre les rapides, les portages et les chutes d’eau, les membres de son expédition ont pratiquement manqué de vivres. Champlain et ses compagnons devaient donc se limiter à un repas par jour et, parfois, ils devaient se contenter de framboises et de baies sauvages.

Entre 1654 et 1656, Radisson et des Groseilliers ont emprunté la rivière lors d’un voyage qui a contribué à rouvrir la route de la traite des fourrures, laquelle avait été fermée par les Iroquois.

Les Amérindiens
La région de la rivière des Français est peuplée par des Amérindiens depuis environ 10 000 ans. Lorsque les Européens sont débarqués au début du 17e siècle, les Algonquins, les Chippewas et les Ojibwés vivaient au nord-ouest de la rivière tandis que les Outaouais en occupaient les deux rives.

Aujourd’hui, la réserve des Dokis, couvrant 40 000 acres, est située sur l’île Okikendawt. Quelque 190 Dokis y habitent un village moderne. En 1908, après plusieurs refus, les Dokis ont permis aux compagnies forestières d’exploiter leur forêt, ce qui leur rapporta d’importantes sommes d’argent. Celles-ci servent, encore aujourd’hui, à subvenir aux besoins des familles du village. Très unie, la communauté désire dorénavant protéger sa langue (la langue ojibwée), sa culture et l’environnement.

Écologie

Par la topographie accidentée du Bouclier canadien, plus de 450 espèces végétales (dont huit très rares), représentent les deux régions forestières distinctes bordant la rivière, soit la forêt boréale et la forêt mixte de la vallée du Saint-Laurent et des Grands Lacs. L’embouchure de la rivière, qui donne sur la baie Georgienne, constitue un habitat de terres humides abritant probablement la plus grande population de woodwardia de Virginie de la province. Le massasauga, seul serpent venimeux en Ontario, se retrouve aussi dans cette région. Une des plus importantes populations de cerfs de Virginie vit dans les forêts rocheuses des rivages du sud en amont de la rivière.

Patrimoine naturel

Le parc provincial de la rivière des Français
Par son importance historique, la rivière des Français fait désormais partie du patrimoine canadien. Cette vaste étendue d’eau s’étend sur 100 km. Elle se caractérise aussi par des chutes, des rapides ainsi que par des gorges escarpées et étroites.

Le parc de la rivière des Français borde les deux rives de la rivière sur une superficie totale de 52 000 hectares. Le parc n’est toutefois pas exploité et ne compte aucun emplacement de camping ni aménagement. Néanmoins, le cours d’eau constitue un corridor récréatif très prisé pour la navigation en petite embarcation. Vous pourrez goûter aux joies du canotage, de la navigation de plaisance et de la pêche, tout cela dans un environnement naturel !

La rivière des Français
Collection : Tourisme Ontario (Détails). Crédit : 22698


Renseignements : (705) 857-3228 (été) et (705) 287-2900 (hiver) www.ontarioparks.com/french/fren.html

Hébergement

Sur les rives de la rivière se trouvent de nombreux chalets et gîtes pour touristes ainsi que des camps de pêche. Des emplacements de camping sont disponibles au parc provincial Grundy Lake. Afin de vous y rendre, dirigez-vous vers le sud en empruntant la route 69 qui traverse la municipalité de la Rivière-des-Français.

Renseignements : (705) 383-2286 www.ontarioparks.com/french/grun.html

Les croisières Rivière-des-François
Contrairement à certaines attractions touristiques commentées, les croisières Rivière-des-François se vivent dans une ambiance favorisant l’interaction entre le guide et les passagers. Laissez-vous entraîner par le pilote. Il vous fera voir des paysages remarquables et diversifiés. Écoutez-le vous raconter des anecdotes, des faits vécus et des légendes qui vous en apprendront beaucoup sur la rivière et son histoire. Des escales sont prévues sur les îles et les berges pour voir différents sites intéressants, tels que d’anciens portages empruntés par les voyageurs ou l’emplacement d’un village amérindien. D’autres arrêts sont aussi possibles afin de permettre aux passagers de pique-niquer près de l’eau ou encore pour se baigner.

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